pratiques qui nourrissent l'âme des intervenants sociaux

15 pratiques qui nourrissent l’âme des intervenants sociaux


Les activités et pratiques qui nourrissent l’âme nous reconnectent à notre corps, à notre respiration, à notre feu intérieur. Surtout, ces pratiques nous permettent de retrouver le sens de notre travail. Et Dieu sait que l’âme des intervenant·es sociaux en a besoin! Quand ils forment des rituels, ils renforcent les liens avec nos meilleurs amis, nos partenaires, nos parents, nos enfants. Ils nous rappellent la beauté qui nous entoure en nous permettant de l’aspirer. Tout le monde en a besoin, mais les intervenants sociaux devraient les considérer comme essentiels.


Le secret des pratiques qui nourrissent l’âme : les faire régulièrement

Je propose ici des pratiques qui nous nourriront régulièrement et non pas de temps en temps. Trop d’entre nous tombent « par hasard » sur des activités qui leur font du bien et ne les prennent même pas en note. Si nous avons de la chance, le « hasard » arrivera souvent. Mais si nous n’en avons pas, nous serons des mois à nous vider littéralement de notre feu.Et ce sera beaucoup plus dur de remonter! Le plus important, c’est donc de pratiquer ces rituels nourrissants régulièrement. Même quand nous sommes fatigué·e·s; que nous croyons ne pas avoir le temps; ou que « ça ne me tente pas vraiment ». À partir de maintenant, nous allons prendre soin de nous. Parce que nous en valons la peine. Et aussi parce que personne d’autre ne le fera.


pratiques qui nourrissent l'âme des intervenants sociaux

Sur mesure pour les intervenants sociaux

Vous trouverez ci-dessous 15 pratiques qui nourrissent l’âme des intervenant·e·s sociales et que vous pourrez essayer. Ce ne sont que quelques idées pour vous aider à trouver votre propre pratique régulière.

Déterminez ce dont vous avez besoin: être calmé ou dynamisé? Elles peuvent nous donner tout ce qu’il faut pour relever les défis de la journée; nous rappeler ce qui est le plus important ou encore, nous ramener vers nos forces vives et y puiser.

  1. Consacrez chaque jour quelques minutes à la description du lever et/ou du coucher du soleil. Vous pouvez le faire à voix haute ou par écrit, dans un cahier réservé à cet effet. Laissez ce rituel vous inciter à regarder en avant et à savourer une image plus grande et plus riche.
  2. Déterminez une journée de la semaine (les dimanches?) et le moment de la journée (matin, après-midi, soirée?) et réservez-le à la lecture d’un bon livre (préférez n’importe quel livre à trois épisodes de n’importe quelle télésérie!).
  3. Juste avant de partir travailler, mettez la musique dans le tapis et danser n’importe comment, tout votre fou, pendant cinq minutes! (MA toune de danse du matin avec nul autre que Freddie…)
  4. Avant de repartir vers la maison ou tout de suite en rentrant du travail, écrivez en quelques mots ce qui vous préoccupe à votre travail. Ce pourrait être une personne en particulier ou une situation incertaine. Puis déposer cette note dans une boîte réservée « soucis à lâcher », ou encore brûler ce papier et laissez toutes ces choses trouver leur chemin en dehors de votre tête.
  5. Chaque trimestre, concentrez-vous sur l’acquisition d’une nouvelle compétence ou d’une nouvelle activité. L’idée c’est d’avoir dans notre vie un espace où nous apprenons et découvrons dans le plaisir, mais en dehors de l’intervention sociale. D’ici Noël, essayez-vous à l’aquarelle. Dès janvier, vous pourriez vous lancer dans l’écriture de fiction. En avril, au troisième trimestre, on se met au Taï Chi et cet été, on se fiat un jardin!
  6. Au début de chaque mois, faites une excursion d’une journée dans votre musée préféré. (Trouvez ceux de votre région ici)
  7. Un grand classique, mais toujours très efficace : écoutez une méditation guidée tous les soirs. (vous en trouverez ici et ici)
  8. Laissez votre téléphone portable une journée par semaine et allez jouer dehors avec du vrai monde! (marcher, courir, skier, hockey de rue, construire un fort de neige).
  9. Désigner deux matins par semaine, réglez la minuterie à 2 minutes et dessinez un autoportrait sur un carton grand comme une fiche de notes. Simplement, au crayon, et pas plus de deux minutes. Rangez tous les cartons sans y retourner pendant tout un trimestre; puis ressortez-les. Et voyez le résultat extraordinaire de faire quelque chose d’aussi ordinaire que de dessiner un autoportrai de deux minutes deux fois semaine pendant trois mois.
  10. Lisez un poème par jour. Lentement. Savourez les mots et les images. (je vous suggère ce magnifique livre)
  11. Créez dans votre maison un coin où vous pourrez commencez votre journée, un lieu qui contient des images et des mots qui vous inspirent et vous rappellent que vous avez une valeur inaliénable. Créez un espace qui vous donne la force de faire face aux situations difficiles et passez-y au moins cinq minutes chaque jour.
pratiques qui nourrissent l'âme des intervenants sociaux

