envie de changer le monde

Intimidation scolaire: envie de changer le monde ?

L’intimidation scolaire fait de nombreuses victimes chaque année. Au premier jour de classe de la rentrée 2007, en Nouvelle-Écosse, un jeune de 14 ans se fait pousser dans les cases et bousculer par un groupe d’élèves deux ans plus vieux que lui. On le traite de fif, on essaye de lui toucher les parties génitales en tentant d’arracher son chandail. Son crime: il porte un chandail rose.

Ce soir-là, j’imagine que l’adolescent a pleuré de peur et d’humiliation. Comment sera le reste de l’année si l’intimidation scolaire s’installe dès la première journée? Il n’en parle à personne, à quoi bon? Il se dit que personne ne peut rien faire de toutes façons. S’il en parle aux profs, ce sera pire. S’il en parle à ses parents, ils ne pourront rien faire. Rouler en boule dans son lit, il se sent coincé, acculé, impuissant. On connaît tous cette histoire racontée des milliers de fois. Ne vous donne-t-elle pas envie de changer le monde?

Il dort peu cette nuit-là parce que les scénarios se sont enchaînés dans sa tête, tous plus effrayant les uns que les autres. Au matin, il n’a pas faim et part pour l’école sans déjeuner. La mort dans l’âme, il se prépare à vivre un autre incident.

Lendemain d’intimidation scolaire

Quand il passe la porte d’entrée des élèves en regardant à terre, il sent que quelque chose cloche dans l’atmosphère. Il lève les yeux et partout devant lui, des centaines d’élèves de tous les niveaux portent un chandail rose. Au milieu, deux étudiants plus vieux distribuent  des camisoles roses à tous ceux qui en veulent.

intimidation scolaire
David Shepherd et Travis Price, ce jour-là, en 2007.

Il s’agit de David Shepherd et Travis Price, 17 ans. Dans la cohue des couloirs la veille, ils ont assisté à la scène d’intimidation scolaire, avec le sentiment de ne rien pouvoir faire. Travis , qui est nouveau dans cette école, a quitté son ancienne école après avoir été lui-même intimidé pendant plusieurs années. Devant la scène, il est à la fois choqués et bouleversés. Il a bien envie de changer le monde injuste qu’il voit!

Sur la route qui les a ramenés à la maison ce jour-là, les deux ados ont envie de faire quelque chose… mais quoi? Quelle action se trouve à la portée de deux adolescent d’une petite ville? À force de discuter, ils finissent par avoir une idée qui va changer la vie de beaucoup de monde. Demain, ils porteront chacun un chandail rose pour aller à l’école demain.

Le soir même, ils lancent leur idée sur Facebook et l’affaire prend une dimension inattendue. Tout le monde veut participer à la réponse aux intimidateurs. Les deux étudiants passent au magasin à rabais et, avec leur argent de poche, achètent 50 camisoles roses. Ce sont celles qu’ils distribuent le lendemain matin dans le hall d’entrée de l’école. C’est peut-être leur audace ou la certitude de la justesse de leur action qui crée le mouvement? En tout cas, tout le monde veut participer et accepte de porter une camisole rose.

Envie de changer le monde?

envie de changer le monde

Leur action n’a pas seulement changé la vie du jeune ado intimidé au premier jour. Dans les jours qui ont suivis, des centaines d’autres élèves portaient du rose. L’histoire a fait le tour du pays, puis du monde. Travis Price a raconté son histoire partout et inspiré de milliers de jeunes qui avaient eux aussi envie de faire quelque chose pour contrer l’intimidation scolaire. Il a fondé une organisation qui ramasse des fonds et sensibilise les jeunes partout dans le monde. Depuis 2009, le 25 février a été désigné le « Pink Shirt Day » au Canada.

En songeant que ces deux jeunes inconnus de 17 ans ont pu avoir un tel impact sur leur communauté et leur pays, ça ne vous donne pas le goût de faire votre part pour l’amélioration du monde? Laissez-vous inspirer par la série d’histoires inspirantes du même genre sur leur site web.

Et le 25 février prochain, si vous avez envie de changer le monde, portez du rose!

En lire plus sur la persévérance scolaire et la mentalité de croissance

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6 raisons de cultiver la désobéissance des enfants

La désobéissance des enfants est probablement ce qui donne le plus de boutons aux parents! On croit que tous nos problèmes seraient réglés, si seulement les enfants faisaient ce qu’on leur demande de faire. En même temps, on voudrait qu’ils deviennent des adultes à l’esprit vif et inventif, et que leur action permette d’améliorer le monde.

