aide aux parents

Pourquoi les parents ne demandent pas d’aide quand ils en ont besoin ?

Lors des formations que je donne, j’entends régulièrement des intervenants déplorer le sentiment d’incompétence des parents. Ils se demandent pourquoi les parents ne demandent pas d’aide quand ils en ont besoin. Qu’ils s’agissent d’enseignantes, d’éducatrices ou d’intervenantes auprès des 0-5 ans, elles semblent impuissantes à convaincre les parents de profiter de leurs ressources.  De plus, la plupart considèrent que les parents qui se servent de l’aide disponible ne sont ceux qui en ont la plus besoin. Comment expliquer cela? S’agit-il de déni, comme tant d’intervenants le croient? Je vous propose quelques pistes qui me viennent des années que j’ai passées à côtoyer toutes sortes de familles et leur sentiment d’incompétence. J’espère qu’elles nous aideront à réfléchir plus avant sur l’aide que nous offrons et surtout comment nous la proposons .

 

Quelques bonnes raisons qui expliquent pourquoi les parents ne demandent pas d’aide

Parce qu’ils pensent que leur situation n’est pas si terrible. Ils sont encore capables.

Les parents sont parmi les personnes les plus tough que je connaisse. Leurs capacités à endurer et tenir bon est tout simplement incroyables. On peut l’expliquer avec l’ocytocine (l’hormone de l’amour que le corps sécrète quand on prend notre bébé dans nos bras, par exemple), mais aussi avec le poids du regard des autres. Ce mélange très puissant fait en sorte qu’ils continuent de prendre soin de leurs petits. Même si c’est difficile. Que c’est long. Ou même quand ils sont fatigués. Et puis, comme nous tous, ils vivent dans une société qui déshonore les limites et prétend pouvoir les repousser sans cesse. Ceci explique peut-être pourquoi les parents ne demandent pas d’aide.

Ils pensent que le problème, c’est eux.

Surtout que, partout et sur tous les écrans, on leur propose des images de parents toujours contents. Des vidéos, des publicités, des images de pères et de mères qui ont l’air bien au-dessus de leurs affaires! Ils finissent pas croire qu’un parent normal vient à bout de tout s’il est un bon parent. Quand ils n’y arrivent pas, comment ne pas croire que quelque chose cloche en eux. Au bout du compte ils finissent pas conclure que c’est eux le problème. Eux comme parents, mais aussi comme personnes. Ils ne savent pas que tout le monde fait semblant d’y arriver. 🙂 Il n’est pas surprenant alors qu’iune demande d’aide leur ferait perdre encore plus d’estime d’eux-mêmes.

Ils savent qu’ils ont besoin d’aide, mais ne sont pas du tout certains que les bénéfices qu’ils y trouveraient valent le sentiment d’incompétence qu’ils ressentiront.

Pourquoi les parents ne demandent pas d'aideIls se demandent simplement si ça vaut le coup. Et cette question est pertinente. Les avantages qu’ils tireront de l’aide reçue valent-ils le dérangement? Valent-ils le sentiment d’incompétence qu’ils vivront? Est-ce que cette aide vaut les efforts surhumains que demande le réarrangement d’un horaire déjà serré et fragile, pour y ajouter des rencontres, des déplacements et l’impact de tous ces changements sur le reste de la famille. Et la réponse c’est que ce n’est vraiment pas certain.

 

Un sentiment d’incompétence

Ils ont eu plusieurs autres expériences qui leur ont laissé un goût amer.

Ça m’étonne toujours de constater que la plupart des intervenants oublient qu’ils ne sont pas les premiers à aborder le problème aveccles parents. Beaucoup de parents ont déjà accepté de l’aide et se sont sentis jugés. Parfois même trahis. Ceux et celles qui devaient les aider ont ajouté davantage à leur charge, en faisant plusieurs recommandations. Ils ne se sont pas sentis écoutés, et avec raison.  Quand ils ont l’impression qu’on ne les écoutera pas parce que c’est ce qui est arrivé la dernière fois, on peut comprendre pourquoi les parents ne demandent pas d’aide.

Ils ont peur qu’on les oblige à faire quelque chose qu’ils ne veulent pas faire.

