compassion d'un enfant

La compassion d’un enfant

La compassion et l’empathie sont innées chez les enfants, nous le savons depuis longtemps. Elle apparaît chez les enfants dès l’âge de 18 mois et, avec elle, la compasssion se manifeste. Et elle est contagieuse. L’autre jour, j’ai vu toute une salle d’urgence être contaminée par la bonté d’un enfant de 5 ans.

Mathis attendait patiemment sur la chaise en plastique de la salle d’attente, serrant Charlie, son lapin de coton, contre son visage. Après une mauvaise chute, ses parents avaient filé à l’hôpital et toute la famille attendait son tour en radiologie. Trois rangés plus loin, un enfant de trois ans pleurait à chaudes larmes depuis un petit moment déjà. Visiblement fiévreux, il en avait marre et voulait à la fois être sur sa mère et ne pas y être. Vous voyez ce que je veux dire?

La réponse du corps à la compassion et l’empathie

Mathis l’a d’abord regardé avec attention. Puis, sur son visage, j’ai vu apparaître lentement la bienveillance et l’empathie. Si vous êtes un tout petit peu attentif, vous verrez l’empathie apparaître littéralement. D’abord les traits s’adoucissent, les sourcils se soulèvent un peu, les lèvres se desserrent et le corps se penche légèrement vers l’objet de sa compassion. Tout cela sans que Mathis ne s’en aperçoive. Je suis concerné par la souffrance de l’autre, voila le message qui déclenche spontanément une série d’actions dans tout le corps. À cinq ans, Mathis manifeste déjà tous ces signes de compassion et d’empathie. Le chagrin de ce petit enfant inconnu lui donne accès à cette habileté millénaire de l’humanité : la compassion et l’empathie.

Dès cet instant où l’on reconnaît la souffrance de l’autre et qu’on se sent concerné par elle, le cortex moteur se met en branle et nous inspire le désir de la transformer. Si l’on avait pu voir le cerveau de Mathis à ce moment-là, on aurait vu qu’il sécrétait de l’ocytocine, l’hormone de l’empathie qui nous donne envie d’aller vers les autres et de les aider. On aurait vu aussi une intense activité d’intégration neuronale. Ça veut dire, très simplement, que l’exercice de la compassion améliore notre capacité à comprendre tout le reste de la vie! On verrait le nerf vague de Mathis ralentir son rythme cardiaque et la respiration, et son système immunitaire être boosté. Le corps génère une séquence de réponses physiologiques qui stimule et soutient la compassion des humains. Si cela n’est pas merveilleux, alors je ne sais pas ce qui l’est.

Merveilleux et fragile

C’est vrai pour les enfants de 18 mois; et c’est vrai pour nous aussi. Sauf que plusieurs choses perturbent ce fabuleux système de réponse devant la souffrance. D’abord les normes culturelles, les tabous et les traditions Par exemple si on vous a appris que les gens de la ville sont dangeureux, vous aurez bien de la difficulté à vivre de l’empathie au centre-ville. Ensuite les préjugés, les stéréotypes. Dans une culture raciste par exemple, l’empathie aura beaucoup de difficulté à surgir devant la souffrance ou la détresse d’une personne racisée. Finalement notre histoire personnelle également. Car si nous avons dû survivre tout seul, il y a bien des chances que notre cerveau perçoivent les autres comme des menaces. Dans ce cas, la compassion et l’empathie ont très peu de chance de se manifester.

Le spectacle de la compassion d’un enfant

De retour dans la salle d’attente de l’urgence, le désir d’agir sur la situation avait maintenant atteint un point limite pour Mathis. Sans un mot, il a laissé glisser ses fesses de la chaise jusqu’à ce que ses pieds touchent le sol. Et Alors, tenant Charlie contre son cœur, il a marché vers le Petit-Inconnu de trois ans. Tout le monde avait les yeux fixés sur lui; tous surpris par cette rupture avec la convention qui veut que tout le monde fait comme s’il n’y avait personne d’autre; on évite le regard des autres. Mathis lui, ne l’a pas quitté des yeux. Et là, il marche jusquà Petit-Inconnu. Immobile pendant une seconde, il tend finalement Charlie, à bout de bras, à ce petit enfant qu’il n’a jamais vu de sa vie.

la compassion et l'empathie et la compassion d'un enfant

Les pleurs ont cessé immédiatement. Après trois ou quatre secondes d’immobilité totale, Petit-Inconnu a tendu la main vers le lapin pour s’en saisir. Et les deux garçons se sont regardés comme s’ils étaient seuls au monde. Et sans doute l’étaient-ils…

Les recherches ont démontré que la compassion se manifeste envers des individus et pas des idées. Mathis n’aurait jamais eu envie d’offrir quelque chose pour « les enfants malheureux », mais il a donné son lapin préféré pour ce petit garçon-là. Un petit garçon en chair et en os, qui pleurait et dont Mathis voyait la souffrance.

Notre humanité résonne à l’humanité de l’autre

C’est pour la même raison que 75% des soldats en zone de combat refuse de tirer sur un ennemi devant eux et dont ils voient les traits du visage: parce que c’est notre propre humanité qui résonne devant l’humanité de l’autre.

