fille de 16 ans

Ce qu’une fille de 16 ans devrait savoir

Devant votre réaction à mon papier sur ce qu’une enfant de 4 ans devrait savoir, j’ai pris la mesure de la course à la performance que vivent les parents de jeunes enfants. C’est la situation inverse que vivent les adolescents. On semble les considérer terra incognita, s’en approchant le moins possible. Une fille de 16 ans a autant besoin de ses parents maintenant, qu’elles en avaient besoin à 4 ans.

Ce qu’une fille de 16 ans devrait savoir
  1. Elle devrait savoir qu’elle est aimée totalement, inconditionnellement et tout le temps par ses parents.
  2. Une adolescente devrait savoir que son père la trouve jolie et qu’il l’honore.
  3. Elle devrait savoir qu’elle peut dire non à n’importe quel moment et que « ne plus en avoir envie » est la meilleure des raisons.
  4. Une fille de 16 ans devrait savoir qu’elle  peut faire confiance à son instinct à propos des gens. Qu’elle n’est jamais obligée de faire quelque chose qui lui semble mal, peu importe qui le lui demande.
  5. Elle devrait savoir que ce n’est pas un problème d’avoir les cheveux bleus, de porter des bas de couleurs différentes ni de vouloir étudier ce qui la passionne.
  6. Elle devrait savoir qu’elle est sensationnelle, brillante, créative! Que tout est possible pour elle. TOUT.
  7. Une fille de 16 ans devrait savoir qu’il vaut mieux nourrir ses amitiés avec ses chums de filles que de s’entraîner à être la femme parfaite (quelle qu’elle soit!).
  8. Elle devrait savoir que la première femme bachelière au Québec avait obtenu de meilleurs résultats académiques que tous les garçons de sa cohorte, mais qu’on a remis le premier prix au deuxième meilleur, parce que c’était un garçon.
  9. Une fille de 16 ans devrait savoir qu’on sait que c’est de l’amour quand il y a de la bonté, de la confiance et un profond sentiment de sécurité.
  10. Elle devrait savoir que les hommes sont responsables de leurs désirs et du contrôle sur ces désirs. Jamais elle.

 

Parent d’une fille de 16 ans?

fille de 16 ans

Peut-être devrions-nous nous rappeler en premier lieu…

  1. Qu’être la plus docile et la plus obéissante n’a jamais rendu une femme forte.
  2. Qu’un des meilleurs indicateurs de sa future réussite, c’est peut-être le nombre de fois où son père et sa mère l’auront écoutée sans l’interrompre.
  3. Que nos filles ont aussi besoin d’adultes intéressants et intéressés à elles qui les entourent.
  4. Que les peines d’amour sont toujours graves, même quand on a 16 ans. Et puis, c’est vraiment poche de se faire dire qu’on ne s’en souviendra pas le jour de nos noces.
  5. Que nos filles ont vraiment besoin de nous, même si ça ne paraît pas. Elles ont besoin qu’on s’assoit avec elles et qu’on les écoute nous raconter leur journée. Même si cette journée est « ordinaire ».
  6. Que nos filles ont besoin qu’on honore leurs rêves et leur courage, leurs expériences et tout ce qu’elles en apprennent. Même si leur vie nous semble parfois si étrangère.
  7. Qu’avoir 16 ans aujourd’hui est différent de nos 16 ans à nous…
  8. Que, finalement, nous avançons sur le chemin de la liberté en faisant des essais et des erreurs, peu importe l’âge.
leçon de vie de baseball

Leçon de baseball : les compétences sociales sont essentielles

Qu’est-ce que le baseball peut nous apprendre à propos des compétences sociales? Theo Epstein est devenu président de l’équipe de baseball des Cubs de Chicago en 2011, alors que l’équipe croupissait dans les bas-fonds de la ligue depuis des décennies. L’année suivante, il part à la recherche de jeunes joueurs pour rebâtir l’équipe et recherche bien sûr d’excellentes habiletés physiques, mais ce qui le distingue de tous les autres présidents d’équipe de baseball, c’est qu’il accordera autant de valeurs aux habiletés sociales qu’aux capacités physiques de ses recrues.  Dans une interview  qu’il accordait l’an dernier au New York Times, il expliquait qu’il a pris tout son temps pour « Choisir des personnes plutôt que des capacités physiques.»

