sentiment de compétence parentale

Charte des droits des parents

J’ai rédigé cette charte des droits des parents il y a maintenant plus de vingt-cinq ans et je la trouve toujours d’actualité! Je sais que beaucoup de groupes communautaires s’en servent dans leurs groupes de parents et je m’en réjouis. Merci de toujours en donner la source!

Pourquoi une charte des droits des parents?

C’est ma réponse au système qui semble ne comprendre que le droit individuel, alors que le parentage repose sur le bien commun. Dans un monde qui évalue sans cesse les parents, j’ai voulu leur rappeler qu’ils ne sont pas à la merci de ce qu’on dit d’eux. Ils ont encore et toujours le premier rôle dans la vie de leurs enfants et j’ai simplement voulu le rappeler.

Charte des droits des parents
  1. Les parents ont le droit de ne pas savoir quoi faire. Même quand le petit s’écrase à terre, bleu marine, au milieu de la rangée des produits surgelés de l’épicerie.
  2. Les parents ont le droit d’imaginer qu’ils lancent leurs enfants au bout de leurs bras, qu’ils les tranchent en rondelles et les offrent en cadeau à quelqu’un. Ils ont même le droit de dire qu’ils imaginent tout cela.
  3. Les parents ont le droit de pleurer quand ils ont de la peine ou se sentent dépassés. Ou même simplement quand ils sont fatigués. Ils ont aussi le droit de pleurer « pour rien ».
  4. Les parents ont le droit inaliénable de se tromper. Ils ont alors le devoir de s’excuser et de réparer les torts qu’ils ont commis.
  5. Tous les parents ont le droit d’avoir un ou une amie intime qui leur frotte le dos dans les moments de découragement.
  6. Les parents ont le droit de prendre autant de photos qu’ils veulent de leurs enfants. Ils ont le droit de parler de leurs enfants aussi souvent qu’ils le veulent.
  7. Cette charte des droits des parents déclare qu’ils ont le droit d’avoir l’air ridicules en tout temps. Ils peuvent donc de rouler par terre. Participer à un concours de grimaces. Se déguiser en lapin de Pâques. Surtout si c’est pour faire rire leur petit.
  8. Les parents ont le droit de hurler à pleins poumons à la tête de toutes les personnes qui blessent leur petit. À celle qui le brutalisent, le méprisent, l’insultent, l’humilient, l’embrigadent ou en abusent. Et ceci n’est pas de la violence.
  9. Les mères ont le droit de porter des vêtements moulants, des décolletés profonds et des talons aiguilles sans que personne ne doute de leur qualité de bonne mère.
  10. Tous les parents ont le droit qu’on leur dise qu’ils font bien leur travail de parents.
  11. Les parents ont le droit de donner des becs sur les fesses de leurs enfants. Les pères et les mères ont le droit de caresser leur petite fille et leur petit garçon en les serrant dans leurs bras. En les enlaçant. En leur donnant des becs dans le cou, sur les joues, sur les yeux, les oreilles, les cuisses, alouette!
  12. Tous les parents ont le droit d’avoir un enfant qui ne se développe pas plus vite que celui des voisins et ne brise aucun record d’intelligence.
  13. Les parents ont raison de croire qu’ils sont ceux qui connaissent le mieux leurs petits. Et ils ont le droit de le dire au prof, au médecin et à tous ceux qui veulent intervenir auprès de leurs enfants. Conséquemment, les parents ont le droit d’être en désaccord avec le prof, le médecin, l’orthopédagogue, l’éducatrice et tous les autres. Et, oui, ils ont le droit de ne pas suivre leurs conseils. Et ce, sans que personne ne remette en question leur compétence parentale.
  14. Les parents ont aussi le droit inaliénable de se plaindre.
  15. Tous les parents qui le souhaitent devraient pouvoir préserver et entretenir un contact régulier et significatif avec leur enfant. Même si, pour se faire, ils doivent être accompagnés.