Sur le visage de Mathis, une profonde et joyeuse satisfaction irradiait. Son père a passé sa main dans les cheveux de ce fils dont il est fier. Pas un mot de plus. Et c’est suffisant pour que le sentiment de perte d’un objet tant aimé soit considérablement réduit et disparaisse presque derrière le sentiment de joie qu’à généré son acte. Les recherches ont démontré que plus l’acte de gentillesse demande d’effort et plus il est coûteux, plus il apporte de satisfaction et de joie. Offrir son lapin préféré est extraordinairement coûteux pour un enfant de 5 ans.

C’est pour cette raison que Mathis est rayonnant: parce que son lapin Charlie a de la valeur pour lui. Une chance que le papa de Mathis a retenu à temps la maman qui s’élançait pour empêcher l’offrande! (Mais c’est son toutou préféré!!!) Donner quelque chose qui n’a aucune valeur pour nous, ce n’est pas un acte de générosité, c’est du recyclage. En lui caressant la tête silencieusement, au lieu de le couvrir d’éloges, le papa a préservé cette empathie naissante chez Mathis. On sait aujourd’hui que les sentiments de vanité et de fierté mettent fin à la séquence physiologique: fin du sentiment de satisfaction, accélération des battements cardiaques et du rythme respiratoire, dépression du système immunitaire. Ça veut dire que si ses parents s’étaient pâmés de compliments devant son incroyable générosité, Mathis aurait perdu tous les bénéfices de l’empathie qu’il porte. La bienveillance et la bonté d’un enfant sont des choses fragiles.

La compassion et l’empathie améliorent la santé

Le plus beau, c’est que les recherches ont prouvé ce que vous savez déjà: la compassion et l’empathie sont contagieuses. Plus on y est exposé, plus nous posons nous-mêmes des gestes de compassion. Donc, si je laisse monter l’empathie en moi, j’active un système physiologique qui préserve la santé de mon cœur; augmente l’efficacité de mon système immunitaire; apporte un sentiment de joie et de satisfaction; et, en plus, facilite le déclenchement de la même séquence physiologique chez ceux qui m’entourent! Ça vaut la peine de se lâcher lousse, vous ne croyez pas ?

Quand j’ai vu Mathis donner son lapin puis rayonner de joie, je me suis rappelé que la compassion est innée. Et que ce sont les interventions des tiers qui l’affaiblissent et finissent par l’engourdir complètement. Quand on se fait dire « qu’on ne fait pas ça »; quand on se fait retenir par le bras au moment où on veut s’avancer vers une personne couchée par terre, par exemple. Ou encore, chaque fois que j’ai vu mes parents passer devant une personne itinérante et faire un effort pour ne pas la regarder. C’est comme ça qu’on engourdit l’empathie, le plus puissant système d’entraide de toute l’histoire de l’humanité, gratuit, efficace et qui améliore notre santé.

La prochaine fois que votre enfant manifestera le désir d’aider quelqu’un, ça vaudrait la peine de faire un effort pour le laisser faire. La compassion d’un enfant est contagieuse. Alors, laissez-vous contaminer! Quand l’empathie ralentira vos battements cardiaques, laissez-vous faire. Même si « ça ne se fait pas ici ».  Même si c’est difficile. Ou que ça coûte quelque chose. Même si ça prend du temps sur notre propre agenda et qu’il faudra manquer notre bus.

Tout simplement parce que la compassion et l’empathie rendent la vie meilleure pour tout le monde.

3 conseils de parents

Les 3 meilleurs conseils de parents

À l’automne 2016, j’ai sondé le cœur de 500 pères et mères. Je leur ai demandé quels étaient les trois meilleurs conseils de parents qu’ils et elles aimeraient faire passer à tous ceux et celles qui viennent d’accueillir un nouveau-né. Quelles sont les trois choses les plus importantes qu’ils aimeraient dire aux jeunes parents ? Mais pas plus de trois.

Ha! C’est qu’il y a beaucoup à dire sur la vie de parent. Beaucoup à apprendre surtout. Et chaque leçon nous coûte un peu plus de temps et d’énergie que les précédentes. Comme nous aimerions pouvoir, en trois conseils de parents, éviter à ces jeunes toutes les erreurs que nous avons faites! Mais nous savons maintenant que ces erreurs font partie de ce qui nous a modelés et façonnés afin de devenir les parents que nous sommes. Il n’y a pas de raccourcis sur ce chemin d’apprentissage. On peut bien travailler fort pour ne « pas faire d’erreur », mais c’est encore la meilleure façon d’apprendre.Voici les trois meilleurs conseils, livrés par des centaines de parents expérimentés. Leur sagesse mise à la disposition de ceux et celles qui les suivent.