Pratiques d’équipe 

  1. Pendant le dîner, une fois par semaine, tous les membres de votre équipe partagent a) quelque chose qu’ils ont apprécié au sujet de leur semaine et b) quelque chose de difficile.
  2. Commencez chaque réunion d’équipe par une bonne blague. Une vraie bonne blague. Chacun et chacune pourrait être désigné à tour de rôle pour la trouver et la raconter.
  3. Faites un repas partage chaque vendredi; ou un déjeuner partage, pourquoi pas? Et la boss apporte des brownies maison. 🙂
  4. Une foispar mois, en réunion d’équipe, chacune et chacun répond à la question suivante: «Qu’est-ce que j’ai appris ce mois-ci? » La réponse n’a pas besoin d’avoir un rapport avec le travail…
  5. Placez un nez rouge (ou plusieurs) bien visible dans un endroit accessible. L’idée c’est d’inviter les intervenants sociaux qui ont besoin d’un remontant à enfiler ce nez rouge. L’effet est souvent instantanné! On pourrait aussi décider de l’enfiler pour aller remonter un collègue qui rencontre un noeud dans son travail.

Parmi toutes ces pratiques qui nourrissent l’âme, laquel vous tente le plus. Faites juste l’essayer pendant quelques semaines pour voir ce que vous en tirer. Quel rituel nourrissant allez-vous commencer à pratiquer? Cette semaine?
Aujourd’hui? 

La puissance des rituels

On sous-estime souvent la puissance des rituels dans notre quête du sens de la vie. Par exemple, plusieurs se demandent pourquoi, chaque année, Mariève met les tomates de son jardin en conserve. Les boîtes de tomates ne sont-elles pas en spécial régulièrement à l’épicerie? Pourquoi se donner tout ce mal ? Parce que cette journée passée à ébouillanter les tomates, les peler puis en faire la mise en conserve, est un rituel  qui nourrit le coeur et l’âme de Mariève.

« Cette journée annuelle passée à faire mes conserves est comme un temps suspendu au milieu de la frénésie habituelle. Peler les tomates est infiniment méditatif; cela demande de la lenteur et de la concentration. Et puis, quelle joie de nourrir ma famille et mes amis avec ces tomates mises en conserve! »

Mariève

Les rituels nous encrent et nous ramènent au moment présent. Ils marquent les cycles de la vie et nourrissent notre sentiment d’appartenance, notre identité. Toute la puissance des rituels se trouve dans le temps qu’on leur réserve, les personnes avec lesquelles nous les vivons et le sens des gestes qu’on y pose. Il y a des rituels dans toutes les liste de bonheurs!

Pour les grands et les petits

Les enfants y trouvent la construction de leur identité culturelle, bien sûr. Mais plus encore, les rituels donnent du sens aux événements, aux fêtes, aux transformations. Pour les grands comme pour les petits, ils nourrissent une vie spirituelle essentielle. C’est à dire qu’ils nous relient à quelque chose de plus grand que nous, tout simplement. 

Peut-être que votre rituel est aussi simple que le souper du dimanche soir avec toute la famille réunie autour de la table, malgré les horaires de chacun. C’est peut-être une promenade très matinale à savourer
l’air frais, la solitude et le silence. Quelques minutes de yoga en vous levant ou tous les soirs avant de vous coucher forment peut-être un rituel nourrissant pour vous. 

la puissance des rituels

C’est peut-être de cuisiner une pizza maison tous les vendredis avec vos enfants. Ou encore le petit déjeuner du samedi matin. Vous croyez peut-être que vous n’avez pas de rituel, mais vous jouez aux basket avec vos deux filles tous les dimanches avant souper. Consacrez-vous une journée à préparer des croustades aux pommes après être allés les cueillir ?

