faire la paix avec nos erreurs de parents

Faire la paix avec nos regrets de parents

Nous avons tous et toutes des regrets ; et nous nous débattons avec. Être un parent, c’est fabriquer régulièrement (et involontairement) des regrets. Au lieu de se morfondre ou se taper sur la tête, vaut mieux apprendre à faire la paix avec nos regrets de parents.

Peut-être avez-vous déjà croisé des parents qui déclarent qu’ils ne regrettent absolument rien. Il ne faut pas les croire. Si nous n’avons pas de regrets, c’est probablement que nous souffrons d’amnésie. On se plante tous un jour ou l’autre avec nos enfants.

On pourrait définir les regrets par des sentiments de chagrin ou même de honte en regard de décision ou d’actions du passé. Quand on est parent. Il y a tellement de choses qu’on peut regretter ! 

faire la paix avec nos erreurs de parents
Faire la paix avec nos regrets de parents
  • Avoir crier après nos enfants trop souvent
  • Les avoir rentrés au CPE si tôt alors que ça passe si vite.
  • De ne pas les avoir crus quand ils avaient mal au ventre alors que c’était vrai.
  • De n’avoir pas mieux protégé les plus jeunes des plus vieux.
  • Ne pas l’avoir inscrit au hockey parce que ça ne nous tentait pas de faire 300 km le samedi matin pour un tournoi.
  • De ne pas les avoir amenés plus souvent chez leur mamie ; ce qui fait qu’ils l’ont moins connue (et moins aimée).
  • N’avoir pas tenu bon dans la discipline de… (jouer d’un instrument, faire son lit, mettre un casque, faire ses devoirs, etc.)
  • D’avoir passé tellement de temps à les gosser pour leurs devoirs, alors que ça aurait pu être du bon temps ensemble.
  • Ne pas avoir compris plus vite qu’il avait des problèmes d’audition.
  • De lui avoir donné une grosse claque sur les fesses.
  • Et tant d’autres choses…
Regrets, pas culpabilité

Le grand défi consiste à nous permettre de connaître des regrets sans qu’ils nous démolissent. C’est sans doute la différence entre les regrets de parents et la culpabilité de parent ; cette chose amère et sulfurique qui défigure la réalité. La culpabilité nous écrase alors que les regrets peuvent devenir des sources d’apprentissage. La culpabilité, c’est la grande roue du manège de la misère mentale et affective. Nous devenons de meilleurs parents quand nous commençons à faire la paix avec nos regrets de parents. Nous ne sommes pas de meilleurs parents parce que nous sommes ensevelis sous la culpabilité; à obséder sur des décisions ou des actions passées. Rejouer les scènes en souhaitant avoir agit autrement ne sert vraiment à rien ni à personne. 

Les erreurs de parents sont comme les vagues qui frappent régulièrement les rochers et en laisse la surface si lisse. Personne ne songe à se désoler de ces assauts de l’océan ; tout simplement parce qu’il est dans la nature de l’océan de faire des vagues. De la même façon, les regrets font partie de la nature des parents. Reconnaîtreque nos regrets pour les erreurs commises sont aussi inévitables que les vagues nous aide à faire la paix avec nos regrets de parents.

Ne jugez pas hier avec vos lunettes d’aujourd’hui

La meilleure façon de faire la paix avec nos regrets consiste à arrêter d’examiner les situations passées avec nos connaissances et notre vision d’aujourd’hui. Nous faisons tous et toutes cela à un moment ou à un autre. On lève les bras au ciel en se demandant comment on a pu faire une chose pareille ! Comment avons-nous pu prendre une telle décision qui nous apparaît stupide aujourd’hui parce qu’on sait maintenant quelles en ont été les conséquences. Quand nous faisons cela, nous sommes profondément injustes envers nous-mêmes.