Par exemple, ils ont peur qu’on les oblige à médicamenter l’enfant s’ils ne le veulent pas. Ils ont peur d’être forcés à participer à des rencontres selon des horaires qui ne fonctionnent pas avec le leur. Ou encore, ils craignent qu’on leur impose un modèle d’éducation qui ne correspond pas à leurs valeurs. Alors ils ne demandent pas d’aide parce qu’ils ont bien raison d’avoir peur de cela. Tout simplement parce que c’est souvent ce que nous faisons. Nous croyons que nous savons mieux qu’eux ce qui les aiderait, sous prétexte d’objectivité professionnelle. Nous voulons les en convaincre, sans mesurer l’impact de nos bonnes intentions sur leur sentiment d’incompétence. Alors, en toute bonne foi, nous exerçons des pressions affectives et psychologiques sur eux. On laisse entendre que l’estime de l’enfant est en jeu, son lien avec eux, ses relations avec ses pairs. On fait valoir l’épuisement des enseignants, alors que ce problème concerne l’organisation scolaire.

Je crois qu’il est grand temps que nous cessions d’invoquer le déni, le désengagement ou la résistance pour expliquer pourquoi les parents ne demandent pas d’aide quand ils en ont besoin. Rappelons-nous qu’aucun parent ne prend de décision dans le but de nuire à son enfant et sa famille. Quand ils choisissent de ne pas venir dans nos services, il y a une bonne raison. Et nous en faisons peut-être même partie. Ces parents-là sont en train de nous dire quelque chose. Finalement, est-ce qu’il ne serait pas utile d’essayer de savoir ce que c’est?

Apprenez-en plus sur la formation : « Travailler avec les parents en empowerment »
relache scolaire

Relâche scolaire : ne rien faire en famille

La relâche scolaire. Le mot le dit : relâcher. Pourtant tant de parents se garrochent littéralement pour remplir chaque instant de cette semaine de relâche, de moments de bonheur total, d’extase et de souvenirs inoubliables. Dans le dictionnaire, c’est écrit : lâcher de nouveau; rendre moins serré, moins tendu. Diminuer d’ardeur, devenir moins sévère (La discipline se relâche).

Quel beau programme!

Je peux bien vous l’avouer maintenant… Pendant toutes ces années où mes voisines inscrivaient leurs enfants dans des camps éducatifs et enrichissants, chez moi, on faisait vraiment relâche. Ne rien faire en famille. Je sais, c’est complètement subversif! Au lieu de se faire aller pour remplir nos journées avec tout ce que nous n’avions pas réussi à faire depuis le début de l’année et que nous avions repoussé dans la case « relâche »; plutôt que de nous lancer dans un tas d’activités tellement pédagogiques et intéressantes dont nous bâtissions la liste depuis la fin de l’été dernier; au lieu de flamber 2 000 $ en musée, ski, essence, cinémas, piscine, resto et autres agitations en tous genres, nous ne faisions… rien.

Nada.
Vedge total. On relâchait l’agitation effrénée de nos agendas. Nous prenions l’invitation au pied de la lettre : semaine de relâche. Plein de rien, tout le monde ensemble. Aucun objectif pédagogique. Aucune envie de performance. Pour résumer, ne rien faire tout le monde ensemble, c’est vivre cette vie dont on rêvait quand on songeait à la famille qu’on aurait.

Vous avez compris que ne rien faire n’est pas vraiment « ne rien faire ». Si l’idée vous tente encore de tous ces fous-rires que vous avez imaginés en regardant ce bébé que vous veniez de mettre au monde, essayez de ne rien faire d’autre qu’être ensemble et laissez venir les idées. Un jour à la fois.

Relâche scolaire : les fous-rires dont nous avons rêvé

Pour commencer, peut-être que vous ne cuisinerez pas de la semaine. Ce qui fait que ce soir, vous souperez aux biscuits au chocolat et que demain les enfants prépareront un macaroni au fromage, version très fromagée, comme ils aiment et que nous ne faisons jamais! Allez! On lousse sur les dogmes alimentaires pendant la relâche scolaire.

Pendant cette semaine de relâche, vous pourriez ensuite choisir de ne pas faire de lavage, pas de corvée, pas d’époussetage. Personne ne fera  son lit. On diminue l’ardeur de notre obsession de la propreté occidentale.

relâche scolaireÀ la place, cette semaine, faites de la musique avec tout ce que vous trouverez : les flûtes à bec qui dorment dans le fond du garde-robe, le tambourin à 1 $ que grand-maman leur a offert, des bouteilles remplies d’eau pour souffler dedans, des sacs remplis de fèves sèches qui deviennent des maracas. Ça fait sécréter de l’ocytocine (l’hormone du bonheur).