[perfectpullquote align= »full » cite= » » link= » » color= » » class= » » size= » »]J’ai demandé à mes recruteurs de fournir, pour chaque recrue, trois exemples de la manière dont ce joueur fait face à l’adversité sur le terrain de baseball et trois autres exemples à l’extérieur du terrain, dans sa vraie vie. Parce que le baseball est construit sur les échecs. Le meilleur des frappeurs échoue 7 fois sur 10. – Theo Epstein[/perfectpullquote]

Ce sont donc les compétences sociales qui l’intéressaient. En 2015, l’équipe accède à la finale du championnat, pour la première fois en 45 ans. L’année suivante, elle remportait le championnat pour la première fois en 108 ans! De l’avis de tous les analystes, ce sont les critères de recrutement utilisé par Epstein qui ont fait la différence.  Que recherchait-il chez ses joueurs? La capacité de se relever après un échec et de continuer de donner le meilleur de lui-même dans l’adversité.

Ces habiletés font partie de ce qu’on appelle le savoir-être (soft skills) ou compétences sociales, et sont déterminantes pour l’avenir et le développement d’un enfant. À peu près tous les chercheurs s’entendent pour désigner ces habiletés de base ainsi :

    • la confiance en soi (une perception positive de soi),
    • la résilience (en particulier la capacité de faire face au stress et à l’échec) et
  • la communication (en particulier l’élément d’empathie dans les relations interpersonnelles).

De nombreuses recherches, tant en finances, qu’en sociologie et en psychologie, ont fait la démonstration que ces quatre habiletés des compétences sociales jouent un rôle déterminant dans le maintien de la paix dans les communautés, la productivité des entreprises, le parcours professionnel des personnes et, bien sûr, dans le sentiment de bonheur et de satisfaction de leur vie, chez tous les humains. Les mêmes résultats ont été trouvés dans toutes les cultures! Pas surprenant que le président du club de baseball de Chicago recherché ces habiletés chez ses recrues. On se demande pourquoi elles ne sont pas au cœur de tout le cursus scolaire, de la maternelle à l’université.

compétences sociales

Quand les enfants et les ados possèdent de solides habiletés en communication et dans leurs relations interpersonnelles, cela améliore la qualité de leurs relations avec tout le monde. Ça augmente la collaboration avec leurs pairs et les adultes et leur désir d’apprendre. Ça facilite l’adaptation aux changements et leur engagement auprès de la famille et de l’école. En résumé, en améliorant leurs compétences sociales, ils améliorent toutes leurs relations avec les autres. La bonne nouvelle, c’est que le climat que ce savoir-être crée est contagieux! Ces jeunes deviennent donc des modèles et des inspirations pour leurs pairs.

Comment s’apprennent les compétences sociales

Disons tout de suite qu’il ne s’agit pas de capacités cognitives. Tout le monde peut les développer. Elles ne relèvent pas de l’intelligence ni de la capacité de réfléchir. Elle tiennent plutôt à une façon de voir le monde et les autres.

Comment avez-vous réagi et qu’avez-vous dit à votre enfant, la dernière fois qu’il a échoué? Ou perdu un match? Nos réactions peuvent leur apprendre à rejeter la faute sur l’arbitre ou le prof… ou bien leur apprendre à faire face à la défait en assumant sa part de responsabilité et en y apprenant quelque chose.

Lors d’une dispute, nous pouvons demander à un enfant de nous dire ce que ressent ou vit l’autre enfant, à son avis. En le guidant bien pour lui permettre de vraiment se mettre à la place de l’autre, nous l’aidons alors à développer de l’empathie. Ce qui améliore ses habiletés relationnelles. En l’aidant à reformuler ses phrases à la lumière de ce qu’il vient de découvrir, nous lui apprenons des habiletés de communications empreintes d’empathie.