La puissance des rituels

Pour trouver votre rituel, vous pourriez commencez par réfléchir à ce qui vous nourrit et vous soutient. Pensez à ce qui vous inspire et vous donne le sentiment de vous élever. À ce que vous avez toujours voulu essayer. La puissance des rituels se trouve dans les gestes qui ont du sens pour nous et un effet de nourrissement. Leur valeur ne tient pas au prix qu’ils coûtent ou aux heures qu’ils demandent. Pensez à ce qui vous dynamise ou vous calme. Pensez à ce qui vous relie à ce qui est le plus important.

Certains rituels sont hebdomadaires et rythment nous semaines en nous permettant de refaire le plein. D’autres sont mensuels comme votre souper de fille. Nous avons besoin de tous ceux-là et aussi de rituels annuels; comme la journée de cuisine avant Noël, les conserves de tomates de Mariève ou le voyage au Bic de notre enfance à courir sur les rochers qui nous ont vu grandir. Une chose est certaine, la puissance des rituels comble quelque chose que rien d’autre ne peut combler.

la puissance des rituels

Et si vous n’aviez pas le temps?

Oui, je sais, il y a cette réunion obligatoire, cet engagement professionnel, un enfant à ramasser, une course à faire. J’ai tout ça moi aussi et plein de choses qui remplissent mon calendrier.

Mais je sais aussi que vous pouvez trouver une façon de préserver du temps si vous le décidez. Et une fois que vous l’aurez fait, vous serez étonné de ce que ces rendez-vous, avec vous-mêmes ou d’autres personnes, auront comme effet. Cela aura un impact sur votre corps, votre esprit, vos amitiés et votre vie de famille. Ça vous fera ralentir, vous détendre, réaligner vos priorités. La puissance des rituels change les choses exactement au niveau exact où elles doivent être changées.

Nous avons tous et toutes besoin de rituels qui nous gardent liés à ce qui importe le plus. Des rituels qui nous ramènent à la fois au centre de nous-même et au coeur de notre communauté. S’il-vous-plaît, racontez-moi vos rituels, avec ou sans vos enfants. Ça nous aidera tous et toutes à trouver les nôtres.

Journal de gratitude

La fête de l’Action de grâce est sans doute un jour désigné pour exprimer et ressentir de la gratitude. Mais en faire une expérience quotidienne avec un journal de gratitude, c’est comme se shooter chaque jour aux endorphines et à la sérotonine. Les parents en ont besoin. Les intervenant·e·s aussi, peut-être plus que jamais. Et tous les enfants en ont grandement besoin.

La gratitude qui guérit 

Les bénéfices de la gratitude exprimée et ressentie ne sont plus à démontrer (1) : plus grande paix d’esprit, meilleures relations interpersonnelles, meilleur sommeil, réduction des douleurs physiques, plus grand sentiment de bien-être et meilleure capacité à faire face au changement, entre autres bénéfices.

On peut remercier des personnes pour plusieurs choses ; comme un bon repas, un appel qui fait du bien. Mais pas à propos du soleil et de la pluie qui a permis de faire pousser les légumes de notre repas ; ou l’occasion offerte d’aider quelqu’un et d’en ressentir un immense bien-être. La gratitude envers quelque chose de plus grand que nous a un impact important sur le sentiment de bien-être, et diminue l’anxiété de façon spectaculaire. Mais à qui ou à quoi nous adressons ce merci n’est pas si important, et on n’a pas besoin d’avoir la foi pour expérimenter ce puissant sentiment qu’est la reconnaissance. Voyez-vous, c’est l’expression du sentiment lui-même qui compte ; c’est l’expérience ressentie qui nous transforme.

Un journal de gratitude

Pourquoi ne pas se tremper dans ce sentiment chaque jour ? L’idée d’un journal de gratitude est bien sûr de nous permettre de vivre de la gratitude chaque jour, sur une base régulière. Mais cette activité quotidienne crée un espace où notre attention se porte sur ce qui est bon ; ce qui nous fait du bien ; les personnes et les choses qui participent à notre bonheur. Au bout d’un certain temps à porter notre attention sur nos sujets de gratitude, celle-ci nous viendra aussi naturellement que la respiration. Notre santé mentale et physique ne pourra que s’améliorer visiblement.