Vous regrettez aujourd’hui d’avoir parfois crié sur vos enfants. Sauf qu’aujourd’hui vous êtes calmes, reposés et sans aucune urgence. Je peux vous garantir que si vous aviez été dans le même état à l’époque, vous n’auriez pas crié. On prend toujours les meilleures décisions qu’on peut prendre, au moment où les prend et dans l’état dans lequel on se trouve. Rappelons-nous que jamais aucun parent ne s’est dit :« Qu’est-ce que je pourrais faire pour faire du tort à mon enfant ? Ha tiens !Je sais ! Je vais lui crier dessus. »

En martelant que vous auriez dû l’amener chez le spécialiste bien avant le moment où vous l’avez fait, rappelez-vous que la vie n’est pas un scénario de film : la fin n’est jamais écrite. Au moment de décider de la prochaine étape du parcours d’un enfant à besoins particuliers, souvenez-vous que vous avanciez dans une forêt vierge et que vous deviez ouvrir votre chemin, et celui du petit, à la machette. Vous ne vous teniez pas debout face au sentier bien tapé, sur lequel on peut maintenant courir.

L’humilité fait toujours de nous de meilleurs parents

Le meilleur de nous-mêmes ne prend-il pas naissance dans les sédiments de nos regrets? Les leçons des erreurs que nous avons commises se déposent doucement avec le temps et font sourdre l’humilité.

faire la paix avec nos regrets de parents

Le parcours de tous les parents est fait d’essais et d’erreurs. Nous en vouloir pour des actions passées, ce serait nous en vouloir de ne pas avoir su. Ou de ne pas avoir pu. Si on ne savait pas, on ne savait pas. C’est tout. Voilà pourquoi faire la paix avec nos erreurs de parents nous enseigne l’humilité. L’humilité de reconnaître que nous avons fait de notre mieux, ni plus ni moins. Et que notre mieux n’a pas toujours scoré.

Nos erreurs sont précieuses. Même celles qui ont eu des conséquences vraiment plates. Même celles qui ont heurté des gens que nousaimons ; qui nous ont coûté beaucoup d’argent, beaucoup de temps. Peut-être des années de notre vie ou de la vie de nos enfants.

Vous trouverez ici, un exercice d’écriture qui devrait vous permettre de faire la paix avec vos regrets de parents. Même les gros.

Embrasser nos erreurs

Le chagrin et la grande tristesse face aux résultats de nos erreurs demandent à être embrassés pleinement. Non pas repoussés tout au fond de soi, ou déniés. Même si ces deux options amènent un répit temporaire, elles nous nuisent au bout d’un certain temps, parce que le dénie nous empêche toujours d’apprendre. Et de faire la paix avec nos regrets de parents.

Nous apprenons de nos erreurs dans la mesure où nous les acceptons pleinement. En refusant de les regarder bien en face, nous n’apprenons rien. En examinant honnêtement les circonstances de nos erreurs, nous verrons notre humanité, nos imperfections. Et sans doute verrons-nous également notre réel souci des enfants, nos bonnes intentions. Et quand vous serez devant ce que vous n’aimez pas de vous, faites appelle à votre compassion envers vous-même. 

Apprivoiser nos monstres

En entamant une sorte de dialogue avec nos erreurs, nous apprivoisons nos « monstres »; ces côtés de nous que nous tentons de cacher au plus grand nombre. Et parfois même à nous-mêmes. Nous croyons que nous devrions être meilleurs que ça. Mais ça ne fonctionne pas ainsi. On devient meilleur parce qu’on apprend ; pas parce qu’on s’autoflagelle.

Tous les parents ont leur « monstre ». Et il faut avoir beaucoup de courage pour s’en approcher et les laisser nous apprendre ce qu’ils ont à nous apprendre.

Courage et paix

Je sais que vous avez du courage. Je l’ai si souvent vu à l’œuvre dans vos maisons, dans les épiceries, à l’école et sur les terrains de soccer. Vous étiez là, tous et toutes, pleinement debout auprès de vos enfants. Et chaque fois, vous m’avez rendue plus courageuse.

Après? Après, la tristesse commencera à refluer. Elle se diluera tranquillement, au fil des ans, au milieu de l’acceptation, de votre compassion. C’est un espace de paix qui s’installe alors. Et c’est une bien belle place pour regarder sa vie de parent.

slow intervention et intervention lente

Intervention lente (la slow intervention)

Après le slow food et le slow parenting, voici la slow intervention.
Une intervention lente est tout à fait contre-culturelle puisqu’elle propose de ralentir nos modes d’intervention sociale dans un monde qui recherche l’accélération en tout, y compris en relation d’aide.