Des compétences sociales à Noël

Avec Noël qui arrive, ce serait une bonne occasion d’inviter l’enfant à offrir au moins au cadeau et à l’aider à choisir ce cadeau en se demandant ce que la personne choie aime, ce dont elle a besoin, ce qu’elle apprécierait. Dans différentes situations, on peut aider les enfants et les ados à chercher honnêtement ce que l’autre peut ressentir, penser; essayer d’anticiper des besoins et des réactions des autres. Il n’est pas question d’en faire des obsédés du bonheur des autres; il s’agit de développer leur empathie et c’est comme ça qu’on la développe : en se demandant régulièrement ce que peut bien ressentir l’autre.

Ce genre d’invitation sera déstabilisant pour les enfants et les jeunes habitués à mettre de l’avant leur intelligence et leurs résultats.  Sans doute sera-t-il utile, comme parents, enseignants ou éducateur, de se rappeler comment on installe la motivation et la confiance en soi chez les enfants. Et en profiter pour tenter de l’acquérir!

Terrain de pratique pour les ados

Avec nos ados, on peut installer une manière de jeu quand ils auront des demandes à formuler. Invitons-les à rassembler eux-mêmes les contre-arguments à leur demande. Proposons-leur d’envisager à l’avance le point de vue de leurs parents. C’est-à-dire leurs inquiétudes, leurs limites, financières ou autres, les besoins de leurs frères et sœurs, etc.  Examiner sa propre demande dans la perspective de ses parents aide un jeune à comprendre les différences d’opinion et de points de vue, et lui apprendre à tenir compte du point de vue des autres.

Cette compréhension va naturellement (et avec notre aide) l’amener sur les sentiers de la recherche de compromis ou même de consensus, plutôt que de se camper dans ses positions. Mais je vous préviens : vous ne pourrez plus jamais leur opposer une fin de non-recevoir sans discussion. Les jeunes qui développent cette habileté relationnelle considèrent le point de vue de l’autre devant une divergence d’opinions. Ils recherchent le compromis et nous obligent à développer nous aussi cette habileté. À la fin, c’est toujours nous qui décidons. Mais vous serez probablement surpris des décisions que vous prendrez…

Toutes ces compétences sociales de base demandent de la pratique. Plus on a l’occasion de les cultiver, plus on les affine. Pour ça, les parents et les éducateurs doivent être prêts à laisser plus de liberté à la créativité des enfants. Aussi, multiplier les occasions d’explorer des idées nouvelles. Ça veut dire explorer des choses qui peuvent nous déranger ou nous paraître sans valeur.

Bref, si nous ne nous y mettons pas nous-mêmes, on ne pourra pas aider nos enfants à les acquérir.

Compétences sociales : des clés pour le marché du travail

Le Pew Research Center mène chaque année des entrevues auprès de 5006 adultes américains au sujet du marché de l’emploi. En 2016, 85 % des répondants, employeurs ou employés, ont parlé des compétences sociales. « La capacité de travailler avec d’autres personnes qui ont une expérience de vie différente de la leur est l’habileté clé sur le marché du travail ». Il s’agit exactement des quatre habiletés de base dont nous parlons.

94 % d’employeurs considèrent que les  compétences sociales sont plus importantes que les résultats académiques d’un·e candidat·e. Mais près du deux tiers de ces employeurs déclarent que les jeunes qu’ils reçoivent en entrevue ne les ont pas.

Alors, on s’y met?

adolescence

Adolescence : 5 moyens de renouer avec nos jeunes

L’adolescence n’a pas à être pénible. Cependant, beaucoup de parents ont le sentiment de perdre contact avec leurs enfants au moment de l’adolescence. C’est souvent parce que nous maintenons un mode communication qui fonctionnait bien avec des enfants plus jeunes, mais qui ne fonctionne plus avec des jeunes de 15, 17 ou 19 ans. Notre encadrement doit se transformer avec leur nouveau stade de développement : il passe de la contrainte au support. Peut-être que le bonheur de vivre et côtoyer nos ados ne dépend pas de quelque chose que nous devrions faire davantage, mais bien de quelques petites choses que nous devrions cesser de faire. Voici ce que j’ai appris de mes trois enfants, à force d’essais et d’erreurs et qui permet de renouer avec nos adolescents.