Finalement, jouez, jouez, jouez! © Loup – garou le pacte, © La ligne du temps, © Mathabble,  © Colons de Catane et tous les autres jeux qui vous tomberont sous la main.  Initiez une bataille d’oreillers avec vos enfants! On sera sage une autre fois, c’est la relâche scolaire! Et tant pis si on en fait éclater un; toute la famille participera au ramassage des plumes avec joie après l’immense plaisir de la bataille. Ainsi vos liens se resserreront, vous rirez ensemble, et tout ça fera sécréter encore plus d’ocytocine, de la dopamine et de la sérotonine : le cocktail chimique le plus puissant que je connaisse pour un hight de bonheur!

Maman! J’ai rien à faire!

Au début, quand un de mes enfants tombait dans le piège de l’ennui (Maman, j’ai rien à faire!) je leur rappelais alors que ne rien faire, c’est comme pour les brocolis et le foie de veau : la première fois c’est bizarre, mais on s’habitue et c’est vraiment excellent pour la santé. C’est seulement quand les enfants n’ont rien à faire qu’ils peuvent manifester leur imagination, leur ingéniosité et leur passion. Ils ont fini par adorer de plus en plus ces espaces de liberté.

Je me rappelle du plus vieux qui s’était levé à 10 h 30 le premier matin de la relâche scolaire; et je n’ai même pas froncé les sourcils.
–        Bonjour maman. Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui?
–        Rien, mon grand. On ne fait rien!

Sur son visage épanoui de bonheur, un sourire rayonnant.
Essayez-le. Vous ferez probablement des jaloux. 🙂

TDAH : petit guide pour les parents

Beaucoup de parents sont abandonnés après qu’on leur ait livré un diagnostic de TDAH pour leur enfant. C’est en pensant à eux que j’ai écrit TDAH : petit guide pour les parents d’enfant vivant avec un TDA avec ou sans H. Pas une semaine ne se passe sans qu’un parent me téléphone, au bord des larmes. Il adore son enfant, mais ne sait plus comment faire pour que leur vie ensemble ne soit pas un calvaire quotidien. Le côté fabuleux de ces enfants disparaît souvent au profit des difficultés visibles.

TDAH : petit guide pour les parents (en dessins!)

J’ai trouvé sur le web une série de fabuleux dessins sur le sujet, réalisés par un auteur inconnu. Il n’y a cependant aucun doute qu’il s’agit d’un adulte qui vit avec le TDAH! Malgré les « gros mots » qu’on y trouve, ses dessins rendent clairement ce qui se passe pour une personne atteinte de TDAH. Allez voir ces dessins, ça mettra des mots et des images sur ce que vous vivez et que vous croyez être les seuls à vivre.

Je vous place ici également une série de ressources, la plupart gratuites, et qui débordent d’idées sur la vie quotidienne avec une personne trouble du déficit de l’attention (avec ou sans hyperactivité). Faites circuler, si jamais vous le trouvez utile. Peut-être connaissez-vous quelqu’un qui a besoin d’un « TDAH : petit guide pour les parents »?

 

RÉFÉRENCES ET RESSOURCES

Regroupement des associations de parents PANDA du Québec
Panda est d’abord un formidable organisme d’entraide pour les parents d’enfants ayant des troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité. Il est également précieux parce qu’il a plusieurs bureaux en région. Si vous venez d’obtenir un diagnostic, commencez certainement par là! Ce site contient beaucoup de renseignements. 514 564-5816
www.associationpanda.qc.ca

Institut universitaire en santé mentale Douglas
Des renseignements, des trucs pratiques et aussi des conseils, tant pour les parents d’enfants souffrant du TDA avec ou sans H que pour les adultes qui en sont atteints.
www.douglas.qc.ca   (taper TDAH dans le moteur de recherche du site)
Regarder entre autres la conférence du Dr Rhida Joober : « Les enfants inattentifs, impulsifs et hyperactifs : quand faut-il intervenir? »
www.douglas.qc.ca/page/mini-psy-2010

CADDRA
Le Canadian Attention Deficit Hyperactivity Disorder Resource Alliance (CADDRA) est une initiative de médecins désirant offrir plus de soutien aux parents et encourager la recherche de traitements.
www.caddra.ca