À notre époque, la vitesse à laquelle le changement se produit ne cesse d’augmenter. Dans ce grand carrousel de la productivité, chacun et chacune doit s’accrocher de toutes ses forces aux bords du manège qui tourne de plus en plus vite. Dans nos bureaux se retrouvent ceux et celles qui n’ont plus la force de s’accrocher et sont littéralement éjectés du manège.

slow intervention lente

Slow Intervention 

Une intervention lente fait appel à plus d’attente que d’action; c’est-à-dire que la patience et la présence au silence et à l’apparente immobilité sont considérées comme une action. La slow intervention fait appel à davantage de réflexion que de certitudes, plus d’improvisation que de méthodologie. En cela, elle ressemble davantage à un jeu qu’à une performance.

C’est un appel à une révolution culturelle qui s’oppose à l’idée que plus vite c’est toujours mieux. Parce que c’est faux bien sûr et tout ce qui importe vraiment dans notre vie demande du temps et pas de la vitesse. Parce que le prix que la pression qui accompagne cette incessante accélération nous fait tous payer est bien au-dessus de nos moyens.

L’inattendu est précieux

Dans la Slow Intervention, nous allons nous intéresser davantage aux processus qu’aux résultats; aux personnes qu’aux problèmes. Il ne s’agit pas de renoncer à obtenir des résultats. C’est plutôt que nous allons renoncer à déterminer au départ à quels résultats nous devrions arriver. Cela permet bien sûr d’être enrichi par ce qui émerge au fil de la relation et que nous aurions discarté du revers de la main dans une approche traditionnelle.

Je crois qu’aucun intervenant ne peut déterminer ce qui est utile ou pas dans une conversation de soutien thérapeutique ou d’accompagnement. Ce qui se présente et que nous n’attendions pas a de la valeur, voila la prémisse de départ. Toutes ces choses bonifient les voies de résolution. C’est ce qui permet à  une intervention sociale de se déployer de manière organique plutôt que mécanique.

D’abord une activité relationnelle

À l’instar de Socrate, Levinas ou Foucault, je crois que l’intervention sociale est d’abord une rencontre entre deux personnes. Dans la slow intervention, nous accordons du temps à cette rencontre d’expériences différentes afin qu’elles s’enrichissent mutuellement.

Il s’agit de ralentir assez nos protocoles pour qu’une relation véritable s’installe et qu’elle soit bilatérale au lieu d’être à sens unique. Je nous invite à renoncer aux échelles de temps prévu pour établir une relation d’aide. Ralentissons plutôt jusqu’à ce que cette relation s’installe. Assez de temps pour que la personne devant nous ait envie de participer à cette relation. Assez de temps pour que nous puissions nous taire et laisser le silence créer de l’espace pour une rencontre d’égal à égal.

Une intervention lente crée son propre rythme et son propre espace

Cette intervention lente se situe en dehors de la chronologie rectiligne et de la progression par séquences. Elle refuse de contraindre la relation à entrer dans un développement prévu à l’avance, par étapes prédéterminées en dehors de la relation. À la place, nous suivons le parcours qu’elle déploie à mesure qu’elle le déploie. Le temps y est circulaire au lieu d’être linéaire. 

Une contre-méthode plutôt qu’une méthode

Une intervention lente nous libère des contraintes méthodologiques, de l’application des mesures et des étapes prévues. La slow intervention relève bien sûr de l’analogique plutôt que du numérique. Elle laisse toute la place aux possibles de la co-construction avec les personnes. Quand il n’y a plus d’attention à porter à la forme du contenant, alors toute l’attention peut être portée sur le contenu.

La Slow Intervention est d’abord au service de la personne

L’objectif de la Slow Intervention se trouve à l’intérieur même de la relation et est au service de la personne. C’est-à-dire que l’intervention sociale ne devrait pas être instrumentalisée par les gouvernements et leurs organisations afin de rendre la personne conforme aux normes que cette société a fixées. Une intervention lente recherche ce que la personne recherche. Même si ce n’est pas de « bien fonctionner 
dans notre société». Krishnamurti n’a-t-il pas déjà très clairement remis cet objectif en perspective en disant que « Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade. »

L’intervention lente est poreuse, perméable

C’est-à-dire qu’elle permet un échange mutuel, un apprentissage mutuel. Elle assure la réciprocité des échanges plutôt que la livraison de réponses unilatérales. La lenteur permet que se déposent les énergies si volatiles des uns et des autres dans une forme d’imprégnation mutuelle féconde et créatrice. Cet échange véritable redonne du pouvoir aux personnes.