1. Créer et préserver un espace de plaisir partagé pendant l’adolescence

Pendant une période vraiment difficile de l’adolescence de mon aîné, nous nous rencontrions dans un café toutes les deux semaines et pendant une heure, nous partagions les mêmes écouteurs sur son lecteur de musique. Il me faisait entendre ses coups de cœur et pour chaque chanson, il avait tant à dire! À propos des paroles qui résonnaient fort en lui, à propos de la musique qu’il qualifiait pendant de longues minutes. Durant ces rencontres, je m’interdisais d’aborder nos litiges et tous les sujets délicats. Je voulais préserver un espace où nous pouvions nourir notre lien. Nous avions de difficiles conversations à d’autres moments, mais ces moments de musique partagée étaient protégés. Treize ans plus tard, je me rends compte que ce sont ces moments passés avec lui pendant son adolescence, sans jamais aborder les questions litigieuses, qui nous ont permis de préserver notre lien. Entre nous, il y avait un temps pour parler des choses difficiles et un temps pour nourrir notre lien. Et je sais aujourd’hui que ces rencontres de musique tissaient assez de force dans notre relation pour que nous puissions aborder les questions difficiles et traverser les moments de litiges.

Je sais bien que nous avons souvent le sentiment de n’avoir rien en commun avec eux quand arrive l’adolescence. On n’aime pas la même musique. On ne fréquente pas les mêmes endroits. Parfois, on n’aime pas du tout les gens qu’ils aiment ! Faisons un effort et trouvons une activité à faire ensemble. Même si cette activité ne nous enthousiasme pas. Et nous serons surpris de tout ce que cette activité apporte à notre relation avec eux. Elle permet de renouer avec nos adolescents.

2. Arrêter de blâmer, critiquer, prêcher

L’adolescence est une période où les humains font des erreurs et sont certains d’avoir raison. Ça énerve, je sais. Les ados ne font pas ce qu’on souhaiterait et, en plus, ils ont l’air d’avoir oublié toutes les bonnes choses qu’on a mis tant de soin à leur apprendre ! Dans ces moments-là, nous avons envie de les « aider » en leur montrant du doigt leurs erreurs… C’est peut-être parce que nous avons oublié que les expériences nous permettent d’apprendre « ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas ». C’est vrai également pendant l’adolescence.

adolescence -France Paradis formationsLes blâmes et les critiques ne correspondent plus à leurs besoins de développement. À la place, demandons-leur ce qu’ils viennent d’apprendre de ces événements. Et surtout, ne critiquons pas leur réponse; intéressons-nous sincèrement à ce qu’ils croient avoir appris. Et peut-être apprendrons-nous, nous aussi, quelque chose.

En les blâmant, nous mettons fin à leur réflexion si précieuse pour comprendre le monde et lui trouver un sens. Nous pouvons certainement partager nos réflexions et nos inquiétudes, mais je crois que nous devons honorer la recherche de sens si caractéristique de l’adolescence. Pour renouer avec nos adolescents, sans doute nous faut-il faire face à nos propres contradictions et notre propre quête de vérité.

3. Arrêtons de les interrompre

Je sais : vous pensez que ce sont eux qui nous interrompent ! Nan ! Le plus souvent, c’est nous. L’interruption n’est pas seulement grossière, elle est brutale. Lorsque nous interrompons quelqu’un, ce que nous disons vraiment, c’est : « Je ne t’écoute pas; ce que tu veux dire est moins important que ce que j’ai à dire. » Quand on interrompt un ado, on violente un esprit en construction et on le disqualifie.

Nous voulons tous garder la communication ouverte avec nos jeunes pendant la période de l’adolescence. Alors, laissons-les dire tout ce qu’ils ont à dire. Même si ça leur prend du temps ou si c’est maladroit. L’adolescence est une période où les humains apprennent à devenir adultes. Même si cela ne nous apparaît pas vraiment clair ni sensé du premier coup. Écoutons-les, comme nous aimons être écoutés. Déposons ce que nous avons dans les mains ; levons les yeux et regardons notre ado dans les yeux. Quand un ado se sent vraiment écouté, il reçoit le message de sa grande valeur et de son unicité. Il se sent en confiance. Et la confiance est la base de toutes les relations satisfaisantes et fructueuses. Y compris celle que nous avons avec lui ou elle pendant son adolescence.