Charte des droits des parents

Ikigai : le sens de la vie

Ikigai est un mot et un concept japonais. En japonais, le mot « retraite » n’existe pas parce que l’idée de travailler puis, un jour, d’arrêter est totalement absente de leur culture. À la place, les Japonais s’intéressent au sens de la vie (purpose), sans s’attacher à la forme que ça prend. Le fond (sens de ma vie) importe bien davantage que sa forme (le genre de travail que je fais). De toute façon, mes activités peuvent changer au fil des années, mais pas ma voie du sens qui mène à mon épanouissement. Ainsi, je fais le travail que je fais parce qu’il est mon ikigai, et non l’inverse. C’est le sens de ma vie qui me mène à ce travail. Rafraîchissant, non ?

 

Trouver le sens de la vie

On instruit chaque enfant japonais de la quête personnelle qu’il doit impérativement mener afin de trouver son propre ikigai. Ce mot signifie à la fois «raison d’être», mais en même temps «joie de vivre», «dignité», «utilité ». C’est un art de vivre sur lequel repose le mode de vie des anciens d’Okinawa, au Japon ; le lieu dans le monde où se trouvent le plus de centenaires, tous dotés d’une grande vitalité ! Apparemment, on vit plus vieux quand on a trouvé le sens de la vie; de la nôtre en tout cas.

 

Où se trouve notre ikigai

Notre ikigai, c’est donc ce qui nous fait nous lever le matin, intrinsèquement. Quand on l’a trouvé, on a trouvé notre X. Il nous apporte à la fois un grand sentiment de satisfaction et donne son sens à notre vie. L’ikigai se révèle à la fois par une activité et une façon de vivre dans laquelle la personne trouve son plein épanouissement. Inutile de dire que sa révélation exige une recherche longue et profonde de soi-même. On est loin de la nécessité de trouver son « orientation professionnelle » avant 16 ans comme on l’impose aux enfants d’Amérique du Nord !! Le sens de la vie ne se trouve pas dans des tests psychométriques…

ikigai, le sens de la viePour que notre cerveau d’Occidentaux puisse approcher un tout petit peu le concept très oriental d’ikigai, un inconnu a traduit son concept en une image que nous sommes capables de comprendre. Malgré mes recherches, je n’en ai pas retrouvé la source.

Chacun et chacune a un ikigai caché.
Je vous souhaite de trouver le vôtre.

Bonheur

La liste du bonheur

Karine a besoin de faire sa liste du bonheur. Elle se relève des « vacances » des fêtes, encore plus épuisée qu’au 23 décembre. La petite a été malade, la belle-mère a été plate, son amoureux et elle se sont disputés deux ou trois fois. Et sur des niaiseries, en plus. Des fêtes vraiment décevantes, alors que ce devrait être une période magique de bonheur, surtout avec des enfants. À la place, Karine se sent flouée et vidée.

Rentrer les enfants dans notre agenda ?

Peut-être que les fêtes de Karine auraient été moins épuisantes si elle et le père de l’enfant n’avaient pas maintenu leur agenda de réceptions malgré le fait que la petite était malade. Mais comment dire à la belle-mère qu’on n’ira pas à son souper de Noël? me répond-elle. En effet, ce n’est pas facile. Et l’idée de vivre avec les répercussions d’un tel coup d’État nous arrête bien souvent. Toute l’année, les parents doivent se conformer à de nombreuses attentes collectives : gagner largement sa vie, avoir une maison bien entretenue. Avoir un travail valorisant, s’occuper des réparations à faire et inscrire ses enfants à des activités intéressantes. Toute l’année, des conventions sociales jalonnent le calendrier. Il semble que nous devions « rentrer » les enfants dans tout ça.

Moi aussi j’ai déjà cru que tout cela. Moi aussi j’ai placé les enfants devant la télé afin de faire « ce qu’il y avait à faire ». Je les ai bousculés le matin pour les faire rentrer dans l’horaire. Je leur ai dit si souvent « Pas maintenant » qu’ils ont fini par ne plus insister. Oui, j’ai pensé qu’on aurait du bonheur plus tard.