« Tout est dans tout! » disait Raoul Duguay, le poète de l’audace et de la liberté. Ainsi, dans la slow intervention, je reconnais que je laisse aller un peu de moi dans la personne devant moi. J’accepte l’idée qu’elle aussi dépose quelque chose d’elle-même en moi. Et que nous en sommes tous deux transformés.

temps des fêtes différent

Un temps des Fêtes différent

Parfois on souhaite un temps des Fêtes différent, pour toutes sortes de bonnes raisons. Peut-être que votre famille n’a pas de bon sens ; ça arrive ! Peut-être que Noël et le temps des Fêtes vous ramènent un tas de souvenirs tristes ou pénibles et que vous avez décidé que cette année, vous conjureriez le mauvais sort. Il se peut que vous détestiez la surconsommation qui entoure cette période et que vous avez trouvé le courage de vivre selon vos convictions. 

Parfois,le temps des Fêtes différent nous est imposé par les circonstances. Uneséparation. Un déménagement loin de notre clan. La maladie. Le départ desenfants loin de nous. La mort de notre partenaire. 

Cette année, pour moi aussi ce sera un temps des Fêtes différent. Une tradition vieille de trente ans se termine ; celle qui amenait chaque année une vingtaine d’invités à ma table dans la nuit de Noël. La fin d’une tradition, c’est souvent comme un deuil. Et c’est vrai que je suis triste.

Réinventer notre propre Noël

Peu importe au fond, pourquoi on aura un temps des Fêtes différent, cette année. Il n’y a pas bonnes ou de mauvaises raisons. Il y a simplement l’occasion de faire quelque chose à ce propos.  En réfléchissant à l’avance à ce qu’on veut réellement pour la période de Noël, on évitera que d’autres décident pour nous !

La saisondes Fêtes peut vraiment être ce que vous voulez et ce dont vous avez besoin.Oui, il y aura probablement des obligations et des incontournables. Mais si nous prenons le temps de remplir le reste denos journées avec ce qu’on veut et ce qui a du sens pour nous, alors ces « obligations »seront beaucoup moins lourdes.

Trouver ce qu’on veut vraiment

Peut-être qu’une des clés pour vivre un temps des Fêtes différent et joyeux cette année est de commencer à explorer cela le plus tôt possible. En réfléchissant sérieusement à ce que les Fêtes devraient signifier pour nous, nous mettrons aussi le doigt sur ce que nous avons envie de vivre et sentir. Alors, le temps des Fêtes aura un sens pour nous.

Voici une série de questions qui nous aideront à déterminer à quoi devraient ressembler les Fêtes cette année pour nous, en trouver le sens et les gestes qui portent ce sens. Prenons le temps de réfléchir à ces questions. Répondons par écrit si c’est possible. Ça vaut la peine de mettre un peu d’énergie sur la préparation pour que cette période soit différente, oui, mais satisfaisante.

Questions pour un temps des Fêtes différent

  • Dans vos rêves les plus fous, quels sont les trois mots qui décriraient le mieux ce que vous souhaitez vivre pendant la période des Fêtes ? Allez, pas de censure! Quelques exemples : magique, simple, paisible, signifiant, décontracté, grand, élaboré, spécial, calme, joyeux…
  • Quelles activités correspondent à ces descriptions ? (Mettez-les sur le calendrier maintenant.)
  • Qu’est-ce qui s’est passé l’année dernière et que vous préférez ne pas répéter ?
  • Qu’est-ce qui arrivera (pour vous) si vous arrêtez vraiment de le faire ? Est-ce que ça vaut la peine ?

Et vos enfants ?