Le problème, c’est qu’on ne peut pas avoir les deux en même temps. Les enfants à qui on apprend à obéir deviennent des adultes qui ne remettent pas les choses en question. Quand ils ont appris qu’un bon enfant obéit, ils deviennent plus tard une « bonne personne » qui obéit.

6 bonnes raisons parmi des milliers d’autres, de cultiver la désobéissance des enfants
  1. Degas, Monet et tous les autres impressionnistes qui ont choisi de désobéir aux règles de l’art pictural pour inventer une nouvelle façon d’en faire. Ce faisant, ils ont offert au monde tout un univers artistique qui a rendu le monde plus beau.
  2. Pensez aux suffragettes qu’on a ridiculisées et humiliées sans retenue pendant des années parce qu’elles demandaient l’impensable. En désobéissant aux interdictions de manifester, elles ont forcé les gouvernements successifs à reconnaître le droit de vote aux femmes.
  3. Les signataires du Refus global qui ont d’abord été promis aux enfers et mis au ban de la société avant que tout le Québec les suive dans une révolution pas si tranquille. On leur doit en grande partie l’initiative de la modernisation du Québec.
  4. Pensez à Michel Chartrand qui a fait de la prison bien souvent avant qu’on reconnaisse la valeur déterminante de son action sur les conditions de travail de tous les Québécois.
  5. La petite Malala, que nous admirons tous, elle aussi a désobéi haut et fort aux traditions culturelles de son pays! Je crois sincèrement qu’elle participe à améliorer le monde.
  6. Et songez à Louis Robert, un agronome du ministère de l’Agriculture qui a été congédié en janvier 2019 pour avoir dénoncé l’ingérence de l’industrie des pesticides dans la recherche. Sans sa désobéissance, nous n’aurions jamais su que les compagnies de pesticides s’immisçaient dans les recherches et en falsifiaient les résultats.

En leur temps, chacune et chacun d’entre eux a bien dû désobéir pour suivre sa conscience. Et nous admirons cela, n’est-ce pas ? Grâce à leur courage et leur opiniâtreté, le monde s’est amélioré.

cultiver la désobéissance des enfants

Mais aucun d’eux n’était reposant, comme on dit.

La désobéissance est parfois courageuse

Si nous voulons que nos enfants deviennent assez forts pour s’avancer et défendre le plus faible, devenir des leaders et faire leur part pour améliorer du monde, peut-être faut-il arrêter de les vouloir conformes à la norme, tranquilles et obéissants… Ne faudra-t-il pas plutôt encourager leur esprit critique, applaudir quand ils contestent nos règles, féliciter quand ils suivent leur conscience même si, de temps en temps, cela veut dire désobéir ?

En effet, c’est difficile. Parce qu’au fond de nous, nous considérons que trouver sa place dans la communauté consiste généralement à ne pas dépasser du lot. Ne rougissons-nous pas de plaisir quand « tout le monde » trouve que nos enfants sont tranquilles et obéissants ? Il est bien vrai que le prix qu’on fait payer aux hommes et aux femmes qui sortent du rang est très élevé. On peut se demander, cependant, quel prix paient les autres pour obéir toute leur vie.

Comment leur apprendre la valeur de la désobéissance, sans en faire des têtes brûlées?

Ils l’apprendront chaque fois que nous agirons nous-mêmes en fonction de nos valeurs et de ce qui est le bien pour nous. Ils l’apprendront chaque fois que nous serons sensibles à leur vision des choses, à leur sentiment d’injustice. Puisque c’est la pensée critique qui est la clé de voûte de cette arche puissante, il nous faudra lui accorder de la valeur.

Comment faire pour que nos enfants maîtrisent les règles du fonctionnement social et en même temps soient capables de s’y opposer face à l’injustice ? En leur expliquant le sens de nos règles et en les appliquant avec cohérence, la désobéissance des enfants ne se résumera pas à de l’opposition. Ils apprendront la valeur de leur pensée critique si nous leur laissons de l’espace pour de ne pas être d’accord. Et si, plus tard à l’adolescence, nous sommes capables d’avoir des discussions sur le sens des règles avec eux. Les règles familiales, mais aussi les règles sociales.