Faire une liste de bonheur

Un jour, j’ai réalisé que quelque chose clochait dans mon beau plan bien organisé de parentage. Je ne trouvais pas tellement de joie dans cette vie de parent. Alors j’ai fait la liste des activités et occasions qui me donnaient du bonheur et de la joie avec mes enfants. Il ne s’y trouvait vraiment rien d’extraordinaire… Se lancer dans la neige folle et y tracer un ange en bougeant les bras et les jambes. Lire une histoire, collés ensemble; les bercer jusqu’à ce qu’ils s’endorment dans mes bras. Faire une cabane dans le salon avec des couvertures et les coussins du sofa, et y prendre ensemble la collation.

bonheur de parent, liste du bonheurJ’ai trouvé du bonheur dans nos activités de cuisine ensemble qui viraient souvent en expérience de chimie. Dans les figures fantastiques que nous trouvions dans les nuages, couchés dans l’herbe. Dans les parties d’échecs que le plus vieux perdait si souvent, jusqu’au jour où il m’a battue et rayonnait de fierté ! Pendant leur adolescence, j’ai trouvé ma joie dans leur musique qu’ils me faisaient écouter. Dans les discussions sur l’amour et la mort. Pendant nos randonnées en forêt sur la montagne. Au cours de nos turbulentes parties de Colons de Catane.

Encore aujourd’hui, alors qu’ils sont de jeunes adultes, ma liste du bonheur ne compte rien d’extraordinaire. Des discussions, des soirées de cinéma, des jeux de carte et encore d’autres discussions. Finalement, j’y trouve surtout des moments passés ensemble. Il n’y a rien vraiment qui puisse remplacer le temps qu’on passe ensemble.

Ce qui ne se trouve pas sur cette liste du bonheur

Ce qui ne se trouve pas sur cette liste du bonheur est peut-être le plus intéressant. Je n’y ai jamais inscrit que plier du linge pendant que les enfants jouent dehors m’apportait de la joie. Ni de les reprendre pour la troisième fois devant leur grand-mère qui fronce les sourcils. Ni d’avoir eu la plus belle pelouse du quartier.

Sur ma liste de bonheur, je n’ai jamais trouvé la course effrénée du matin pour les amener à la garderie. Ni les soirées à travailler pendant qu’ils regardaient la télé. Ni aucune des innombrables recommandations d’experts.

Savez-vous ce que je regrette aujourd’hui? C’est d’avoir trop souvent choisi de plier du linge au lieu de passer du temps avec eux. C’est d’avoir cru si souvent qu’il valait mieux faire plaisir à ma belle-mère, plutôt que de rester à la maison à prendre soin d’une grippe. Je regrette qu’il m’ait fallu tout ce temps pour comprendre que nourrir mes liens avec ceux que j’aime remplit mon cœur de joie. Jamais une maison propre n’a eu cet effet.

Qu’y a-t-il sur votre liste ?

Qu’est-ce qui se trouve sur votre liste du bonheur? Qu’allez-vous retirer de l’agenda pour y faire entrer ces choses ordinaires qui tissent des liens avec vos enfants? Quand est-ce que vous avez du plaisir à être un parent? Qu’est-ce que vous faites avec eux et qui vous remplit le cœur ? Faites-le. Faites-le souvent. Maintenant.

C’est pour ça qu’on a fait des enfants.

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Une grossesse triste

Beaucoup de femme ne connaissent pas la grossesse débordante de joie que les médias nous présentent partout. Et cela exerce sur elles une pression qui ne fait qu’augmenter leur malaise. Dernièrement, j’ai croisé une de ces jeunes femmes qui connaissent une grossesse triste. Et j’ai eu envie de lui écrire.

Chère Amélie,

l’autre jour au resto, tu avais la mine basse en parlant de ta grossesse. Pendant que tout le monde te demandait les résultats de ta dernière écographie, j’ai bien vu que ça ne te tentait pas pantoute d’en parler. Je veux te dire à quel point je suis contente que tu n’aies pas fait semblant ! Ça nous a tous et toutes permis d’être avec toi et de t’entendre, plutôt que de passer tout droit en te laissant seule avec ta peine. Ce n’est pas les résultats de l’échographie qui te rendent triste, c’est quelque chose d’autrement plus difficile à nommer : la joie n’est tout simplement pas au rendez-vous de cette grossesse.