  • Écrivez trois choses que vous voulez que vos enfants vivent durant la période des Fêtes ? Exemple : du plaisir en famille, le partage avec les moins riches, la simplicité ?
  • Quelles activités permettent de vivre ces expériences ? (pas de censure, on a dit !)
  • Demandez-leur leurs idées à propos d’un temps des Fêtes différent. S’ils participent à sa construction, il aura plus de sens pour eux. Rappelons-nous que les enfants ont très peu de pouvoir sur leur vie et que les changements imposés par les circonstances sont peut-être encore plus déroutants pour eux.
  • Quel genre de souvenirs voudriez-vous créer ? Dans quel genre d’activités se trouve le germe de ces souvenirs ?

Délivrez-nous des cadeaux obligatoires

  • Dans votre cœur, à quoi aimeriez-vous que servent les cadeaux ? Décrivez le rôle qu’ils devraient avoir dans vos Fêtes. 
  • Si vous changiez votre façon de faire à propos des cadeaux, que choisiriez-vous de faire ? Peut-être aimeriez-vous en donner moins par convention et plus paraffection ; offrir des « expériences partagées » plutôt que des objets ; faire un don à un organisme de bienfaisance spécial au nom de quelqu’un ; offrir un cadeau anonyme à un inconnu qui en a besoin ?
  • Avec qui voudriez-vous passer du temps pendant les Fêtes ? Faites la liste maintenant et gardez-la ouverte.
  • Comment passeriez-vous ce temps avec eux et elles ?

Prendre soin de soi

Les changements sont toujours stressants, même quand il s’agit d’heureux changements. L’humain est ainsi fait qu’il adore faire la même chose. 🙂 Cette année, ne faites pas semblant qu’il s’agit d’un Noël comme les autres. Ne jouez pas au déni. Réfléchissez maintenant aux façons dont vous allez prendre soin de vous.

  • Comment pouvez-vous prendre soin de vous pendant cette période de changement ? Prévoir du temps pour lire ce livre que vous voulez lire depuis l’été dernier ? Marcher en forêt ? Cuisiner enfin pendant toute une journée ? Méditer dix minutes de plus le matin ? Prévoir faire garder les enfants toute une journée et rester (enfin !) seuls ? Si vous voulez plus d’idées, allez lire ça!
  • Notez maintenant les activités qui vous feront du bien. Pas de limites, allez ! Il sera toujours temps d’en retirer de la liste. Pour l’instant, lâchez-vous lousse et surtout, soyez le plus précis·e possible.
  • Quelles traditions voudriez-vous (re) commencer ?
  • Lesquelles voulez-vous cesser ?

Deux, trois et quatre têtes valent mieux qu’une

un temps des fêtes différent

Si vousavez un·e conjoint·e et des enfants, discutez-en en famille. Annoncezclairement que ce sera un temps des Fêtes différent ; la vérité rassure tout lemonde au bout du compte. Selon l’âge de vos enfants, permettez à chacun de direce que signifie une belle période des Fêtes pour lui. Et ensuite, voyez commentvous pouvez y arriver tout le monde ensemble.

Partagez votre désir d’avoir un Noël différent avec vos ami·e·s et vous serez peut-être surpris de constater qu’ils et elles ont probablement le même désir que vous. Réalisez une tempête d’idées avec votre gang de copains et copines ; ça vous donnera des idées auxquelles vous n’aviez pas pensé. Et aussi, vous vous sentirez moins « étrange »… beaucoup de monde n’ont pas envie du même Noël que l’an dernier !

La liste de choses à rayer de la liste

On peut avoir l’impression qu’il y a dix fois trop d’incontournables en ce qui concerne la période des fêtes. Et c’est peut-être ce qui fait que le temps des Fêtes ne vous tente pas. Mais parfois en les examinant, on se rend compte que l’univers ne s’effondrerait pas si on en laissait tomber. Faites votre choix ! 🙂 C’est comme pour la liste des choses à faire pour être un  bon parent : il faut en enlever le plus possible !! Voici mes suggestions.

  • Vous devriez assister à chaque fête.
  • Donner des cadeaux coûteux.
  • Faire un repas de cinq services.
  • Acheter le cadeau parfait.
  • Faire des tartes maison.
  • Rester avec vos beaux-parents.
  • Passer tout votre temps en famille.
  • Être reconnaissant·e.

La voix du cœur

C’est à vous de décider. Surtout quand le temps des Fêtes ne vous tente pas. Peut-êtreque ça vous tente de faire des tartes maison, parce que c’est une tradition spéciale pour vous avec votre mère et votre grand-mère. Mais peut-être aussi que vous aimez les tartes de votre boulangerie locale et que vous pourriez jouer de la musique pour votre mère et votre grand-mère
pendant qu’elles cuisinent.