Une voie qui permet la discussion et les erreurs

Comment leur transmettre les usages et les procédures culturelles qui donnent un sentiment d’appartenance essentiel à leur croissance et, en même temps, les encourager à faire autrement pour améliorer le monde ? Je sais que c’est difficile. Il s’agit d’un chemin étroit et délicat à ouvrir dans la jungle de nos idées toutes faites et des règles de la société… Un chemin qui permet l’opposition, les discussions, la recherche de sens et les erreurs. Bref, qui permet la désobéissance des enfants. Pour cela, il nous faut être sûrs de nos valeurs et de nos choix.

Les parents qui y arrivent


Les parents qui y arrivent possèdent trois caractéristiques fondamentales : ils et elles possèdent une vision claire de leurs valeurs et leur ordre de priorités. Ils et elles ont style plus inspirant et coopératif que directif dans l’exercice de leur autorité. Par exemple, les idées de leurs préados les intéressent et ils leur reconnaissent de la valeur; et surtout, ces parents sont capables d’apprendre et de changer d’avis. Ces parents montrent l’exemple en exprimant un esprit critique face aux événements de la vie et du monde.

cultiver la désobéissance des enfants

Si on veut que les enfants deviennent des adultes forts qui exercent leur leadership, alors il nous faudra sans doute nous réjouir de les voir dessiner un chat bleu; ou se battre pour obtenir des toilettes neutres/non genrées dans leur école secondaire. Il faudra se délecter de leur énergie débordante, de leurs passions, de leurs combats. Peut-être même faudra-t-il honorer leur capacité de désobéir pour suivre leur conscience.

Quand l’entêtement devient de la détermination

Parce qu’avant d’être de l’initiative, on appelle souvent ça des enfantillages. Et avant que nous reconnaissions l’audace, nous l’appelons témérité. La détermination s’appelle souvent de « l’entêtement » quand ils sont jeunes. Pareil pour l’esprit critique et la liberté de penser que nous essayons pendant des années d’étouffer en nommant ça de l’effronterie et de l’arrogance.

Tous les leaders de l’Humanité ont transgressé les normes et choisi de désobéir d’une façon ou d’une autre. C’est à cause de leur capacité à le faire que le monde change. Mais personne n’a jamais dit que c’était reposant pour leurs parents et leurs éducateurs.

culture du viol, la question de mon fils

culture du viol : la question de mon fils

La porte de fer qui enfermait la parole des femmes autour de l’agression sexuelle et de la culture du viol semble s’entrouvrir en grinçant. Et, avec elle, un raz-de-marée d’émotions, de mots et de questions. Si de très nombreuses femmes sont actuellement secouées par les nécessaires dévoilements qui se succèdent, que dire des enfants? Une partie de nous voudrait tellement leur offrir un monde lisse et heureux… Mais qu’est-ce qu’on répond quand notre fils de sept ans voit sa tante effondrée et demande pourquoi?

Joël avait 7 ans et a attendu d’être seul avec moi pour solliciter timidement des explications: pourquoi elle pleurait sans arrêt? Qu’est-ce qu’elle avait? J’ai trop de respect pour les enfants, pour leur offrir des mensonges quand ils ont le courage de poser des questions difficiles. Car il faut bien du cran pour s’avancer ainsi dans la souffrance d’une autre et chercher le sens des choses. C’est ce qu’ils font quand ils nous demandent «Pourquoi?» Je me souviens de m’être dit que je ne pouvais pas être moins courageuse que lui. Je devais bien peser mes mots et prendre soin de son âme si fragile, mais il ne faisait aucun doute que ce garçon méritait qu’on réponde bravement à sa difficile question.

– Te souviens-tu quand je t’ai expliqué que personne n’a le droit de te toucher si tu ne veux pas être touché? Te souviens-tu que personne n’a le droit de te toucher d’une manière que tu n’aimes pas? Hé bien, un monsieur l’a touchée alors qu’elle ne voulait pas et d’une manière qu’elle ne voulait pas.

Il a tout de suite compris et hoché la tête. Dans le silence qui a suivi, nous savions tous deux que la plus difficile question allait surgir… «Pourquoi il a fait ça?» m’a-t-il demandé. À l’époque, je me souviens d’avoir répondu que je ne savais pas. Je ne savais pas comment une telle aberration pouvait avoir eu lieu. Comment un homme avait pu exercer son pouvoir avec autant de bassesse.