Conseils de parents pleins de compassion

Dans les réponses que j’ai reçues, il y avait beaucoup de compassion. Une profonde bienveillance pour ces nouveaux parents qui abordent les rivages de la parentalité avec toutes leurs convictions et leur enthousiasme. Mais aussi avec leurs craintes et leurs angoisses. Tous ces répondant·es, touché·e·s au souvenir de leur propre fragilité, ont aussi manifesté beaucoup d’humour. Et n’en faut-il pas beaucoup, en effet, pour réaliser cette grande expédition du parentage sans y laisser sa santé mentale ? Plusieurs aussi ont porté sur la répartition des tâches dans le couple parental… ou l’absence de partage des tâches! 🙂

Je n’ai pas pu vous présenter tous les conseils et commentaires que j’ai reçus, car la condition était de n’en proposer que trois. Voici donc les 3 conseils de parents qui sont revenus le plus souvent. En fait, presque tout le monde les a nommés, d’une façon ou d’une autre. Considérez-les comme le fruit des centaines d’années d’expérience que représentent, mis ensemble, l’expérience de ceux et celles qui vous les offrent. 3 conseils de parents

actes de gentillesse

Développer l’empathie des enfants

 

L’empathie des enfants est innée, le saviez-vous? Les dernières recherches ont démontré que Piaget avait tort; l’empathie des enfants se développe bien avant le stade opératoire concret (vers l’âge de 7 ans). Même très jeunes, les humains manifestent spontanément le désir d’aider les autres.  On peut l’observer ici le plus simplement du monde chez l’enfant de 18 mois.  Alors comment se fait-il que nos jeunes ados et même les jeunes adultes semblent manifester si peu cette tendance? On les trouve généralement égoïstes, mais je ne suis pas certaine du tout que ce soit vrai. Sauf que si l’empathie des enfants est innée et que les jeunes adultes ne semblent pas la manifester, alors on peut se demander comment ils ont fini par arrêter de poser tous ces petits actes de gentillesse. Une partie de la réponse est très simple.

L’empathie des enfants et les actes d’aide et de gentillesse

Ce sont généralement les adultes qui bousillent la gentillesse naturelle des enfants et nuisent à leur empathie. Évidemment, on ne le fait pas volontairement! On croit probablement qu’il faut « apprendre » l’empathie aux enfants au lieu de lui permettre de se développer. Ainsi, on interfère avec un processus naturel. Et alors, le processus fonctionne moins bien, voire même, plus du tout. Voilà pourquoi il est inutile d’essayer de convaincre un enfant que poser des actes de gentillesse apporte de la joie. Tout ce qu’on a à faire, c’est de lui permettre d’expérimenter cette joie! Et voici comment. Les résultats d’une étude canadienne, réalisée en 2012, suggèrent trois choses étonnantes qui devraient changer notre façon de faire.

1) Donner rend les enfants heureux

Non seulement l’empathie des enfants est spontanée, mais en plus elle augmente le sentiment de joie. En effet, chaque fois qu’un enfant pose l’acte d’aider ou de donner, le cerveau sécrète un petit cocktail de bien-être : dopamine et endorphine. La récompense est donc instantanée et liée directement à l’acte. C’est vrai aussi chez l’adulte : souvenez-vous de votre sentiment la dernière fois que vous avez ouvert la porte à quelqu’un qui avait les bras chargés ou aidé un enfant perdu dans la foule à retrouver ses parents. (OMG! C’était quand la dernière fois?)

La récompense est dans l’acte lui-même. Et c’est pour ça que si on nous remercie d’avoir aidé quelqu’un à ramasser ses papiers qui s’étaient éparpillés par terre par accident, nous répondons « ça me fait plaisir ». C’est parce que ça fait vraiment plaisir! On se sent bien quand on réalise des actes de gentillesse. N’est-ce pas vraiment chouette de comprendre que notre cerveau est construit pour manifester de l’empathie!

l'empathie des enfants et actes de gentillesseComment soutenir l’empathie des enfants une fois qu’on sait cela? Peut-être faut-il leur permettre davantage d’aider et d’offrir son aide. Si on ralenti un peu notre réponse, face aux petites difficultés, peut-être que les enfants auront le temps de nous offrir leur aide. Et alors, comme dans la vidéo, ils pourront poser l’action que leur nature même leur dicte : aider.  Peut-être pouvons-nous compter davantage sur eux et sur leur aide plutôt que de leur offrir un environnement où l’adulte résout tous les problèmes tout seuls. Et j’y pense, la participation des enfants aux tâches ménagères n’apparait-elle pas alors comme une activité de développement de l’empathie des enfants ?

2) Plus l’acte de donner est « coûteux », plus il génère de joie chez l’enfant qui donne

Cette étude a également mis en évidence que plus l’acte de gentillesse demande d’effort, plus il apporte de la joie. C’est-à-dire que plus l’enfant doit « travailler » pour aider, plus ça le rend heureux. Par exemple, imaginons que j’échappe une épingle à linge par terre. Mon petit la voit tomber, me voit vouloir la ramasser et s’avance spontanément pour m’aider en la ramassant. Plus ce sera difficile pour lui de prendre l’épingle à linge dans ses doigts, plus son cerveau va sécréter le cocktail du bonheur. L’empathie des enfants se développe donc aussi dans l’effort.

C’est donc dire que chaque fois que nous facilitons les choses à l’enfant qui veut se rendre utile ou faire plaisir ou aider, nous nuisons au mécanisme de récompense qui vient avec l’empathie des enfants. Quand un enfant veut partager sa collation et que nous l’en empêchons en en fournissant davantage afin qu’il ne se prive pas, nous nuisons au développement de sa gentillesse. Quand on les soulève pour les aider à atteindre la personne qu’ils veulent aider, au lieu de les laisser fournir un plus grand effort, nous nuisons au développement naturel de l’empathie des enfants.