Guide Santé du gouvernement du Québec
Pour en savoir plus sur les médicaments : comment les prendre, quelles sont les contre-indications et les interactions possibles, etc. Évidemment, ce site est sérieusement documenté.
www.guidesante.gouv.qc.ca

Les difficultés de l’attention
Le pédopsychiatre québécois Claude Jolicoeur a créé un site très bien documenté intitulé : Au-delà des difficultés de l’attention. Probablement beaucoup de réponses à vos questions, surtout parce que l’information est facile à comprendre, qui devraient faire partie de votre dossier « TDAH, petit guide pour les parents. »
www.deficitattention.info

Des ressources pratiques

VIGNETTE D’ACCOMPAGNEMENT : Vous pouvez obtenir une vignette gratuite qui donne la gratuité à un adulte qui accompagne un jeune dans les transports en commun et dans certaines activités. Vous n’avez qu’à la demander. http://www.vatl.org/

Attentix à la maison

Ce site Internet, conçu par un psychologue, est destiné aux parents d’enfants de 4 ans à 9 ans ayant un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, ainsi qu’à leurs enseignants. On y trouve une foule de ressources intéressantes, et même un programme visant à favoriser l’attention. À mettre dans toutes les mains.
www.attentix.ca

TDAH.CA
Il s’agit d’un organisme indépendant qui offre beaucoup de renseignements et de ressources pratiques. Contrairement aux sites gouvernementaux, il offre également quelques pistes… hors pistes!
www.comportement.net

TDAH : petit guide pour les parents
Livres

UN LIVRE POUR LES ENFANTS : Guide de survie pour les enfants vivant avec un TDAH de John F. Taylor. Éd. Midi Trente. 2012. C’est un livre à faire lire aux enfants aux prises avec le trouble du déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité. Parce que ça mettra du baume sur leur cœur… et dans leur tête!

UN LIVRE POUR LES PARENTS : Enfin,  Le TDAH, une force à rééquilibrer, de Diane Dulude, éditions du CRAM, 2014. Cette chercheuse partage mon point de vue sur le trouble du déficit d’attention : il y a de très grandes forces qui viennent avec, mais on ne les reconnaît pas. À mettre dans toutes les mains qui cherchent un « TDA : petit guide pour les parents ».

stimuler la curiosité

Stimuler la curiosité et la créativité des enfants

Parfois, stimuler la curiosité et la créativité des enfants peut être épuisant pour les adultes. Je me souviens d’un trajet de voiture qui me ramenait de Châteauguay, inondé, vers Montréal. Je devais avoir six ans, assise toute seule à côté de mon oncle Charles-Hector. Le siège passager de sa camionnette m’offrait un tout nouveau point de vue surélevé sur le monde. Je voyais des choses que je n’avais jamais vues. Et j’avais mille questions à leur sujet.

Comment ça se fait que la rivière ait débordé? D’où vient toute cette eau? Elle était où avant d’arriver ici et elle va s’en aller où après? Qui a pensé à inventer un bateau en bois la première fois? C’est quoi la différence entre une barque et une chaloupe? Pourquoi l’eau s’arrête ici? C’est fait avec quoi, de l’asphalte ? Pourquoi les oiseaux font des figures dans le ciel? Comment ça se fait que les autos ont un moteur à explosion, mais que je ne voie jamais d’explosion?

Et ainsi de suite jusqu’à ce que mon oncle me dise gentiment de la fermer : « Sriss, la petite, t’en a donc ben des questions!!! » À mes parents, il s’est exclamé qu’il n’avait jamais entendu autant de questions sortir de la même bouche en une heure! Quand sa camionnette a tourné le coin de la rue, je me suis retourné vers ma mère : « Pourquoi je pose autant de questions? »

Créativité des enfants : les questions sont plus utiles que les réponses

La curiosité est un des leviers les plus puissants d’apprentissage. C’est d’ailleurs ce que tentent de stimuler chaque jour les enseignants de la province! La curiosité n’est pas un don offert à la naissance à certains et pas à d’autres. C’est une aptitude naturelle de l’enfant qu’on soutient ou qu’on éteint. Quand nous l’alimentons, elle développe remarquablement leur créativité. Et avec la créativité, vient la capacité de trouver des solutions nouvelles qui améliorent le monde.