4. Arrêtons de déverser nos peurs sur eux

Nous avons tous peur : de ce qui pourrait arriver ou pas, de ce que nous ne pouvons pas changer, ou comment les autres parents pourraient nous percevoir. Nous avons peur qu’il arrive quelque chose à nos enfants. Peur de la drogue, des beuveries, des accidents, de la vitesse, des mauvais amis, des agressions sexuelles. L’adolescence est marquée par la prise de risques.
Mais la peur ne change rien aux risques. Rien. Avoir peur ne protège pas nos enfants, au contraire. La peur éteint l’enthousiasme, les rêves et l’audace lorsqu’elle est la seule réponse offerte pendant l’adolescence. Leur expérience est limitée, mais ils et elles sont capables de réflexion. Si nous gardons la communication active avec eux, nous aurons l’occasion de partager notre point de vue. Si nous la fermons, alors nous n’aurons aucune idée de ce qu’ils vivent, des décisions qu’ils prennent.

Leurs expériences nous coupent le souffle parfois, je sais. Mais elles font partie de leur développement et de leur apprentissage. Nous n’avons pas le pouvoir de les mettre dans de petites boîtes protectrices pour toujours. Je sais que c’est terrible, mais nous ne leur éviterons pas la douleur, ni le remords, ni la peine.

adolescenceOui, le point d’équilibre entre vouloir les retenir et leur permettre d’apprendre est difficile à trouver. Acceptons que nous sommes en train d’apprendre à être le parent d’un ou une adolescente et faisons simplement de notre mieux. N’oublions pas qu’ils découvrent l’adolescence en même temps que nous!

5. Reconnaître nos erreurs et dire la vérité

Tout le monde aime la vérité, mais à l’adolescence, nos jeunes en ont besoin. Pour achever de leur offrir un monde cohérent, puisons dans notre humilité et reconnaissons nos erreurs et aussi nos ignorances. Loin de baisser dans leur estime, nous verrons notre crédibilité augmenter en flèche. Je vous le garantis. On connaît tous quelqu’un qui passe son temps à faire la démonstration qu’il n’a jamais tort… et c’est très énervant!

Nous sommes parfois tentés de cacher certaines choses, certaines informations, en pensant protéger nos ados. Dire la vérité, c’est leur montrer notre respect. C’est en appeler à leur jugement et à leurs capacités de réflexion. Dire la vérité, même si elle est parfois difficile à dire, garde le canal de communication ouvert pendant l’adolescence.

« Je ne suis pas certaine », « Je ne sais pas », « Je me suis trompé », « j’ai peur ». Ces phrases préservent le lien pendant la difficile période de l’adolescence. Reconnaître nos erreurs et dire la vérité demande du courage et nos ados ont désespérément soif de modèles courageux ! Soyons ces modèles pour eux/elles.

 

 

Ferme ton écran

Cellulaire, médias, écran et Santé mentale infantile

Il est temps de réfléchir sérieusement à l’équation écran et santé mentale dans la vie de nos ados. Plus les adolescents passent de temps devant un écran, plus ils rapportent de symptômes de dépression. Il n’y a pas une seule exception. (1) La limite critique est de deux heures trente. Je sais que le sujet « téléphone cellulaires et enfants » est délicat. Mais il ne disparaîtra pas.
Les adolescents qui passent plus de deux heures trente par jour devant un écran (téléphone intelligent, ordinateur, tablette, télévision) sont plus susceptibles d’être malheureux, et ceux qui passent plus deux heures par jour dans des activités qui excluent les écrans sont plus susceptibles d’être heureux. 
écran et santé mentale
Source : Larry Rosen Ph.D. California State University
Écran et santé mentale : des plus et des moins

Ces adolescents appartiennent à la igénération : ils sont nés entre 1995 et 2012 et ont la particularité de n’avoir jamais connu de vie sans téléphone intelligent. Ces jeunes sont capables de réaliser jusqu’à 7 tâches simultanément (multitasking) : courriel, FB, Snapchat, magasinage, textos, choix d’une musique à écouter, Instagram. Précisément à cause de cette extraordinaire capacité, leurs heures cumulées d’utilisation des médias dépassent 20 heures par jour. (2) Ils sont aussi beaucoup plus seuls : les élèves de 5e secondaire et de première année de CÉGEP sortent aujourd’hui avec des amis moins souvent que le faisaient ceux de 1ere secondaire en 2009!