 

La réponse est affreuse

Ces enfants ont 7, 9 ou 11 ans. Peut-être même 13 ou 15 ans. Et ils demandent courageusement, encore aujourd’hui, pourquoi. Et la réponse est affreuse : cela arrive parce que nous laissons cela arriver. Tous et toutes, nous laissons les rapports de domination s’installer entre hommes et femmes. Nous sourions aux commentaires sexistes de nos collègues. Hommes et femmes, nous laissons nos pères passer des remarques désobligeantes sur le corps ou la façon de s’habiller d’une femme. Trop gênés pour les reprendre.

Nous lisons des romans dans lesquels des femmes disent non et sont quand même embrassées; et nous appelons cela une histoire d’amour. Hommes et femmes, nous sommes déstabilisés par les femmes qui ne cherchent même pas à correspondre à l’idée qu’on se fait tous d’une femme. Et nous commentons. Hommes et femmes, nous regardons des émissions de télé et des films dans lesquels des hommes sont rendus fous par leur désir pour une femme et nous appelons cela de la passion. Voilà comment l’on distille la culture du viol aux enfants et à tout le monde, chaque jour.

Nous discutons des vêtements que les femmes artistes portent dans les galas en leur attribuant de la valeur ou non, parce qu’elles sont des femmes. Hommes et femmes, nous laissons se tenir des conversations qui sous-entendent que le désir des hommes est incontrôlable et que les femmes sont responsables de ce que les hommes ressentent.

 

La culture du viol concerne tout le monde

Pères et mères, nous laissons nos enfants jouer à des jeux vidéo où les personnages féminins sont hypersexués avant d’être de bonnes combattantes, en nous disant que «C’est comme ça, que veux-tu? Je ne vais pas refaire l’industrie de la vidéo!» Nous assistons à des fêtes où des hommes qui ont trop bu taponnent des femmes qui ont trop bu, et nous détournons le regard, en nous disant que ce ne sont pas de nos affaires.

Et nous laissons nos enfants être témoins de tout cela.

Voilà «Pourquoi il a fait ça». Parce que nous permettons que cela arrive en distillant chaque jour autour de nous quelques gouttes de la culture du viol.

Comment leur dire la vérité sans les plonger dans un abysse d’insécurité? Peut-être ai-je moi-même trop peur de cette vérité, et surtout de toutes ses conséquences, pour avoir envie de la contempler. Peut-être que c’est plus simple pour l’instant de me dire que rien de cela ne me concerne vraiment et ce n’est pas moi qui vais changer le monde à moi toute seule.

 

Je ne sais pas ?

Quand nos enfants nous demandent pourquoi il a fait ça, on peut bien choisir de leur dire Je ne sais pas pour l’instant. On peut bien désigner les agresseurs du doigt en affirmant qu’ils ne font pas partie de notre cercle, qu’ils sont à part et déviants. Je comprends ça. Notre énergie limitée est déjà dilapidée par la garderie, les dents à brosser, les vaccins, les repas à faire chaque jour, le problème avec le prof à l’école, nos parents vieux et malades, les coupes dans les services et la pression au travail. Je sais que nous sommes épuisés. Je sais et je comprends.

Mais un jour, il nous faudra répondre à leur courageuse question : pourquoi il a fait ça? Un jour, nous aurons nous aussi le courage, hommes et femmes, de reconnaître que nous sommes une partie de la réponse.

pratiques qui nourrissent l'âme des intervenants sociaux

L’art de l’intervention : règles pour les intervenants

Y a-t-il vraiment des règles de l’art en intervention ? Cette liste des 10 règles pour les intervenants, dans tous les cas, a d’abord été celle de règles de création artistique. Ces deux mondes ont plus en commun qu’on pourrait le croire. D’abord, l’intervention sociale est aussi un art, en ce sens qu’il est créateur de pouvoir, de liens et de solutions. Ensuite, puisque la vie est un acte de création, j’aime croire que ces règles sont aussi celles qui permettent à notre vie d’être une œuvre riche. Les règles pour les intervenants sont donc les mêmes que celle des artistes. Lisez-les avec cet angle de vue et peut-être que vous arriverez, comme moi, à la conclusion que l’art, la vie et la création ne sont qu’une seule et même chose, finalement.

Cette liste a donc d’abord été rédigée en 1967-68 par sœur Mary Corita Kent, artiste remarquable et éducatrice hors du commun.  Son œuvre est puissante et sa pédagogie unique! Un mélange rare. Car, en art comme en intervention sociale, il ne suffit pas d’avoir survécu à la souffrance pour être capable d’aider les autres à en sortir. Ce sont deux choses différentes qui font appel à des capacités différentes. Et s’il est vrai que l’expérience est souvent précieuse, disons tout de suite que le courage et la lucidité le sont sans doute davantage.