Ça se peut très bien que vous vouliez passer tout votre temps avec votre famille. Et c’est très bien. Mais il se peut aussi que vous ayez besoin et envie d’avoir du temps pour vous-même. Et ça aussi c’est très bien.
Ce qui ouvre un chemin à la joie perdue du temps des Fêtes, c’est de choisir et suivre la voix du cœur. Comme toujours.

Négligence émotionnelle des enfants et jeux électroniques

La négligence émotionnelle des enfants survient lorsque les parents ne répondent pas suffisamment aux besoins affectifs de leur enfant. Notre utilisation inappropriée des jeux électroniques pourrait bien nous y amener sans qu’on s’en rende compte.

Le mot le plus important dans cette définition est  suffisamment. Les enfants ont besoin de suffisamment d’attention émotionnelle et de réactions de la part de leurs parents pour apprendre que leurs émotions comptent, comment lire ces émotions, les comprendre et les gérer. Pour cela, il nous faut être présents physiquement, mais aussi émotionnellement ; avoir toutes sortes d’échanges avec nos enfants. 

Ni démon ni Dieu

Internet, la télé, FB, les téléphones cellulaires sont des outils formidables.  Ils sont là pour rester, et être utilisés dans de nombreux champs de notre vie. Sans aucun doute, ils joueront un rôle de plus en plus grand dans la vie de nos enfants.
Les réseaux sociaux, les jeux, le web, la télé et toutes les autres ressources électroniques ne sont ni démon ni Dieu. Il ne s’agit pas de les éliminer du paysage. Il s’agit d’apprendre à s’en servir et prendre conscience du risque réel de négligence émotionnelle des enfants que représente leur utilisation sans nuance. Ce qu’on peut faire de mieux, comme parent, c’est sans doute donner le bon exemple à nos enfants en suivant nos propres règles ! 

La fatigue des parents

Parfois, les appareils électroniques et internet peuvent être des outils utiles aux parents pour remédier à la fatigue ou à l’ennui des enfants. Je me souviens très bien d’avoir assis mes enfants devant la télé afin d’avoir 30 minutes de repos. Même une heure de télé ne crée pas de négligence émotionnelle. Ça ne fait pas de nous un mauvais parent. Tout est une question de dosage et d’équilibre. 

L’épuisement que connaissent les parents à différents moments du développement de leurs enfants est bien réel! Mais il peut être trop facile pour les enfants et les parents de laisser, sans le vouloir, l’électronique et internet devenir un filet de sécurité ; un refuge facile pour ne pas avoir à gérer les émotions de l’enfant en général et la fatigue parentale.

Notre attention est essentielle au développement des enfants

À quoi la négligence émotionnelle des enfants pourrait-elle ressembler ? C’est quand la colère du petit de 2 ans fait tout de suite venir l’idée de l’assoir avec un cellulaire pour qu’il joue à des jeux électroniques. Tout le monde connaît l’ampleur que peuvent prendre les crises d’un enfant de deux ans ; on n’appelle pas ça « Terrible Two » pour rien ! Parfois, pour éviter la catastrophe, on lui passe la tablette ou le cellulaire. Parce qu’on est fatigués. Parce qu’on ne sait plus comment gérer ces crises-là. Ou encore parce que ce sera le seul moment de la journée où nous ne serons pas ensevelis sous les demandes constantes.

Toutes les émotions

Cette attention des parents, si essentielle au développement des enfants, n’est pas utile seulement aux meilleurs moments de la journée. Cette attention que nous leur accordons quand ils sont tristes, joyeux, excités, distraits, en colère ou fatigués, et nos réactions de réassurance, de répimande, d’écoute attentive et toutes les autres réactions, c’est ce qui permet à l’enfant d’apprendre ce que sont les émotions et quoi faire avec. C’est donc dire que les moments de colère ou de peine sont extrêmement précieux dans cet apprentissage et nécessitent que nous soyons tout à fait présents dans ces moments de crise aussi.

