grossesse triste - France Paradis formation

Une grossesse triste

Beaucoup de femme ne connaissent pas la grossesse débordante de joie que les médias nous présentent partout. Et cela exerce sur elles une pression qui ne fait qu’augmenter leur malaise. Dernièrement, j’ai croisé une de ces jeunes femmes qui connaissent une grossesse triste. Et j’ai eu envie de lui écrire.

Chère Amélie,

l’autre jour au resto, tu avais la mine basse en parlant de ta grossesse. Pendant que tout le monde te demandait les résultats de ta dernière écographie, j’ai bien vu que ça ne te tentait pas pantoute d’en parler. Je veux te dire à quel point je suis contente que tu n’aies pas fait semblant ! Ça nous a tous et toutes permis d’être avec toi et de t’entendre, plutôt que de passer tout droit en te laissant seule avec ta peine. Ce n’est pas les résultats de l’échographie qui te rendent triste, c’est quelque chose d’autrement plus difficile à nommer : la joie n’est tout simplement pas au rendez-vous de cette grossesse.

Rendue au milieu du deuxième trimestre, le bonheur incontournable de la maternité que Facebook et autres médias déversent sur des pages et des pages, ne t’habite pas du tout. Le pire, je le vois bien, c’est que tu t’en veux. Ton amoureux t’adore, ce bébé est le fruit d’un désir mûrement réfléchi, tu gagnes bien ta vie, ta famille t’entoure… Tu te dis que tu devrais être parfaitement heureuse pendant cette grossesse. Dans l’incompréhension qui t’habite, tu te fouettes en espérant remettre les choses « comme il faut ». Mais c’est le contraire qui se produit : la honte et la culpabilité n’ont jamais permis à personne d’aller mieux.

Tu te demandes où se trouve l’amour maternel que tant d’autres femmes racontent ; où sont les élans d’amour inconditionnel qui remplissent les pages des réseaux sociaux ; où sont les étoiles dans les yeux et les soupirs de bonheur. Dans le silence de ton cœur, tu te répètes que les petits coups de pieds de cet enfant à naître devraient t’émouvoir au lieu de te tomber sur les nerfs. Est-ce qu’on ne l’écrit pas partout ? Peut-être crois-tu que tu n’es pas normale ; que quelque chose cloche chez toi et que… peut-être… ça veut dire que… tu ne seras pas une bonne mère. Stop!

La grossesse n’est pas une équation

Arrêtons le hamster qui tourne de plus en plus vite dans ta tête. La grossesse n’est pas une équation et nos qualités de mère ne tiennent pas aux nombres de fois où nous avons été émues pendant ces neufs mois. Une grossesse triste, ce n’est qu’une grossesse triste. Tu es toujours la même jeune femme formidable qu’avant ta grossesse ! J’honore au plus haut point ce courage et cette audace qui t’ont si souvent permis de te relever et de faire face aux changements. En nous parlant de tes sentiments liés à cette grossesse, ils serviront leur office encore une fois.

Grossesse triste - France Paradis FormationsMa belle Amélie, je veux que tu saches que tu n’es pas la seule à connaître une grossesse comme celle-là. Parfois, les femmes portent bien plus que leur bébé pendant la grossesse. L’enfantement, c’est peut-être l’expérience de transformation la plus puissante et profonde qu’une personne puisse vivre. Elle plonge ses racines dans chaque parcelle de notre histoire, commencée bien avant notre naissance. Dans chaque idée, chaque croyance, chaque espérance aussi.

Beaucoup de femmes connaissent une grossesse triste

Porter un enfant et le mettre au monde soulève chacune des pierres sous lesquelles nous avons caché nos peurs, nos déceptions et nos doutes. Ne doute pas que, pour beaucoup d’entre nous, ce n’est pas un pique-nique. Je suis contente d’apprendre que tu as contacté un centre périnatal communautaire. Tu y trouveras des femmes qui savent les mots et les gestes qui permettent de traverser ces torrents tumultueux qui jaillissent parfois de ces pierres soulevées.

La maternité demeure le plus redoutable des actes de création puisque, d’une certaine façon, c’est encore nous que nous mettons au monde ; nous-la-mère, nous-la-femme, nous-qui-ne-serons-plus-jamais-la-même. Qui, alors, aurait l’audace de prétendre qu’il n’y a pas autant de routes que de femmes qui y avancent !