Mon oncle était mal à l’aise devant toutes mes questions parce qu’il n’en connaissait pas les réponses. L’affaire, c’est que personne n’a besoin de connaître toutes les réponses. Il suffit de reconnaître l’intérêt de la question. C’est ainsi qu’on arrive à stimuler la curiosité des enfants (et des grands) et leur désir d’apprendre.

stimuler la curiosité et la créativité des enfantsEinstein disait que le plus important, c’est de ne jamais arrêter de poser des questions. Ce ne sont d’ailleurs pas les réponses qui donnent le plus de satisfaction à la curiosité des enfants. C’est le chemin d’exploration qu’ils sillonnent et la dopamine que leur cerveau sécrète quand ils fournissent un effort de compréhension. Notre cerveau est construit pour faciliter l’émergence de questions et stimuler l’effort de rechercher de la réponse. Il envoie autant de messages de plaisir pendant la recherche d’une réponse qu’au moment de l’obtenir! Il suffit de stimuler la curiosité en encourageant les questions, quelles qu’elles soient.

Valoriser les questions

Tous les enfants posent des questions. Cela fait partie du développement normal d’un être humain. Le plus important, c’est la réponse des adultes devant cette curiosité manifestée. Elle déterminera en grande partie l’intérêt d’apprendre quand cet enfant devient un ado puis un adulte. Quelle bonne question! Ho j’aimerais vraiment connaître la réponse à ça; à qui on pourrait demander ça? Tu poses tellement des bonnes questions! Viens, on va chercher la réponse ensemble.  Quelle bonne question, note-la pour qu’on y revienne plus tard. Voilà autant de réponses à offrir aux questions dont on ignore les réponses. Sans compter que c’est le genre de réponse qui développe une mentalité de croissance.

Peut-être avez-vous été un enfant dont on a faire taire les questions. Il n’est pas trop tard pour retrouver cette fabuleuse richesse que sont le créativité et la curiosité des enfants. Voici quelques moyens pour y arriver, utilisables autant avec les enfants que les adultes.

1) Poser des questions qui amènent d’autres questions… et nourrit la créativité des enfants

Ça semble évident, mais l’envie d’en poser se tarit rapidement quand on se fait répondre « Tu sais pas ça??? » Alors la consigne c’est de poser toutes les questions qu’on veut. Refusons d’embarquer dans la peur du ridicule. Si nous ignorons la réponse à cette question, il y a de très grandes chances que d’autres l’ignorent aussi.

Faites d’abord une liste de questions qui vous intéressent, même si elles ne sont pas vitales. Les enfants sont des champions pour en trouver! Comment a-t-on inventé la fourchette ? Quelle profondeur a l’océan ?  D’où vient l’expression du cœur au ventre ? Est-ce que les alligators sont vraiment préhistoriques ? Comment ça marche vraiment, les ondes radio ? Allez, faites une liste et partez en exploration avec tous les moyens à notre disposition : le web, les centres de recherche, les bibliothèques, les podcasts, les vidéos. Seul ou à plusieurs, explorez une question par semaine. Vous pourriez noter ce que vous apprenez, où même le dessiner. Ou encore, faire un groupe  (le club des questions) et partagez vos découvertes autour d’un bon repas. Ça deviendra peut-être le club de créativité des enfants.

2) Saisir toutes les occasions de stimuler la curiosité et la créativité

Une amie m’a offert une lampe qui dormait dans son garage et que je trouvais très jolie. Sauf que le fil avait été coupé au ras de l’abat-jour… J’ai sauté sur l’occasion pour apprendre comment on change le fil d’une lampe et je l’ai fait! Quand le petit casse un jouet et qu’il reste un moment à l’examiner, c’est l’occasion rêvée d’encourager la créativité des enfants à apprendre comment les choses fonctionnent ou même à les réparer.

Votre filleule veut apprendre à tricoter et ça vous intéresse? Renseignez-vous et rentrez dans l’expérience avec elle. Votre copine se magasine une maison et ça vous intéresse? Demandez-lui de l’accompagner et vous apprendrez beaucoup de chose sur le marché, les matériaux et la construction. Les occasions sont nombreuses pour apprendre quelque chose. Saisissez toutes celles que vous pouvez!