3) Les félicitations de l’adulte pour les actes de gentillesse RÉDUISENT immédiatement la joie et DIMINUENT la fréquence et l’intérêt de donner dans l’avenir

Cette étude a également mesuré l’impact des félicitations de sur l’empathie des enfants. On s’est rendu compte que les enfants qu’on félicitait pour avoir été gentils étaient moins portés à aider encore ensuite. Comme si les félicitations annulaient l’effet positif du plaisir généré par l’acte de gentillesse. Il ne s’agit pas ici de remerciements. Les remerciements pour avoir obtenu de l’aide d’un enfant soutiennent son empathie. Il s’agit plutôt des félicitations directes pour avoir été gentil : « Tu es donc ben gentil! Bravo! Tu es vraiment gentil de m’aider! » Alors que le remerciement tout simple renforce les liens affectifs (voir la recherche de Robert A. Emmons), les félicitations retirent toute satisfaction affective pour être venu en aide à un autre. L’empathie des enfants se nourrit donc de simples remerciements.

C’est encore une fois tout aussi vrai pour l’adulte. C’est pourquoi les personnes qui reçoivent une médaille pour avoir plongé dans l’eau de la rivière et sauvé la vie de quelqu’un sont si mal à l’aise et tentent de repousser les félicitations (J’ai simplement fait ce qu’il fallait faire). En fait, ils veulent nous dire : arrêtez de vider cet acte de la valeur qu’il a pour mon humanité. Vous êtes en train de faire disparaître ma joie et ma satisfaction !
Donc, où cela nous mène-t-il à propos des actes de gentillesse et l’empathie des enfants en général?

La prochaine fois que notre enfant voudra aider quelqu’un, laissons-le faire un peu plus. Même si c’est difficile, même si ça lui coûte quelque chose, même si ça lui prend du temps pour ses propres affaires. Et si jamais on vous aide, dites simplement merci, puis taisez-vous! Laissons les enfants, les ados et les tous les autres connaître la joie et la satisfaction qui viennent avec les actes de gentillesse. L’empathie des enfants est tellement précieuse. 🙂

pratiques qui nourrissent l'âme des intervenants sociaux

L’art de l’intervention : règles pour les intervenants

Y a-t-il vraiment des règles de l’art en intervention ? Cette liste des 10 règles pour les intervenants, dans tous les cas, a d’abord été celle de règles de création artistique. Ces deux mondes ont plus en commun qu’on pourrait le croire. D’abord, l’intervention sociale est aussi un art, en ce sens qu’il est créateur de pouvoir, de liens et de solutions. Ensuite, puisque la vie est un acte de création, j’aime croire que ces règles sont aussi celles qui permettent à notre vie d’être une œuvre riche. Les règles pour les intervenants sont donc les mêmes que celle des artistes. Lisez-les avec cet angle de vue et peut-être que vous arriverez, comme moi, à la conclusion que l’art, la vie et la création ne sont qu’une seule et même chose, finalement.

Cette liste a donc d’abord été rédigée en 1967-68 par sœur Mary Corita Kent, artiste remarquable et éducatrice hors du commun.  Son œuvre est puissante et sa pédagogie unique! Un mélange rare. Car, en art comme en intervention sociale, il ne suffit pas d’avoir survécu à la souffrance pour être capable d’aider les autres à en sortir. Ce sont deux choses différentes qui font appel à des capacités différentes. Et s’il est vrai que l’expérience est souvent précieuse, disons tout de suite que le courage et la lucidité le sont sans doute davantage.

Règles de l’art en intervention

L’idée d’aider les faibles à devenir forts n’est pas seulement de nature humaniste. Elle est révolutionnaire. En effet, soutenir la reprise de pouvoir des personnes est totalement subversif dans une société qui fait rentrer tout le monde dans le même moule parce que c’est plus payant. Ce qui n’exclut pas que le message de changement radical en soit aussi un de justice et de paix. Tel était celui de Mary Corita Kent; et d’une telle puissance, qu’il a fait de cette religieuse hors du commun, une figure de proue de la contre-culture dans les années 60′ et 70′.

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Sœur Mary Corita Kent, 1967

Ses règles sont issues d’un de ses projets de classe, alors qu’elle enseignait au collège Immaculate Heart Convent à Los Angeles. On raconte que la dixième règle doit être attribuée à John Cage, un ami de sœur Corita; un immense compositeur de musique qui s’est également illustré comme philosophe à la même époque.

 

Règles pour les intervenants

J’ai traduit librement cette liste pour en faire une liste de règles pour les intervenants. J’ai simplement remplacé les mots étudiant par personne et enseignant par intervenant. Et peut-être serez-vous surpris comme moi de voir à quel point elle peut être utile en intervention sociale. Chacune de ces règles pour les intervenants pourrait faire l’objet d’un livre! Il y a dans chacune tout un champ à méditer et à travailler. Et je ne me prive pas de le faire. Cette liste des 10 règles pour les intervenants me rappelle plusieurs repères de la voie que je veux emprunter pour être utile aux autres. Puisse-t-elle vous inspirer vous aussi 🙂 Vous trouverez la version originale ici.

 

10 règles essentielles d’intervention

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1

Trouvez une place qui vous inspire confiance et essayez ensuite de faire confiance en retour pendant un bon moment.