Avec la même bravoure et la même hardiesse que tu manifestes depuis si longtemps, tu vas ouvrir ton cœur et accueillir cette jeune femme remarquable que tu es et qui est en train de soulever la montagne de sa vie afin qu’un être humain puisse jaillir vers la lumière. Si cette tâche ne mérite pas toute ta compassion, alors je ne sais pas ce qui la mérite !

santé mentale

Diagnostic en santé mentale infantile: comment arrive-t-il ?

Laetitia et Pierre, comme tant d’autres parents, attendent avec angoisse l’aboutissement ultime du parcours héroïque de l’évaluation en santé mentale infantile de leur enfant : le diagnostic en santé mentale.

 

Le parcours héroïque

Après avoir puisé dans les replis de leurs ressources personnelles pour supporter les délais, les listes d’attentes, les reports et les changements d’intervenants ; et ensuite s’être pliés, eux-mêmes et leur enfant, à des tests toujours plus nombreux qu’il faudra refaire, éventuellement, parce qu’un professionnel considérera que ces informations-ci sont « trop vieilles ».

Après avoir manqué plus de quarante jours de travail dans les trois dernières années ; et encore avoir jonglé, les yeux grands ouverts dans le noir, avec toutes les éventualités de tous les diagnostics en santé mentale infantile possibles au moment où le sommeil aurait dû venir les délivrer de l’épuisante angoisse ; après des années de ce régime, ils croient que le pédopsychiatre leur dira, enfin, « ce qu’il a ».

Ils veulent croire que ce médecin spécialiste le sait, comme l’orthopédiste peut savoir de quelle fracture il s’agit ou qu’un ORL peut évaluer l’angle que présentent les trompes d’Eustache dans l’oreille interne. Mais ce n’est pas le cas.

 

Une souffrance réelle, mais des diagnostics en santé mentale plutôt flous

Il n’existe aucun « marqueur biologique » susceptible de permettre un diagnostic en psychiatrie ou même d’aider à l’établir. Le diagnostic en santé mentale est entièrement clinique, c’est-à-dire qu’il repose sur des entretiens et des tests plus ou moins formalisés. Mais en aucune façon sur des examens complémentaires radiologiques ou biologiques. Le TDAH, par exemple, qui est de plus en plus contesté comme «maladie» ne repose sur aucune cause biologique ou neurologique identifiable. Même si le DSM-5, (5ième édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) la « bible des psychiatres », le nomme « trouble neurodéveloppemental », on ne connaît AUCUN marqueur neurologique qui puisse être utilisé pour déterminer un tel diagnostic. Il repose plutôt sur une série d’observations qui déterminent la « fonctionnalité » de la personne. Critère assez fragile puisqu’il repose sur la tolérance de l’entourage et de la société en général.

Le DSM est l’ouvrage produit par l’APA (American Psychological Association) et utilisé par la majorité des médecins psychiatres et l’ensemble des intervenants et intervenantes en santé mentale pour poser un diagnostic en santé mentale. Il s’agit d’une classification des maladies mentales qui en détermine les signes et symptômes. D’une certaine manière, c’est cette classification qui détermine la normalité et la pathologie dans notre société, précisément parce qu’elle est le point d’appui de la majorité des expertises psychiatriques. Quand on ajoute un « désordre » ou un « syndrôme » dans le DSM, on déplace un peu la ligne du normal et des milliers de personnes se retrouvent avec une maladie mentale parce qu’elle est maintenant décrite et nommée dans le DSM.

diagnostic en santé mentale infantileLa « crise de bacon » est dorénavant un diagnostic en santé mentale infantile

Par exemple, dans le dernier DSM-5, on trouve maintenant le trouble de dérégulation dit d’« humeur explosive ». Celui-ci s’appliquera aux enfants de 6 à 18 ans; présentant une irritabilité persistante et des épisodes fréquents de manque de contrôle du comportement. L’APA soutient que ce nouveau diagnostic vise à réduire le surdiagnostic et le traitement du trouble bipolaire chez les enfants. Il n’en demeure pas moins qu’en définitive, de nombreux enfants porteront dorénavant les stigmates d’un diagnostic en

santé mentale infantile; et seront l’objet de traitements pharmacologiques.