Règles de l’art en intervention

L’idée d’aider les faibles à devenir forts n’est pas seulement de nature humaniste. Elle est révolutionnaire. En effet, soutenir la reprise de pouvoir des personnes est totalement subversif dans une société qui fait rentrer tout le monde dans le même moule parce que c’est plus payant. Ce qui n’exclut pas que le message de changement radical en soit aussi un de justice et de paix. Tel était celui de Mary Corita Kent; et d’une telle puissance, qu’il a fait de cette religieuse hors du commun, une figure de proue de la contre-culture dans les années 60′ et 70′.

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Sœur Mary Corita Kent, 1967

Ses règles sont issues d’un de ses projets de classe, alors qu’elle enseignait au collège Immaculate Heart Convent à Los Angeles. On raconte que la dixième règle doit être attribuée à John Cage, un ami de sœur Corita; un immense compositeur de musique qui s’est également illustré comme philosophe à la même époque.

 

Règles pour les intervenants

J’ai traduit librement cette liste pour en faire une liste de règles pour les intervenants. J’ai simplement remplacé les mots étudiant par personne et enseignant par intervenant. Et peut-être serez-vous surpris comme moi de voir à quel point elle peut être utile en intervention sociale. Chacune de ces règles pour les intervenants pourrait faire l’objet d’un livre! Il y a dans chacune tout un champ à méditer et à travailler. Et je ne me prive pas de le faire. Cette liste des 10 règles pour les intervenants me rappelle plusieurs repères de la voie que je veux emprunter pour être utile aux autres. Puisse-t-elle vous inspirer vous aussi 🙂 Vous trouverez la version originale ici.

 

10 règles essentielles d’intervention

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1

Trouvez une place qui vous inspire confiance et essayez ensuite de faire confiance en retour pendant un bon moment.

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2

En gros, le travail d’un client consiste à tirer tout ce qu’il peut de son intervenant; tirer tout ce qu’il peut de ses compagnons de route.

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3

En général, le travail d’un intervenant consiste à tirer tout ce qu’il peut de ses clients.

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4

Considérez tout comme une expérience.

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5

Soyez autodiscipliné — ce qui veut dire trouver des personnes sages et brillantes, et choisir de faire comme elles. Être discipliné veut dire faire comme elles de la bonne façon. Être autodiscipliné veut dire faire comme elles, mais d’une meilleure façon.

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6

Il n’y a pas d’erreur. Pas de réussite, pas d’échec. Il n’y a que l’action de faire.

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7

La seule règle, c’est de travailler. Si vous travaillez, vous arriverez à quelque chose. Ce sont les gens qui font tout le travail tout le temps qui finissent par comprendre les choses.

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8

N’essayez pas de créer et d’analyser en même temps. Ce sont des processus complètement différents.

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9

Soyez heureux chaque fois que vous le pouvez. Soyez content de vous! C’est plus facile que vous ne le croyez.

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10

Nous devons briser toutes les règles. Même nos propres règles. Et même ces règles pour les intervenants. Comment y arrivons-nous? En nous laissant tout l’espace nécessaire pour le faire. 

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Un dernier petit panier de conseils en vrac : Restez attentif. Essayez toutes sortes de choses. Assistez à toutes vos formations. Lisez tout ce qui vous tombe sous la main. Regardez tous les films que vous pouvez, attentivement. Et gardez tout : ça pourrait servir plus tard.

 

 

[alert style= » warning »] Consulter la liste complète des formations offertes en intervention sociale [/alert]

 

 

 

 

 

 

 

 

empowerment I

Identité : raconter nos histoires

coNotre identité se construit aussi avec l’histoire de tous ceux qui nous ont précédé. C’est pour cela qu’il faut raconter les histoires. Même,e t peut-e^tre surtout, celles qui nous semblent anodines. Nous avons tous et toutes besoin de savoir que d’autres avant nous se sont retrouvés au pied de la même montagne pour trouver le courage de s’y engager.