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2

En gros, le travail d’un client consiste à tirer tout ce qu’il peut de son intervenant; tirer tout ce qu’il peut de ses compagnons de route.

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3

En général, le travail d’un intervenant consiste à tirer tout ce qu’il peut de ses clients.

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4

Considérez tout comme une expérience.

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5

Soyez autodiscipliné — ce qui veut dire trouver des personnes sages et brillantes, et choisir de faire comme elles. Être discipliné veut dire faire comme elles de la bonne façon. Être autodiscipliné veut dire faire comme elles, mais d’une meilleure façon.

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6

Il n’y a pas d’erreur. Pas de réussite, pas d’échec. Il n’y a que l’action de faire.

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7

La seule règle, c’est de travailler. Si vous travaillez, vous arriverez à quelque chose. Ce sont les gens qui font tout le travail tout le temps qui finissent par comprendre les choses.

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8

N’essayez pas de créer et d’analyser en même temps. Ce sont des processus complètement différents.

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9

Soyez heureux chaque fois que vous le pouvez. Soyez content de vous! C’est plus facile que vous ne le croyez.

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10

Nous devons briser toutes les règles. Même nos propres règles. Et même ces règles pour les intervenants. Comment y arrivons-nous? En nous laissant tout l’espace nécessaire pour le faire. 

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Un dernier petit panier de conseils en vrac : Restez attentif. Essayez toutes sortes de choses. Assistez à toutes vos formations. Lisez tout ce qui vous tombe sous la main. Regardez tous les films que vous pouvez, attentivement. Et gardez tout : ça pourrait servir plus tard.

 

 

[alert style= » warning »] Consulter la liste complète des formations offertes en intervention sociale [/alert]

 

 

 

 

 

 

 

 

Leçon d'intervention

Leçon d’intervention : porter les sacs d’épicerie

Il y a plus d’une vingtaine d’années, j’ai reçu une grande leçon d’intervention : porter les sacs d’épicerie chaque fois que nous le pouvons. Elle m’a marqué pour le reste de toute ma vie. Une magistrale démonstration de ce qu’est une intervention de réel support. J’y ai appris que l’intervention sociale n’a souvent rien à voir avec « dire quoi faire » à quelqu’un qui ne le sait pas. D’ailleurs, d’où nous vient cette idée que l’autre ne sait pas quoi faire? L’autre sait beaucoup de choses que tant d’entre nous ne prennent pas la peine d’écouter.

Maryse avait vingt-et-un ans à l’époque où la DPJ lui a retiré la garde de ses deux fils de 4 et 2 ans. Négligence. Pendant trois ans, elle s’est endormie tous les soirs en demandant à Dieu de l’aider à devenir une bonne mère pour ses fils.

Une enfance faite de faim et de violence; suivie d’une adolescence noyée dans l’alcool; enfin deux amoureux qui l’abandonnent coup sur coup, en apprenant qu’elle est enceinte.

Leçon d'intervention sociale et familiale

La travailleuse sociale de la DPJ l’a beaucoup aidée; l’a encouragée et soutenue dans la remontée spectaculaire qu’elle a dû opérer. Cure de désintox, atelier de compétence parentale, retour aux études, thérapie. Maryse ne s’est pas transformée en fée des étoiles ni en sainte mère. Encore aujourd’hui, il lui arrive de traiter son grand garçon de « niaiseux ». Et la plupart du temps, elle lui ébouriffe les cheveux tout de suite après en ajoutant « C’t’une farce! ». Elle ne le frappe plus; ne le prive plus jamais de souper et le prend dans ses bras une fois par jour. En la voyant, vous diriez qu’elle a l’amour tough.

Un parcours inspirant

Pendant les trois années où ses fils ont été placés en famille d’accueil, Maryse a déployé un courage et une persévérance qui devrait servir de modèle public.

Sa force tranquille, son espérance et sa capacité de changement me sont une source inaltérable d’inspiration. Je lui suis infiniment reconnaissante de m’avoir un jour montré à porter des sacs d’épicerie. Une leçon d’intervention que je ne suis pas prêt d’oublier.

C’était un jour d’hiver, nous étions toutes les deux dans le métro. Devant nous, une toute jeune femme avec trois sacs d’épicerie dans la main gauche et une poussette dans la main droite, où se trouve coucher un bébé d’au plus dix-huit mois. Autour d’elle, comme une petite abeille agaçante, une enfant d’environ trois ans gambade allègrement, ses bottes d’hiver faisant un bruit d’enfer dans l’écho du métro.

Première leçon d’intervention sociale et familiale : la condamnation vient vite

Le bébé commence à pleurer parce qu’il a chaud dans son habit de neige. La jeune maman crie à sa grande de revenir près d’elle tout de suite. Mais la petite ne vient pas, évidemment. Le bébé pleure encore plus fort et lance son jouet loin devant lui. En se penchant pour le ramasser, la maman échappe ses sacs et ses mitaines. En se redressant, elle hurle carrément après sa fille qui ne cesse de s’éloigner davantage.

À cet instant, tout le monde s’est arrêté sur les quais des deux côtés. Et la regarde. Elle a laissé son bébé là et court chercher sa plus vieille, qui prend cela pour un jeu et n’a pas saisi la tension qui s’est installée. Quand la jeune mère gifle sa fille à pleine volée, tout le monde est estomaqué. Alors, quand elle la ramasse d’une seule main, en la remettant sur pied brutalement, nous sommes tous outrés, scandalisés, choqués. On se regarde tous, tenant tous les rôles à la fois : juge et jury, prêts à la condamner sur-le-champ.  Mauvaise mère.