 

Diagnostic de TDAH

Autre exemple, le DSM-5 a abaissé le seuil d’entrée du début des troubles pour le déficit de l’attention avec hyperactivité. C’est-à-dire que plus d’enfants pourront recevoir ce diagnostic. L’enfant devait avoir manifesté certains comportements avant l’âge de 7 ans; dorénavant il pourra être diagnostiqué TDAH s’il les a manifestés avant l’âge de 12 ans. Il est évident que des milliers d’enfants supplémentaires, qui auront manifesté ces comportement seulement après 7 ans, recevront dorénavant ce diagnostic. Avant ce changement, nous aurions examiner d’autres avenues. Et suûrement d’autres façon de les aider.

Même chose pour le début des manifestations d’entrée du trouble d’anxiété généralisé : il est passé de six mois à trois mois. Et hop ! Encore quelques milliers d’enfants et d’adultes qui viennent de passer directement dans la boîte des problèmes de santé mentale. Même chose pour le deuil qui se transformera en dépression six on a de la peine pendant plus de trois mois.

L’impact des diagnostics

Or, les diagnostics ont un impact réel et énorme sur notre société. Ils influencent sérieusement la prescription des médicaments et leur remboursement. Ils déterminent également un arrêt de travail ou un retour au travail ; d’un plaidoyer de non-responsabilité à l’égard d’un crime ou d’une condamnation. C’est encore leur incidence qui détermine dans une large mesure les recherches qui seront faites (et financées). Pourquoi l’autisme rafle toutes les subventions de recherche depuis quelques années ? Parce que le nombre d’enfants diagnostiqués s’est multiplié par 20 !

santé mentale infantileTous ces diagnostics jouent également un rôle crucial dans la détermination des services. Également dans leur disponibilité, leur financement et même des programmes de formation universitaire. Je ne suis pas en train de dire qu’il faudrait moins de services et de recherches en autisme. Je suis en train de dire que ces décisions sont prises pour de mauvaises raisons; et sur des bases mercantiles plus que questionnables.

 

La santé mentale est culturelle

Il faut se rappeler qu’il est impossible d’établir une définition objective de la norme en santé mentale ; cette norme varie d’un contexte à l’autre, d’une culture à l’autre, d’une société à une autre. L’anormalité est donc quelque chose de grandement culturel ! Le seuil à partir duquel on considère qu’un comportement n’est pas normal dépend du consensus social. Et cette norme ne cesse de se rétrécir. La centaine de diagnostics possibles inscrits dans lepremier DSM a grimpé à 400 avec DSM 5. Croyez-vous vraiment que c’est parce que nos modes de dépistage sont plus efficaces ?

Cette multiplications des diagnostics parle davantage de notre rapport à la souffrance psychologique. Ce qui était considéré comme des réactions normales aux accidents de la vie font maintenant l’objet d’un diagnostic.  On prend dorénavant en charge médicalement la colère, la profonde douleur, le désespoir. Et ils font l’objet d’un traitement, leplus souvent pharmacologique. Rupture, chagrin d’amour, perte d’emploi, deuil, ces événements normaux deviennent des diagnostics. Nous sommes engagés dans la voie d’une médicalisation excessive des émotions et comportements humains. Pourtant, nous ne nous préoccupons pas des facteurs sociaux qui rendent ces événements de plus en plus souffrants.

 

Être dans la norme est-il un signe de santé?

Allen Frances, ancien professeur de psychiatrie à la Duke University, également connu pour avoir supervisé l’équipe de rédaction de la précédente édition du DSM (DSM-IV), se confiait en ces termes à ses confrères de Medscape « Le DSM‑V transforme le deuil en trouble dépressif majeur, les colères en trouble de dérégulation dit d’humeur explosive, les pertes de mémoire du grand âge en trouble neurocognitif léger, l’inquiétude de la maladie en troubles de symptômes somatiques, la gourmandise en hyperphagie boulimique, et n’importe qui souhaitant obtenir un stimulant pour un usage récréatif ou pour améliorer ses performances pourra faire valoir qu’il souffre d’un trouble du déficit de l’attention. »  N’a-t-on pas remplacé des explications d’ordre moral et social par des explications de type scientifique ? 