Il y a bien des façons de tenir un journal de gratitude.  On peut se procurer un beau cahier neuf et commencer aujourd’hui même. On pourrait aussi garder nos post-its à portée de main et simplement écrire nos grâces à mesure. À la fin de la journée, on pourrait les coller sur le mur de notre choix dans la maison.

Les enfants

Les enfants apprécient particulièrement cette manière de faire avec les petits papiers autocollants.  Vous pourriez prendre de simples carrés de papier de couleur et utiliser de la gommette pour les faire tenir sur le mur.

Journal de gratitude

Avec les enfants qui ne savent pas encore écrire, on peut leur demander de dessiner ce pour quoi ils veulent dire merci et choisir un ou deux mots que nous écrirons pour eux sur ce dessin.

Il existe de nombreux cahiers déjà formatés en journal de gratitude. Mais vous n’avez pas besoin d’en acheter. Un simple carnet peut faire l’affaire, du moment qu’il vous plaît. Ce n’est pas le plus important. Parce que tout le monde sait que ce qui compte vraiment, ce n’est pas de commencer ce journal. C’est de le poursuivre.

Quelques balises pour tenir bon

Soyez spécifique

Plus vous serez spécifique, moins ce sera ennuyeux. Peut-être écrirez-vous « Merci pour mon amoureux » le premier jour. Et le deuxième. Rendu à la fin de la semaine, vous trouverez la répétition tellement ennuyeuse que vous y mettrez fin. Rappelez-vous également que plus l’objet de ma reconnaissance est précis, plus je peux me rappeler clairement ce moment et ressentir la joie qui s’y trouvait. Au lieu d’écrire « Merci pour mon amoureux », on pourrait écrire « Merci pour la façon dont mon amoureux me salue le matin en entrant dans la cuisine ; avec tellement de joie qu’il me fait me sentir comme un cadeau. »

Les enfants auront besoin d’aide pour préciser leur sujet. Aidez-les. En répétant toujours le même merci tous les soirs, nos enfants vont non seulement s’ennuyer, mais perdre le sens de la gratitude. Et il est beaucoup plus facile à garder qu’à retrouver.

journal de gratitude
Réfléchir c’est bien, ressentir c’est mieux

On peut tous dresser une liste de remerciement dans un journal de gratitudes en moins de trois minutes. Mais si nous nous attardons sur une gratitude en particulier en retournant dans ce souvenir, ce contexte, cette situation. En prenant notre temps, surgit le sentiment de gratitude ; une sensation faite d’émerveillement et de communion. En attendant un peu plus longtemps cette sensation, nous savons qu’elle vient d’un endroit plus profond. C’est la meilleure façon de réaliser un journal de gratitude.

Prenez un moment pour en faire l’expérience vous-même.

Pour quoi êtes-vous reconnaissant ? Vraiment. Maintenant.

La main sur votre cœur. Allons-y. Ressentez cette sensation au fond de vous.

C’est de la gratitude.

La réflexion vient généralement rapidement, mais le sentiment prend un peu plus longtemps. Attendre l’émotion — l’émerveillement et la communion — fait toute la différence lorsque le stylo touche le papier.

Mais écrire quoi ?

Au début, c’est facile de trouver les bonnes choses de notre vie. Mais au bout de quelques jours ou quelques semaines, on rencontre parfois une sorte de blocage et nous avons de la difficulté à trouver de nouvelles pistes pour notre gratitude.

Plusieurs déterminent des champs d’exploration (voir ci-dessous) et choisissent d’explorer un de ces champs par jour avec différentes questions. 

  • Mes relations et mes ami·e·s
  • Ma famille (biologique ou de cœur)
  • Les choses que j’aime de moi
  • La nature et le monde naturel
  • Les opportunités dans ma vie
  • Les choses que j’apprends (ou que j’ai apprises)
  • Ma vie amoureuse
  • Les objets dont je jouis

Peut-être est-il temps de vivre la gratitude et tout ses bienfaits régulièrement. Ça change notre vision du monde, de nous-même et de l’avenir. Pour le meilleur!