Rendue au milieu du deuxième trimestre, le bonheur incontournable de la maternité que Facebook et autres médias déversent sur des pages et des pages, ne t’habite pas du tout. Le pire, je le vois bien, c’est que tu t’en veux. Ton amoureux t’adore, ce bébé est le fruit d’un désir mûrement réfléchi, tu gagnes bien ta vie, ta famille t’entoure… Tu te dis que tu devrais être parfaitement heureuse pendant cette grossesse. Dans l’incompréhension qui t’habite, tu te fouettes en espérant remettre les choses « comme il faut ». Mais c’est le contraire qui se produit : la honte et la culpabilité n’ont jamais permis à personne d’aller mieux.

Tu te demandes où se trouve l’amour maternel que tant d’autres femmes racontent ; où sont les élans d’amour inconditionnel qui remplissent les pages des réseaux sociaux ; où sont les étoiles dans les yeux et les soupirs de bonheur. Dans le silence de ton cœur, tu te répètes que les petits coups de pieds de cet enfant à naître devraient t’émouvoir au lieu de te tomber sur les nerfs. Est-ce qu’on ne l’écrit pas partout ? Peut-être crois-tu que tu n’es pas normale ; que quelque chose cloche chez toi et que… peut-être… ça veut dire que… tu ne seras pas une bonne mère. Stop!

La grossesse n’est pas une équation

Arrêtons le hamster qui tourne de plus en plus vite dans ta tête. La grossesse n’est pas une équation et nos qualités de mère ne tiennent pas aux nombres de fois où nous avons été émues pendant ces neufs mois. Une grossesse triste, ce n’est qu’une grossesse triste. Tu es toujours la même jeune femme formidable qu’avant ta grossesse ! J’honore au plus haut point ce courage et cette audace qui t’ont si souvent permis de te relever et de faire face aux changements. En nous parlant de tes sentiments liés à cette grossesse, ils serviront leur office encore une fois.

Grossesse triste - France Paradis FormationsMa belle Amélie, je veux que tu saches que tu n’es pas la seule à connaître une grossesse comme celle-là. Parfois, les femmes portent bien plus que leur bébé pendant la grossesse. L’enfantement, c’est peut-être l’expérience de transformation la plus puissante et profonde qu’une personne puisse vivre. Elle plonge ses racines dans chaque parcelle de notre histoire, commencée bien avant notre naissance. Dans chaque idée, chaque croyance, chaque espérance aussi.

Beaucoup de femmes connaissent une grossesse triste

Porter un enfant et le mettre au monde soulève chacune des pierres sous lesquelles nous avons caché nos peurs, nos déceptions et nos doutes. Ne doute pas que, pour beaucoup d’entre nous, ce n’est pas un pique-nique. Je suis contente d’apprendre que tu as contacté un centre périnatal communautaire. Tu y trouveras des femmes qui savent les mots et les gestes qui permettent de traverser ces torrents tumultueux qui jaillissent parfois de ces pierres soulevées.

La maternité demeure le plus redoutable des actes de création puisque, d’une certaine façon, c’est encore nous que nous mettons au monde ; nous-la-mère, nous-la-femme, nous-qui-ne-serons-plus-jamais-la-même. Qui, alors, aurait l’audace de prétendre qu’il n’y a pas autant de routes que de femmes qui y avancent !

Avec la même bravoure et la même hardiesse que tu manifestes depuis si longtemps, tu vas ouvrir ton cœur et accueillir cette jeune femme remarquable que tu es et qui est en train de soulever la montagne de sa vie afin qu’un être humain puisse jaillir vers la lumière. Si cette tâche ne mérite pas toute ta compassion, alors je ne sais pas ce qui la mérite !

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