3) La bibliothèque humaine

Les humains sont une source de curiosité incroyable. Le jardinage biologique vous intéresse? Trouvez quelqu’un qui en connaît sur le sujet et offrez-lui un café en échange d’une conversation. Un jour, dans un congrès,  j’ai rencontré Philip Zimbardo, le très célèbre psychologue de l’effet Lucifer issu de l’expérimentation de la prison, qui travaille maintenant sur l’héroïsme et ce qui fait les héros. Je me suis approchée avec les genoux en guenille et je lui ai demandé de me dire comment il croyait que ses recherches pouvaient aider à contrer l’intimidation en milieu scolaire. Il ne m’a pas demandé si j’avais un doctorat. Il s’est mis à répondre avec passion! J’ai appris beaucoup de chose sur l’intimidation et  j’ai passé la plus belle heure de mon congrès.

N’ayez pas peur d’approcher les personnes qui font un métier qui pique votre curiosité. Ou une autre qui a fait un voyage que vous prévoyez faire. Discuter avec quelqu’un nous permet d’apprendre et j’ai rarement vu quelqu’un refuser de parler de ce qui le passionne, même avec un étranger.

4) S’enfoncer dans un sujet

Déterminez un sujet qui vous intéresse et trouvez toutes sortes de ressources différentes qui en parlent de manières différentes. Cette façon de faire vous amènera sur des sujets que vous ne connaissiez pas. Par exemple, la cuisine végane piquait ma curiosité. J’ai lu des livres de recette végane, puis j’ai parlé avec des personnes véganes. Ces personnes m’ont parlé de l’industrie agroalimentaire, ce qui m’a amené à regarder des documentaires sur la question. Dans ces documentaires, on abordait entre autres l’importante question des modes de productions agricoles. Ce que j’y ai entendu m’a donné envie d’en savoir plus là-dessus et j’ai écouté des vidéos sur les pesticides, leur réglementation et leur utilisation dans le monde. Ça m’a donné envie d’en connaître plus à propos de la culture biologique. Voyez-vous comment ça marche? Dans quel sujet votre enfant a-t-il·elle envie de s’enfoncer ?

On peut également choisir une personne qui nous inspire et lire un livre ou deux sur elle. Puis au fil de notre lecture, on note les personnes que notre inspiratrice a rencontrées et aimées dans sa vie et nous partons lire sur ces nouvelles personnes-là. Et on recommence le même manège : on note celles qui ont eu de l’influence et on va lire sur elles.

5) Un carnet d’explorateur

Fabuleuse idée pour stimuler la créativité des enfants ! Premièrement, conservez un carnet de notes à portée de main. Il faut qu’il soit vraiment aisément accessible pour que l’exploration fonctionne. Deuxièmement, sortez-le et notez ce qui vous intéresse! Peut-être des bribes de conversations entendues. Une bonne réplique. Des citations lu quelque part. Ou même, dessinez ce qui pique votre curiosité. L’architecture particulière d’un édifice, le motif d’un vêtement aperçu dans la foule.

La consigne est la même pour l’enfant ou l’adulte : sortez votre cahier la prochaine fois que vous aurez cinq minutes à attendre (plutôt que d’aller sur votre téléphone). Retournez feuilleter vos notes et dessins. Cela aussi permet de stimuler la curiosité et la créativité des enfants. Vous serez surpris de constater que des idées nouvelles vous viendront. Des liens inattendus apparaîtront et d’autres points de vue sur ce que vous avez noté et dessiné.

6) Terra incognita

Choisissez un sujet avec lequel vous n’êtes pas familier et décidez de passer 30 minutes sur le web à l’explorer. Évitez les sujets qui vous horripilent, bien sûr, et préférez ceux qui vous laissent plutôt indifférents. La poésie? Le golf? L’astronomie? L’univers est vaste, vous trouverez quelque chose. Je vous garantis que vos trente minutes se transformeront très souvent en heure. C’est d’ailleurs l’idée de base des écoles de Sugata Mitra, un homme qui a réussi à amener l’éducation dans les lieux les plus reculés du monde. Cette exploration vous donnera peut-être envie d’aller à la bibliothèque pour y trouver d’autres sources. Où vous trouverez encore d’autres sources.

Stimuler la curiosité et la créativité des enfants, c’est honorer la soif d’apprendre. C’est affirmer haut et fort qu’il n’y a vraiment AUCUNE question niaiseuse. Suivre cette piste, c’est retirer toute limite à notre croissance et à notre apprentissage. Rappelons-nous que le monde a évolué pour la seule et unique raison que de nombreuses personnes, les unes à la suite des autres, se sont un jour demandé Pourquoi?

Finalement, vu ainsi, nourrir notre curiosité et la créativité des enfants, n’est-ce pas permettre à chacun et chacune de faire sa part au monde?

Juste de la télé ?