Il est urgent de développer d’autres modes d’évaluation et diagnostic en santé mentale. Parce qu’il me semble évident que nous nous dirigeons allègrement vers «Le meilleur des mondes» de Huxley où chacun de nous prendra une petite pilule de bonheur, après que nous aurons fait disparaître tous ceux qui refusaient d’être heureux comme tout le monde…

 

empowerment I

Identité : raconter nos histoires

coNotre identité se construit aussi avec l’histoire de tous ceux qui nous ont précédé. C’est pour cela qu’il faut raconter les histoires. Même,e t peut-e^tre surtout, celles qui nous semblent anodines. Nous avons tous et toutes besoin de savoir que d’autres avant nous se sont retrouvés au pied de la même montagne pour trouver le courage de s’y engager.

Savoir qu’il y a eu du monde avant nous et qu’il y en aura d’autres après nous, voilà ce qui nous donne le sentiment que c’est possible; que nous appartenons à quelque chose de bien plus grand que nous… quelque chose comme une immense cordée de l’humanité, avec d’autres grimpeurs qui ont ouvert le chemin devant nous. C’est pour ça qu’il nous faut raconter les histoires de famille aux enfants. Ces histoires ressemblent à des ancrages que nous enfonçons dans le roc de cette montagne que représente l’avenir. Ils y glisseront leurs mousquetons parce que leurs parents les ont assurés sur la voie.

Maintenant que mes enfants sont grands, ils ont encore besoin de ces repères qui nourrissent leur identité. Ils ont besoin d’entendre que d’autres avant eux ont marché sur cette route cahoteuse du développement humain, avec des doutes et des erreurs, des essais courageux et des échecs honorables. Maintenant qu’ils sont de jeunes adultes, leur route s’élargit de plus en plus et ça les rassure de savoir que d’autres avant eux ont eu le vertige, eux aussi, devant tant de choix, tant de responsabilités et d’inconnu. Ils ont besoin d’entendre raconter les histoires.

Raconter les histoires difficiles

Nous croyons à tort que les jeunes adultes n’ont plus besoin de nous et des repères que nous pouvons encore leur offrir. Notre propre histoire ne leur offrira pas toutes les réponses et ce n’est pas l’idée. Non, l’idée c’est de leur offrir ce qu’il y a derrière les réponses que nous avons trouvées sur notre route : le courage, la persévérance, la force de continuer et aussi la force de laisser tomber. La foi dans nos rêves ou notre manque de foi. Tout cela fait partie de leur identité.

Raconter des bouts de notre histoire à nos grands enfants, c’est leur offrir le cadeau inestimable de vivre avec les imperfections de la vie et de la condition humaine. Partager avec eux des bouts de notre vie, c’est aussi partager ce que nous avons appris et un peu de notre propre identité. D’une certaine façon, c’est leur indiquer les coinceurs que nous avons enfoncés dans le roc, et qu’ils peuvent utiliser pour continuer d’avancer. Voilà pourquoi il faut raconter les histoires.

Raconter les histoires d’amour

Identité, une montagne d'histoiresRacontons nos histoires d’amour, notre premier job, nos doutes quant à notre avenir. Racontons-leur nos rêves de carrière, nos efforts pour y parvenir, mais aussi nos détours, nos reculs, nos questionnements. Racontons nos amis disparus, nos aventures folles et nos espoirs déçus. Pas pour qu’ils suivent nos traces, mais pour qu’ils sachent qu’il y a des traces. Confrontés aux mêmes genres de choix, d’autres avant eux ont trouvé moyen de choisir.

D’autres avant eux ont aussi eu le sentiment de tout perdre ou de ne jamais pouvoir y arriver, et ils ont quand même poursuivi leur chemin. Raconter les histoires de nos nids de poule de notre parcours, c’est leur offrir de se sentir compris, de ne plus être seuls dans la confusion ou le doute, la peur ou l’incompréhension. N’est-ce pas l’effet que cela nous fait quand, dans un moment plus difficile, quelqu’un nous raconte que notre déroute lui est familière? FInalement, quelqu’un est déjà passé par là.

Notre identité

Ces histoires nous permettent également de nous ancrer dans une histoire bien plus grande que nous-mêmes. Elles nous incluent toujours dans celle de l’humanité. Et ce patrimoine fait partie de notre identité. Raconter les histoires qui leur donnent accès à plus de sens, plus d’horizon. N’est-ce pas tout aussi vital que d’avoir appris à parler et à marcher?