Voir les détails de la formation:
«  Travailler avec les parents en empowerment »

Leçon d’intervention : porter les sacs d’épicerie

C’est à ce moment-là que j’ai vu Maryse. Elle s’était éloigné de moi sans que je ne m’en rende compte. Pendant que la petite fille pleure à pleins poumons et que la mère la menace de la frapper encore si elle ne se tait pas, Maryse s’est penchée calmement pour ramasser les sacs d’épicerie, échappés durant la scène. Elle se tourne vers la jeune femme avec un grand sourire chaleureux : « Laisse-moi t’aider. Ces sacs-là, ça lâche tout le temps. » La jeune mère la regarde silencieusement, se demandant où est le piège. Maryse est en train de remettre les aliments dans les sacs et se tourne vers la petite fille : « Tu veux-tu m’aider? » dit-elle avec un grand sourire chaleureux. Et la petite fille répond à ce sourire en courant ramasser une tomate qui avait roulé plus loin que les autres.

Quand Maryse a terminé de ramasser, elle tient les sacs d’une seule main et tend l’autre main vers la petite fille… qui l’attrape en souriant.  Se tournant vers la mère, Maryse sourit toujours« J’ai deux enfants moi aussi. Je sais ce que c’est… » La jeune mère hoche presque imperceptiblement la tête. Pointant du menton la sortie qui se trouve au bout du corridor, Maryse lui demande si c’est son chemin. « Hey! C’est mon chemin aussi ! », ajoute-t-elle en emboîtant le pas. Maryse est repassée devant moi en me faisant un clin d’œil, tenant toujours la petite fille par la main, suivie par la jeune mère et sa poussette.

Le poids du regard des autres

Finalement, on n’a pas magasiné ce jour-là. À la place, Maryse m’a donné une grande leçon sur la vie, la compassion, l’assistance et le jugement. Et aussi une grande leçon d’intervention sociale et familiale.

Celle qui avait été jugée tant de fois connaissait le poids du regard des autres sur nos limites. Ne l’avez-vous jamais senti sur vous-même? La jeune femme à la poussette se savait inadéquate dans les gestes posés ce jour-là. Au lieu de la condamner par le silence, Maryse a marché vers elle pour partager le fardeau du jour. Pas de grands discours, pas de philosophie. Un tout petit geste qui a tout changé.

Aujourd’hui, je commence toujours par me demander s’il n’y aurait pas des sacs d’épicerie à ramasser. Et je commence toujours par là chaque fois que je peux. Ça fait partie des choses que j’aurais voulu savoir dès le début de ma carrière.

Et j’ai appris cette grande leçon d’intervention d’une jeune femme qui n’a jamais obtenu son diplôme d’études secondaires.

[popup title= »L’histoire de Maryse vous a intéressé? » padding= »0″ button= »0″] Allez consulter les formations que j’offre aux intervenant·e·s sociaux, en particulier celle-ci : Empowerment I – intervenir auprès des personnes fragilisées [/popup]

une mère TDAH

La vie d’une mère TDAH

Vous êtes une mère qui souffre de TDAH ? Peut-être êtes-vous assiégée par les grandes crises de colère de votre 2 ans et demi, les yeux larmoyants après une nuit d’insomnie. Si vous êtes une mère TDAH, la logistique d’une famille de plusieurs enfants est sans doute entrain de vous rendre folle. Si vous avez des ados, alors les montagnes russes émotionnelles dans l’épais brouillard de l’adolescence aussi. Peut-être que rien de ce qui précède ne décrit votre situation. Mais, si vous êtes une mère TDAH, vous vous sentez presque toujours complètement inadéquate et incertaine et paniquée. Et sans doute avez-vous assez souvent le sentiment de « pas l’avoir pantoute », côté job de parent.

Vous n’êtes pas la seule.

Être une mère TDAH, c’est être différent

Myriam est la mère de deux filles, elles-mêmes aux prises avec le TDAH. Elle se souvient de s’être très souvent sentie complètement dépassée, juste à essayer de finir sa journée. Elle avait besoin de calme et de temps d’arrêt. Au lieu de cela, ses enfants ne pouvaient pas arrêter de bouger et de faire du bruit.

Mathilde avait du mal à garder la maison propre et organisée. Ça fait partie du lot quand on est une mère TDAH.  Quand Félix et Antoine sont devenus un peu plus âgés, préparer des repas que tout le monde mangerait me plaçait au bord de la crise de nerfs ». Quand ils ont commencé l’école, Mathilde a eu du mal à garder la tête hors de l’eau juste à s’occuper de l’interminable paperasse.

Le plus dur pour Karine, c’était de manquer totalement de constance avec sa fille, aujourd’hui de 18 ans. On répète sans arrêt à quel point la cohérence est essentielle, que ce soit l’heure du coucher, les repas ou la discipline. Surtout quand les enfants sont plus jeunes. Je suis tellement spontané et dans le moment. C’est assez difficile pour moi de rester sur la bonne voie et encore plus de la gérer.