Êtes-vous de ceux qui croient que c’est juste de la télé et qu’il ne faut pas démoniser les écrans? Peter Winterstein, pédiatre allemand, a étudié pendant 17 ans les dessins de 1900 enfants et a publié les résultats de ses recherches en 2006. Si une image vaut mille mots, regardez celles-ci:

Voici les dessins de bonhomme d’enfants de 5 et 6 ans qui regardent 60 minutes ou moins de télé par jour:

juste de la télé
©Winterstein P. et al. «Medienkonsum und passivrauchen bei vorschulkindern», Kinder und Jugendarzt, no 37, 2006, p. 205 et suivantes.

 

Et voici les dessins d’enfants du même groupe d’âge qui regarde plus de trois heures de télé par jour.

juste de la télé
©Winterstein P. et al. «Medienkonsum und passivrauchen bei vorschulkindern», Kinder und Jugendarzt, no 37, 2006, p. 205 et suivantes.

©Winterstein P. et al. «Medienkonsum und passivrauchen bei vorschulkindern», Kinder und Jugendarzt, no 37, 2006, p. 205 et suivantes.

 

Voyez-vous, le cerveau d’un bébé «apprend» parce que l’enfant se sert de tous ses sens en synergie. Il touche les objets, les lance, les met dans sa bouche, en profite pour les sucer, les mordre et les goûter. Il les secoue, les colle sur son oreille et donne des coups de pied dessus. Ou alors, il les cogne ensemble juste pour voir le bruit que ça fait. Il les empile puis les regarde tomber. Il les entend également tomber et les attrape avec ses mains, ses pieds, etc.

Les écrans de tous ordres (télé, tablette, cellulaire, ordinateur, console de jeu vidéo) empêchent tout ça. Peut-on encore se dire que c’est juste de la télé ?

Vraiment juste de la télé?

Les chercheurs ont également observé chez l’enfant qui regarde la télé plus 30 minutes consécutives, une nette prédominance de l’activité cérébrale dans l’hémisphère droit, celui qui traite l’information de façon émotionnelle. Cependant, pour développer une pensée critique ou même apprendre, l’hémisphère gauche du cerveau doit être sollicité régulièrement et en synergie avec le droit. Or, l’écoute de la télévision ne permet pas cela. Un enfant qui regarderait trois heures de télé par jour aurait donc beaucoup moins accès à une activité cérébrale qui permette l’apprentissage. (Oubliez ça, les émissions éducatives! Le cerveau n’apprend pas comme ça.)

Plus un bébé aura regardé la télévision, plus ses risques d’échouer dès le primaire seront élevés. Et les méfaits se confirment sur la durée : une enquête néo-zélandaise (1), portant sur un millier d’individus nés en 1972 et 1973 et suivis pendant trente ans, a montré que plus ils avaient écouté la télé pendant leur enfance, moins leur niveau d’études était élevé. Notez que le niveau d’étude est directement proportionnel à l’état de santé physique, la longévité, la qualité du réseau social et le revenu annuel, entre autres.

Même quand ils ne la regardent pas…

Vous vous dites que votre petite puce de deux ans ne regarde pas vraiment la télé, même si elle est allumée en permanence, mais juste comme un fond sonore. Hé bien les recherches ont permis d’observer que chaque changement sonore de la télé « en fond » crée une interruption dans l’activité de l’enfant. Or les enfants créent des scénarios, des séquences lors de leur jeu. Chaque interruption interrompt aussi cette séquence et l’oblige à recommencer. C’est vrai même si elle ne se retourne pas vers l’écran. À la longue, cela diminue sensiblement la capacité de concentration d’un enfant et l’habitue à « décrocher » rapidement et régulièrement. Est-ce que ça ressemble à un déficit d’attention?

Impact sur le sommeil

Aussitôt la télé allumée, l’activité électrique cérébrale passe en ondes alpha ; c’est pour ça qu’on a l’impression que les enfants sont hypnotisés par l’appareil. Cependant, l’activation des ondes alpha empêche l’activation des ondes bêta. Les ondes bêta sont celles de l’éveil qui permettent le jeu, les conversations et la créativité, entre autres. On sait aujourd’hui que l’usage des écrans diminue la production de mélatonine pendant plus de 24 heures. Rappelons que la mélatonine est la substance produite par le cerveau et qui induit l’ensommeillement. C’est vrai pour les tout-petits, mais aussi pour les plus vieux. Quels que soient leur niveau socioculturel et leur environnement affectif, les adolescents qui consomment trois heures de télévision par jour à 13 ans rencontrent davantage de problèmes de sommeil. Notez que ces problèmes perdurent jusqu’à l’âge adulte. (2) Ça devient de plus en plus difficile de considérer que c’est juste de la télé, non?