(1) Bono, Giacomo, Robert Emmons, et Michael E. Mccullough. Gratitude in Practice and the Practice of Gratitude, 2012. https://doi.org/10.1002/9780470939338.ch29.

réussite scolaire et mentalité de croissance

Mentalité de croissance: le talent importe peu

J’ai longtemps cru que les compliments nourrissaient l’estime de soi. J’ai louangé les talents de mes enfants. Hé bien, je me trompais. Je ne savais pas encore comment nourrir une mentalité de croissance. J’ai cru que c’est le succès qui construit une image positive de soi. Ce sont donc les résultats que je félicitais. Et devant Joël qui lisait Jules Vernes, Stevenson et Moore à 9 ans, je criais au génie. Quand Jérémie s’est mis à faire des multiplications à trois chiffres en deuxième année,  hourra! Je déversais sur lui des tonnes de compliments pour sa « bosse » des maths qui annonçait une grande persévérance scolaire. Quand Raphaëlle a obtenu le premier rôle en ballet classique à 5 ans, nous avons tous fait une ovation à son talent naturel.  Nous nous sommes tous trompés.

N’est-ce pas ce qui nous vient en premier ? « Tu es vraiment brillant ! » « Tu as du talent ! » « Incroyable, ce que tu es capable de faire ! » « T’es vraiment bon en français, toi » Ou en soccer. Ou en dessin. J’ai entendu cela mille fois dans des groupes de parents; des fêtes de famille; des réunions de parents ou des rencontres de mères. Je l’ai dit moi-même très souvent. Ne vous méprenez pas : le talent était réel, les capacités vraiment grandes et l’intelligence patente.

Mentalité fixe et mentalité de croissance

Mais quand ces enfants ont vieilli un peu, je les ai vus s’effondrer de plus en plus souvent devant l’échec. Alors, j’ai commencé à avoir des doutes. Devant l’invitation à relever ses manches et recommencer, ils résistaient avec entêtement; rejetant souvent la faute sur la situation ou une autre personne.

mentalité de croissance talent importe peu

« Moi, je ne suis pas bon en sport » « Les maths, c’est pas pour moi ». Ils refusaient de plus en plus souvent d’essayer des choses nouvelles et j’ai compris qu’ils avaient peur de l’échec. Quand on réussissait à les convaincre d’essayer une nouvelle activité au moins une fois, ils réussissaient du premier coup ou alors, ils abandonnaient tout de suite. En fait, plus les enfants étaient talentueux, brillants, intelligents et doués, plus l’échec les terrorisait. Et cette terreur les paralysait. Ça s’appelle avoir une mentalité fixe. Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?

Le talent n’empêche personne de s’affondrer

Carol Dweck, psychologue chercheure à l’université de Stanford, s’est demandé elle aussi pourquoi de nombreux enfants extrêmement talentueux et reconnus comme tels avaient une estime de soi à zéro et des résultats nettement en-dessous de ce qu’ils devraient être capables de faire. Ses recherches sont passionnantes [i] et nous apprennent, entre autres, ce qui motive les enfants devant les difficultés. Ce ne sont pas les compliments sur leur intelligence et leur talent et encore moins les félicitations devant un bon résultat. Cela, au contraire, les rend fragiles face à la pression et l’adversité. Ils s’attendent à ce que ce soit leur talent qui leur permette de traverser les difficultés; ce qui ne s’avère pas, évidemment. Ils n’apprennent donc pas à chercher des solutions et à les essayer. Tout cela crée un obstacle majeur à la persévérance scolaire.

Féliciter les processus est un facteur majeur de persévérance scolaire

Ce qui développe l’estime de soi et la motivation nécessaire pour avancer malgré la difficulté et l’échec, ce sont les compliments sur les stratégies, l’effort et leurs processus. Peu importent les résultats. C’est ce qu’on appelle développer une mentalité de croissance. En applaudissant leur travail, leurs différentes tentatives de résoudre les difficultés, leurs progrès, nous leur apprenons que c’est l’effort, la pratique et le travail, qui permettent d’aller là où on veut aller. Nous leur apprenons vraiment que l’échec est une occasion d’apprendre. Nous leur apprenons aussi que la plus grande portion de satisfaction et d’estime ne se trouve pas dans le succès comme tel, mais dans la route qui y mène. Dans le sentiment d’avoir progressé. C’est peut-être la clé de la persévérance scolaire. Vous toruverez ici quelques exemples.

Il nous faut arrêter de leur dire qu’ils sont brillants : cela les enferme dans une toute petite boîte. En les félicitant pour leurs essais, leurs modes de travail et leurs stratégies pour résoudre le problème, nous abattons les parois de la boîte. Et nous leur transmettons une mentalité de croissance.

Alors, ils ont la place qu’il faut pour apprendre. Toute leur vie durant.

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[i] Mindset: the new psychology of success, C. Dweck, PhD,  Random House Edition, New York, 2006

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