Suzie s’inquiète, elle aussi, du fait qu’elle ne peut pas fournir la structure et la routine dont ses deux jeunes enfants ont besoin. L’heure du coucher est particulièrement difficile, même pour les bonnes journées. Quand nous sommes tous fatigués et que nos fonctions exécutives sont déjà pas mal éprouvées, ça devient épuisant pour moi.

Comment les autres mères TDAH s’en sortent-elles?

Les défis de la parentalité lorsque vous souffrez de TDAH peuvent vous sembler insurmontables. Heureusement, beaucoup de choses peuvent aider. Voici 9 choses ce que des mères atteintes du TDAH ont appris.

une mère TDAHSoyez honnête. Déjà très jeune, la fille de Karine savait que sa mère n’était pas comme les autres. Et j’ai toujours été très honnête avec elle à propos de mes difficultés. Je tenais compte de sa maturité et de son développement pour trouver comment lui en parler. Quand elle était plus jeune, la fille de Karine jouait avec la distraction de sa mère et la faisait sortir de ses gonds. Il faut s’attendre à cela. Tous les enfants cherchent les failles de leurs parents.

Expliquer clairement nos limites ne fera pas cesser ces comportements; mais ils dureront moins longtemps. Les enfants finissent par grandir et être capables de se mettre à la place de l’autre.  En plus, c’est une chouette fenêtre pour apprendre aux enfants un peu d’empathie.

Accepter notre différence

Promettre impulsivement des choses qui seront impossibles à réaliser; dire des choses pour lesquels vous vous détestez ensuite; se taper sur la tête parce qu’on n’arrive jamais à correspondre au modèle de calme et d’organisation auquel on s’attend d’un parent. Tout cela fait partie de votre vie quotidienne d’une mère TDAH. Dans toutes ces occasions, ce sera payant d’être simplement honnête, de nommer les obstacles et d’admettre nos erreurs le plus simplement possible.

Fixer nos priorités clairement. Karine me racontait que sa priorité no 1 était que sa fille se sente aimée et sécurité. En y tenant coûte que coûte, elle réarrangeait ses horaires pour participer à pratiquement toutes les activités de classe auxquelles les parents étaient invités à participer. Pendant que d’autres parents déposaient les enfants et partaient, je restais toujours. Je ne pouvais pas lui offrir de la constance; mais je pouvais lui offrir mon temps, ma présence. C’était ça ma priorité. Et tout le reste passait VRAIMENT après.

Honorer nos besoins. En raison de la sensibilité de Mathilde au bruit et au chaos, elle a passé beaucoup de temps dehors avec ses enfants pour les aider à libérer leur énergie. Des balançoires au panier de basket en passant par un mini trampoline et un parcours de nature construit avec des planches, un filet, les deux arbres de la cour et du cordage. Elle et son mari avaient convenu que chaque jour, pendant une heure, elle se retirerait dans une pièce calme et sans bruit. Elle a même utilisé des bouchons d’oreilles. Ils ont aussi trouvé une gardienne pour les nuits du weekend. C’est cela honorer nos besoins; c’est trouver des façons de les combler plutôt que de les pousser en dessous du lit. De quoi avez-vous besoin? Comment pouvez-vous honorer et répondre à ces besoins?

Réduire, réduire, réduire encore

Garder les choses simples. Suzie et son mari avaient une règle selon laquelle leurs deux fils ne pouvaient participer qu’à une activité parascolaire à la fois, comme la gymnastique ou les scouts ou le badminton. Je ne pouvais tout simplement pas gérer plus d’une chose à la fois. Les enfants devaient choisir. Quand Suzie et son mari ont eu le sentiment de priver et contraindre leurs enfants, je leur ai rappelé qu’il s’agissait aussi d’une occasion pour ces enfants d’apprendre à réfléchir sérieusement avant de prendre une décision, et vivre avec les conséquences de leur choix. Des choses que beaucoup d’enfants n’ont pas vraiment l’occasion d’apprendre. Que pouvez-vous simplifier dans votre vie, de sorte que vous vous sentiez sain d’esprit et soutenu?

Focaliser sur les solutions. Et rappelez-vous qu’il faudra en essayer plusieurs avant de trouver celle qui fonctionne. Et sans doute ne fonctionnera-t-elle pas toujours et qu’il faudra la modifier. Pour Mathilde, le temps des devoirs transformait les soirées en zones de guerre. Elle a d’abord embauché un étudiant pour aider.  Cette solution n’a pas fonctionné, alors Mathilde a demandé que tous les devoirs soient faits pendant les heures de classe, ce qui signifie plus de batailles. Et elle a tenu son bout avec l’enseignante. Parce que pour moi, ma relation avec ma fille était plus importante que son travail scolaire. Quels problèmes rencontrez-vous? Quels types de solutions pouvez-vous créer? Pensez en dehors de la boîte pour trouver des solutions. C’est une de vos grandes forces!