Savoir qu’il y a eu du monde avant nous et qu’il y en aura d’autres après nous, voilà ce qui nous donne le sentiment que c’est possible; que nous appartenons à quelque chose de bien plus grand que nous… quelque chose comme une immense cordée de l’humanité, avec d’autres grimpeurs qui ont ouvert le chemin devant nous. C’est pour ça qu’il nous faut raconter les histoires de famille aux enfants. Ces histoires ressemblent à des ancrages que nous enfonçons dans le roc de cette montagne que représente l’avenir. Ils y glisseront leurs mousquetons parce que leurs parents les ont assurés sur la voie.

Maintenant que mes enfants sont grands, ils ont encore besoin de ces repères qui nourrissent leur identité. Ils ont besoin d’entendre que d’autres avant eux ont marché sur cette route cahoteuse du développement humain, avec des doutes et des erreurs, des essais courageux et des échecs honorables. Maintenant qu’ils sont de jeunes adultes, leur route s’élargit de plus en plus et ça les rassure de savoir que d’autres avant eux ont eu le vertige, eux aussi, devant tant de choix, tant de responsabilités et d’inconnu. Ils ont besoin d’entendre raconter les histoires.

Raconter les histoires difficiles

Nous croyons à tort que les jeunes adultes n’ont plus besoin de nous et des repères que nous pouvons encore leur offrir. Notre propre histoire ne leur offrira pas toutes les réponses et ce n’est pas l’idée. Non, l’idée c’est de leur offrir ce qu’il y a derrière les réponses que nous avons trouvées sur notre route : le courage, la persévérance, la force de continuer et aussi la force de laisser tomber. La foi dans nos rêves ou notre manque de foi. Tout cela fait partie de leur identité.

Raconter des bouts de notre histoire à nos grands enfants, c’est leur offrir le cadeau inestimable de vivre avec les imperfections de la vie et de la condition humaine. Partager avec eux des bouts de notre vie, c’est aussi partager ce que nous avons appris et un peu de notre propre identité. D’une certaine façon, c’est leur indiquer les coinceurs que nous avons enfoncés dans le roc, et qu’ils peuvent utiliser pour continuer d’avancer. Voilà pourquoi il faut raconter les histoires.

Raconter les histoires d’amour

Identité, une montagne d'histoiresRacontons nos histoires d’amour, notre premier job, nos doutes quant à notre avenir. Racontons-leur nos rêves de carrière, nos efforts pour y parvenir, mais aussi nos détours, nos reculs, nos questionnements. Racontons nos amis disparus, nos aventures folles et nos espoirs déçus. Pas pour qu’ils suivent nos traces, mais pour qu’ils sachent qu’il y a des traces. Confrontés aux mêmes genres de choix, d’autres avant eux ont trouvé moyen de choisir.

D’autres avant eux ont aussi eu le sentiment de tout perdre ou de ne jamais pouvoir y arriver, et ils ont quand même poursuivi leur chemin. Raconter les histoires de nos nids de poule de notre parcours, c’est leur offrir de se sentir compris, de ne plus être seuls dans la confusion ou le doute, la peur ou l’incompréhension. N’est-ce pas l’effet que cela nous fait quand, dans un moment plus difficile, quelqu’un nous raconte que notre déroute lui est familière? FInalement, quelqu’un est déjà passé par là.

Notre identité

Ces histoires nous permettent également de nous ancrer dans une histoire bien plus grande que nous-mêmes. Elles nous incluent toujours dans celle de l’humanité. Et ce patrimoine fait partie de notre identité. Raconter les histoires qui leur donnent accès à plus de sens, plus d’horizon. N’est-ce pas tout aussi vital que d’avoir appris à parler et à marcher?

Nos histoires leur apprendront qu’ils ne sont pas le début du monde. Ça les soulagera, même s’ils ne le manifestent pas.

Je viens de tous ceux et celles qui m’ont précédée, ont espéré, ont pleuré, ont souffert et se sont relevés. Je suis faite aussi de tous ceux qui n’ont pas pu continuer, qui ont eu peur. De ceux aussi qui ont été lâches ou cruels parce que leurs histoires m’ont été racontées. Les milliards de mères épuisées qui m’ont précédée ont donné un sens à mes nuits à veiller un enfant malade. Toutes ces intervenantes sociales qui ont eu peur, qui ont pleuré, qui ont perdu pied. Ce sont celles qui me donnent le courage d’apprendre de ces écueils. Ce sont finalement des milliers d’histoires difficiles qui me donnent le sentiment d’avoir une place dans cette communauté humaine.

Nous ne sommes pas seuls. Il faut le dire à tous ceux qui ont besoin de l’entendre.

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