Je vous laisse avec la suggestion de la direction de la santé publique belge dans sa campagne publique de prévention. Après ça, chacun fait de son mieux.

PAS de télé avant 3 ans,
Aucune console de jeu avant 6 ans,
PAS d’accès à internet avant 9 ans,
Surtout, pas d’accès aux réseaux sociaux avant 12 ans.


  1. « Association of Television Viewing During Childhood With Poor Educational Achievement », Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine vol. 159, 2005.
  2. «Association Between Television Viewing and Sleep Problems During Adolescence and Early Adulthood» (Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine vol. 158, 2004).
fille de 16 ans

Ce qu’une fille de 16 ans devrait savoir

Devant votre réaction à mon papier sur ce qu’une enfant de 4 ans devrait savoir, j’ai pris la mesure de la course à la performance que vivent les parents de jeunes enfants. C’est la situation inverse que vivent les adolescents. On semble les considérer terra incognita, s’en approchant le moins possible. Une fille de 16 ans a autant besoin de ses parents maintenant, qu’elles en avaient besoin à 4 ans.

Ce qu’une fille de 16 ans devrait savoir
  1. Elle devrait savoir qu’elle est aimée totalement, inconditionnellement et tout le temps par ses parents.
  2. Une adolescente devrait savoir que son père la trouve jolie et qu’il l’honore.
  3. Elle devrait savoir qu’elle peut dire non à n’importe quel moment et que « ne plus en avoir envie » est la meilleure des raisons.
  4. Une fille de 16 ans devrait savoir qu’elle  peut faire confiance à son instinct à propos des gens. Qu’elle n’est jamais obligée de faire quelque chose qui lui semble mal, peu importe qui le lui demande.
  5. Elle devrait savoir que ce n’est pas un problème d’avoir les cheveux bleus, de porter des bas de couleurs différentes ni de vouloir étudier ce qui la passionne.
  6. Elle devrait savoir qu’elle est sensationnelle, brillante, créative! Que tout est possible pour elle. TOUT.
  7. Une fille de 16 ans devrait savoir qu’il vaut mieux nourrir ses amitiés avec ses chums de filles que de s’entraîner à être la femme parfaite (quelle qu’elle soit!).
  8. Elle devrait savoir que la première femme bachelière au Québec avait obtenu de meilleurs résultats académiques que tous les garçons de sa cohorte, mais qu’on a remis le premier prix au deuxième meilleur, parce que c’était un garçon.
  9. Une fille de 16 ans devrait savoir qu’on sait que c’est de l’amour quand il y a de la bonté, de la confiance et un profond sentiment de sécurité.
  10. Elle devrait savoir que les hommes sont responsables de leurs désirs et du contrôle sur ces désirs. Jamais elle.

 

Parent d’une fille de 16 ans?

fille de 16 ans

Peut-être devrions-nous nous rappeler en premier lieu…

  1. Qu’être la plus docile et la plus obéissante n’a jamais rendu une femme forte.
  2. Qu’un des meilleurs indicateurs de sa future réussite, c’est peut-être le nombre de fois où son père et sa mère l’auront écoutée sans l’interrompre.
  3. Que nos filles ont aussi besoin d’adultes intéressants et intéressés à elles qui les entourent.
  4. Que les peines d’amour sont toujours graves, même quand on a 16 ans. Et puis, c’est vraiment poche de se faire dire qu’on ne s’en souviendra pas le jour de nos noces.
  5. Que nos filles ont vraiment besoin de nous, même si ça ne paraît pas. Elles ont besoin qu’on s’assoit avec elles et qu’on les écoute nous raconter leur journée. Même si cette journée est « ordinaire ».
  6. Que nos filles ont besoin qu’on honore leurs rêves et leur courage, leurs expériences et tout ce qu’elles en apprennent. Même si leur vie nous semble parfois si étrangère.
  7. Qu’avoir 16 ans aujourd’hui est différent de nos 16 ans à nous…
  8. Que, finalement, nous avançons sur le chemin de la liberté en faisant des essais et des erreurs, peu importe l’âge.

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