Les grands avantages d’être une mère TDAH

Embrasser nos dons et miser dessus. Être une mère TDAH, c’est aussi avoir des idées que les autres n’ont pas. Exploitez cela! Par exemple, Karine devait prendre régulièrement du recul, se retirer un peu du tourbillon, et laisser sa fille se débrouiller toute seule. Elle ne l’a jamais mise en danger, évidemment. Mais elle l’a certainement laissée faire toute seule des choses que les autres mères continuent de faire pour leurs enfants, même quand ils sont capables de le faire seuls. Ce qui a évidemment conduit la fille de Karine à devenir débrouillarde et autonome. Tant de fois, quand nous étions dans les tranchées de la parentalité, j’avais peur de ne pas faire assez pour elle. Maintenant, je vois à quel point elle est forte. Et, comme elle apprécie notre confiance en elle, elle n’en abuse pas.

une mère TDAH

Mathilde, elle, a mis à profit sa créativité de toutes sortes de façons. Elle a créé une roue de repas, que les enfants ont tourné tour à tour; mettant ainsi fin aux combats quand ils détestaient ce qu’elle avait mis sur la table. (Je sens que bien des mères « ordinaires » vont adopter cette idée!) Pour les lunchs, elle dessinait des visages sur la coquille des œufs à la coque, décorait les thermos d’autocollants et glissait des mots d’amour dans leur sac.

On peut inventer !

Karine et Mathilde ont toutes deux utilisé leur créativité et leur esprit ludique pour inventer de nouveaux jeux loufoques.

Suzie croit que le TDAH lui a donné les dons de l’empathie et de l’intuition. Myriam croit également que le TDAH l’a rendue plus sensible aux besoins de ses enfants et lui a donné une meilleure compréhension de leurs comportements. De plus, elle a été capable de les aider à résoudre leurs problèmes issus de leur propre TDAH.

Pour Myriam, l’acceptation de soi qu’elle a développée a aussi été un excellent exemple pour ses enfants. Par exemple, elle ne se plaint jamais de son apparence ni ne se critique devant eux. Par exemple, elle pourrait dire : Maman est frustrée parce que je n’ai pas l’impression d’avoir fait du bon travail. Mais elle ne se traiterait jamais de nom ni ne se dénigrerait. Ou même simplement dire : Je suis donc ben pas bonne! Elle leur dit plutôt que chacun est bon dans des choses différentes.

Dire merde aux normes toutes faites

Karine aide ses enfants à découvrir qui ils sont et à célébrer cela, plutôt que d’essayer d’en faire quelque chose qu’ils sont censés être. Suzie a fait la même chose. Son plus jeune fils n’a pas terminé ses études collégiales et s’est plutôt trouvé un travail dans une compagnie de gestions des médias sociaux. Il y est entré au bas de l’échelle et trois ans plus tard, il fait la job de ses rêves dans cette compagnie! Leur propre situation a donc permis à ces deux mères d’arrêter de pousser pour faire entrer leurs enfants dans les normes standards; et plutôt honorer ce qu’ils sont pleinement.

une mère TDAHEnfreindre les règles. C’est celle que je préfère ! 🙂 Rappelez-vous que vous n’avez pas à être parent comme les autres. J’ai accordé plus de temps à la télévision que je ne le souhaitais, parce que si je n’avais pas de pause, j’ai senti que je m’effondrerais, a déclaré Mathilde. J’ai même permis à mon super-enfant hyperdéconcerté de manger dans une autre pièce et devant la télé.

C’était le seul moyen pour elle de se concentrer sur la nourriture. Y a-t-il des règles que vous vous imposez et que vous pourriez retirer? Est-ce que les règles que vous suivez vous permettent vraiment de soutenir vos priorités?

Et déployer tout ce qu’il y a à déployer!

Obtenir de l’aide. L’aide peut prendre plusieurs formes et inclure plusieurs types de ressources. Par exemple, Mathilde a lu des livres sur le rôle parental et participé à des ateliers de la Maison de la famille sur le rôle parental. Ça lui a permis d’apprendre des stratégies spécifiques pour gérer ses enfants. Elle fréquente les activités du groupe de support PANDA. Mais ce qui m’a aidé le plus, c’était d’avoir quelqu’un qui m’aide avec les enfants pour que je puisse m’en aller. Ce qui a également été utile pour Suzie, c’est d’entendre parler des luttes et des difficultés des autres mères. Elles ont aussi des difficultés, et les miennes ne sont pas pires; elles sont juste différentes. Qu’est-ce qui vous aiderait le plus actuellement? Êtes-vous en lien avec d’autres mères qui vous ressemblent?

Pratiquer le pardon. La plus grande leçon que Myriam a apprise a été de se pardonner à elle-même et à ses enfants. Je me suis souvent rappelé que je suis une mère merveilleuse et aimante; et que mes enfants font tout simplement de leur mieux. Tous les parents apprennent la job de parent sur le tas. À cet égard, une mère TDAH n’est pas différente des autres. Nous pardonner nos erreurs nous permet de continuer d’apprendre et de progresser dans une atmosphère d’amour. Y a-t-il un aspect de votre maternage pour lequel vous avez de la culpabilité ou de la honte; et pour lequel il vous faut trouver un chemin de pardon?

En fin de compte, il s’agit de trouver des façons de faire fonctionner les choses pour votre famille, même si elles ne sont pas conventionnelles! Être une mère TDAH, ce n’est pas mieux ni pire. C’est simplement différent. Une fois qu’on a accepté cela, on peut apprendre à laisser les choses aller. Et à suivre notre propre courant, au lieu de combattre en nous, tout ce qui sort du modèle parental typique.

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