Écran et santé mentale : un impact majeur

Ils ont donc beaucoup moins d’interaction en personne avec leurs pairs, à un stade de développement où l’on acquiert le plus les habiletés sociales. Leurs habilités à interagir avec d’autres humains sont donc sensiblement diminuées. En effet, ils décodent beaucoup moins bien les signaux non verbaux que les générations précédentes. Ce qui les expose à plus de conflits et moins d’attachement signifiant avec leurs pairs. Dans la même recherche, on apprend  par ailleurs que cette utilisation effrénée des écrans fait diminuer les heures de sommeil. Et nous savons que le manque de sommeil augmente le risque d’échec scolaire, d’obésité, de dépression.

Selon Dr Larry Rosen, professeur émérite au département de psychologie de la California State University, Dominguez Hills, les adolescents (9 à 18 ans) passent presque toutes leurs heures d’éveil en interaction avec un écran et reçoivent en moyenne 3146 textos PAR MOIS.

Ferme ton écranÀ peu près tous les résultats de recherches vont dans le même sens : tous les médias qui utilisent un écran ont un impact majeur sur la santé physique et mentale des enfants et des adolescents. Les téléphones intelligents en particulier, sont loin d’être des outils inoffensifs. Et certainement pas des jouets.

Si vous voulez un conseil simple pour avoir des enfants heureux, c’est facile… Fermer régulièrement les téléphones, ordinateur, tablettes. Puis faites n’importe quelle activité qui n’implique aucun écran. Littéralement n’importe quoi. Et surtout, faite-la avec eux! La négligence émotionnelle est un piège subtil et si facile à faire avec les yeux sur nos téléphones.

Des idées pour réduire le temps écran

Quelques idées? Cuisiner, ramasser les feuilles, jouer au ballon, marcher, prendre le thé chez grand-maman, lire une histoire, danser, faire du théâtre, dessiner, coudre, crocheter, bricoler, faire des constructions legos, corder du bois, jaser, jouer à des jeux de société, faire de la pâte de sel, se déguiser, chanter, faire de la musique, marcher, rouler, écouter de la musique, inventer une histoire, construire une maison d’oiseaux, cueillir des fleurs, les offrir, lire, jouer à Dongeon & Dragon, alouette!

Écran et santé mentale: agir maintenant

Ce sera difficile? Oui, ça le sera. Mais l’enjeu est énorme ! Alors on fera comme pour traverser la rue et l’heure du coucher : fixer des balises claires d’utilisation et les tenir. Ils seront frustrés, ils feront la crise du bacon, ils nous diront que nous sommes les pires parents du monde. On se sentira misérables et on aura peur qu’ils ne nous aiment plus. Mais on tiendra bon à propos des deux heures trente par jour devant un écran, parce que les enjeux sont trop importants.

On regrettera les jours où, tannés de leur turbulence, nous pouvions leur refiler notre téléphone pour les faire tenir tranquille. Je sais. Mais on tiendra bon. Parce que personne ne veut payer si cher pour un peu de paix.

Et on fermera notre propre téléphone. Tsé.


(1) Jean Twenge, professeur de psychologie à la San Diego State University, sonde chaque année 11 millions de jeunes Américains âgés de 11 à 25 ans. Dans cet océan de données, elle cherche les changements importants. Notamment les différences significatives avec les années précédentes et les transformations dans plusieurs champs, dont les comportements sociaux, les activités et leur santé mentale. On peut trouver les résultats de ses recherches dans son livre : iGen : Why Today’s Super-Connected Kids Are Growing Up Less Rebellious, More Tolerant, Less Happy—and Completely Unprepared for Adulthood—and What That Means for the Rest of Us.

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