Quand le jeu devient de la négligence émotionnelle des enfants

Il est vrai que 20 minutes de jeux électroniques (ou n’importe quelle autre activité sur un appareil électronique) aplanissent l’humeur des enfants. En cas d’urgence, on allume des cierges pour bénir les créateurs de jeux ! Mais utilisés systématiquement, les écrans-calmant font du tort aux enfants. Utiliser du temps d’écran comme solution unique et automatique aux crises ou à notre fatigue est sans doute la voie royale de la négligence émotionnelle des enfants. Et sans même qu’on s’en rende compte.

candy crush©

On est à l’épicerie et, comme de raison, le plus vieux s’écrase à terre au milieu d’une allée en hurlant. Voyant cela, sa petite sœur se joint au concert en hurlant elle aussi. Tout le monde nous regarde. Nous essayons bien de les calmer, mais nous sommes tellement énervés que ça ne fonctionne pas. Alors on sort le téléphone cellulaire et en le voyant, les enfants se calment instantanément. Soulagement intense, calme, silence. Plus personne ne nous regarde.

Mais les enfants aiment ça !

On se prépare à partir pour les îles de la Madeleine avec ses douze heures de route ! On installe les enfants à l’arrière avec la tablette ou l’ordinateur portable et on se félicite d’avoir songé à apporter six DVD pour l’aller et six autres pour le retour. On n’a pas besoin de les forcer, ils adorent regarder des films ou jouer à des jeux. Comme nous le savons tous, le fait qu’ils aiment quelque chose n’est pas garant de la qualité de la chose. Six DVD, ça fait entre 8 et 11 heures de temps-écran. C’est le temps recommandé pour les enfants de plus de 9 ans pour une semaine.

En réponse à la pression sociale

On est invité à souper chez des amis et les enfants se tortillent sur leur chaise, alors que les adultes n’en sont pas encore au dessert. La plus vieille se met  à tirer sur la nappe pour voir ce que ça fait pendant que la plus jeune chigne depuis un bon moment pour avoir son dessert sans avoir touché à son assiette. Notre tension artérielle a commencé à grimper et on a de plus en plus de difficulté à suivre la conversation. On fait signe discrètement aux enfants de se calmer ; mais vous avez déjà vu des enfants se calmer quand on le leur demande ? Pas moi.

Alors on a le sentiment de plus en plus lourd que nos enfants dérangent et on sort la tablette avec les jeux électroniques et hop ! la sainte paix est retrouvée ; notre souper peut se poursuivre normalement. (Avez-vous déjà songé qu’un souper normal avec des enfants, c’est justement un souper où ils sont présents, actifs et participent à ce qui se passe ?) C’est justement ce « retrait » de ce qui se passe et la porte qu’on referme sur ce qu’ils vivent (fatigue, ennui, mal aux fesses, frustration) qui crée la négligence émotionnelle des enfants.

Les jeux électroniques, une sortie de secours ?

Encore une fois, le recours aux écrans électroniques n’est un problème que s’il est utilisé au lieu de communiquer avec votre enfant et de travailler avec lui pour comprendre et gérer ses émotions. Dans ce cas, votre enfant ne recevra pas assez de cette validation émotionnelle vitale, de ce lien affectif et de cette éducation émotionnelle ; toutes ces choses essentielles pour le préparer à une vie émotionnelle riche et réussie à l’âge adulte.

La tablette, les DVD et autres jeux électroniques ne sont pas « le mal » ! Ce sont des outils de communication et d’apprentissage, simplement. Mais ce ne sont pas des calmeurs d’enfants. Ce ne devrait pas être la porte de sortie quotidienne de la fatigue parentale. Le recours fréquent au temps-écran pour calmer les enfants risque vraiment de créer de la négligence émotionnelle des enfants. Et je sais que nous ne voulons pas ça. Mais ça pourrait bien arriver sans que l’on s’en rende compte.

négligence émotionnelle des enfants et jeux électroniques

N’oubliez pas que l’électronique peut en fait être un outil utile pour les parents lorsqu’elle est utilisée de manière équilibrée et avec une bonne communication avec votre enfant. Ces objets sont là pour rester, ils ne disparaîtront pas. Autant décider maintenant de quelle façon ces outils seront utilisés dans notre famille, tant par les enfants que les parents.

Quelques repères pour éviter d’utiliser les appareils électroniques de façon nuisible


Commencez le plus tôt possible
  • Commencez le plus tôt possible à limiter l’accès de votre enfant aux appareils électroniques. Assurez-vous qu’il en apprenne le langage et le fonctionnement, et qu’il s’en serve bien sûr. Et en même temps, veillez à ce qu’il n’ait pas un accès illimité aux écrans, internet et réseaux sociaux. (Il n’est jamais trop tard pour commencer. Tant que votre enfant est sous votre toit, vous êtes celui ou celle qui fixe les règles).

Faites-vous de vrais amis
  • Faites-vous de vrais amis. Le genre à qui on peut raconter ce qui se passe vraiment dans notre cœur, notre épuisement, nos doutes. Le genre qui ouvre les bras quand on pleure et qui nous écoute sans nous interrompre. Avec une ou deux amies comme ça, vous aurez beaucoup plus de ressources pour faire face aux colères de vos enfants.

Faites-vous de vrais amis
  • Placez hors de sa portée les appareils électroniques (les vôtres et ceux de votre enfant) pendant les devoirs lorsque cela est possible. Faites la même chose lorsque la famille passe du temps ensemble ou avec des amis ; pendant les repas et la nuit bien sûr. C’est une règle simple qui inculque à nos enfants une façon équilibrée d’utiliser les appareils électroniques. 

Faites-vous de vrais amis
  • Faites régulièrement des activités avec vos enfants. Si on leur donne le choix entre Candy Crush© et une activité (pratiquement n’importe laquelle) avec un de ses parents, tous les enfants choisiront de jouer avec leurs parents. Jaser, dessiner, faire des devinettes, construire une cabane, arroser les plantes ; pas besoin d’un cours en organisation des loisirs ! Et on sait que cet arrêt dans votre journée n’apporte que des bénéfices pour votre santé physique, mentale et émotionnelle. 

Expliquer clairement le rôle de l’appareil
  • Expliquer clairement le rôle de l’appareil dont l’enfant va se servir. Par exemple : « Si tu veux en savoir plus sur les aviateurs la Deuxième Guerre mondiale, on pourrait chercher une vidéo qui en parle sur l’ordi ; ça sert à ça. » « Tu t’ennuies ? Je te donne dix minutes pour chercher des idées sur internet, ça sert à ça. » Ce genre d’explications, faites régulièrement, font comprendre à votre enfant qu’un appareil est un outil et non un mode de vie.

Organisez du répit régulièrement
  • Organisez du répit régulièrement. Faites une liste des personnes que vous pouvez appeler quand vous avez besoin d’un peu de repos. Et appelez-les, de grâce ! Si nous avons un réseau (même tout petit) sur lequel on peut compter, nous serons mieux à même de supporter les contraintes importantes de la vie de parents… et moins tenter d’avoir recours aux écrans pour calmer les enfants. Et donc moins de risque de créer de la négligence émotionnelle sans le vouloir.



Ne passez pas un appareil à votre enfant parce qu’il a des émotions
  • Ne passez pas un appareil à votre enfant parce qu’il a des émotions. Ça lui apprendrait que l’utilisation de l’électronique
    est une bonne stratégie pour échapper à la réalité déplaisante. Ces moments d’émotion sont des occasions précieuses d’enseigner leurs sentiments à nos enfants, de les nommer, de les partager et de les utiliser de manière saine. Ce sont des compétences sociales dont votre enfant aura besoin pendant toute sa vie.

Les colères et les crises sont normales
  • Les colères et les crises sont normales dans le développement normal de tous les enfants. N’utilisons pas ces moments difficiles pour évaluer de nos compétences parentales. Apprendre à vivre une frustration ou un gros chagrin ; les traverser et passer à autre chose, ce sont des moments de développement importants ! 

Les jeux électroniques sont sans doute de bons jeux pour se distraire. Mais rappelons-nous de ne pas utiliser les appareils électroniques  comme moyen de calmer ou d’échapper aux émotions de nos enfants ; obtenir du répit parental ; ou éviter de satisfaire les besoins émotionnels des enfants. Parce qu’alors, il y aurait un risque très sérieux de négligence émotionnelle des enfants. Et aucun d’entre nous ne veut ça.

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