Nos histoires leur apprendront qu’ils ne sont pas le début du monde. Ça les soulagera, même s’ils ne le manifestent pas.

Je viens de tous ceux et celles qui m’ont précédée, ont espéré, ont pleuré, ont souffert et se sont relevés. Je suis faite aussi de tous ceux qui n’ont pas pu continuer, qui ont eu peur. De ceux aussi qui ont été lâches ou cruels parce que leurs histoires m’ont été racontées. Les milliards de mères épuisées qui m’ont précédée ont donné un sens à mes nuits à veiller un enfant malade. Toutes ces intervenantes sociales qui ont eu peur, qui ont pleuré, qui ont perdu pied. Ce sont celles qui me donnent le courage d’apprendre de ces écueils. Ce sont finalement des milliers d’histoires difficiles qui me donnent le sentiment d’avoir une place dans cette communauté humaine.

Nous ne sommes pas seuls. Il faut le dire à tous ceux qui ont besoin de l’entendre.

France Paradis Fprmation - blogue

Autosupervision psychosociale

Tous les intervenants psychosociaux n’ont pas la chance d’avoir chaque semaine une rencontre de supervision avec un ou une interlocutrice qui nous permet d’apprendre. Parfois, il n’y a simplement aucun mécanisme de supervision de prévu, d’autres fois, ce temps qui devrait être réservé aux apprentissages à tirer de nos expériences, est détourné de son objectif. Si c’est votre cas, ce petit guide d’autosupervision a été réalisé en pensant à vous. L’autosupervision peut être extrêmement efficace si elle est faite avec honnêteté.

Mode d’emploi de l’autosupervision

Au moment d’entamer un processus d’autosupervision, choisissez une situation/intervention qui vous tracasse parce qu’elle ne s’est pas bien déroulée ou tout simplement parce que vous ne vous sentez pas bien en y pensant. Si certaines questions ne résonnent pas pour vous, passez simplement à la suivante. Pour chacune des autres, prenez le temps de laisser «descendre» la question avant d’y répondre. Puisqu’il s’agit d’autosupervision, nous allons compter sur nos connaissances intrinsèques; autant leur permettre de s’exprimer.

Pour ceux et celles qui ont suivi une de mes formations en empowerment, vous reconnaîtrez certaines questions. Pour les autres, répondez simplement le plus honnêtement possible aux questions. Le travail d’autosupervision n’est pas un lieu de justifications; personne ne vous juge ici. Abordez cet exercice comme un espace de réflexion dans lequel nous suspendons la qualification de nos actions pour simplement les voir et les comprendre mieux. Ce travail d’introspection peut devenir un outil d’apprentissage important si vous choisissez de le faire régulièrement, disons une fois par semaine. Vous pourriez même vous en servir avec des collègues qui auraient le même intérêt que vous pour l’apprentissage empirique. Par exemple, chacune réfléchit sur une intervention avec ce petit guide et partage ensuite ses réflexions avec les autres , dans un petit groupe soigneusement choisi de personnes non jugeantes. L’autosupervision deviendrait alors un outil de codéveloppement.

Je vous suggère de répondre aux questions par écrit plutôt que mentalement. C’est que l’activité de la main étant plus lente que celle de la pensée, elle ralentira le flot d’idées et d’associations qui se précipite en général dans notre esprit. En ralentissant la vitesse de défilement, nous permettons à la réflexion de s’approfondir. L’autosupervision devient alors vraiment utile.

autosupervision - France Paradis FormationsPetit guide

Décrire la situation/intervention en s’en tenant aux faits

Quel était l’objet de l’intervention? (l’objectif, le but, la nécessité)

L’intervention est-elle restée focussée sur cet objet/objectif/but?

Comment je me sens en songeant à cette situation/intervention? (émotions, pensées)

Quelle émotion est la plus importante parmi toutes celles que je ressens?

Si je lui donnais un nom ou une image ou un symbole, quel serait-il/elle?

Qu’est-ce que je peux dire à propos de ce mot/image/symbole? Comment pourrais-je la décrire le mieux possible?

Comment ce nom/image/symbole résonne ou évoque pour moi et dans cette situation/intervention particulière?

D’autres questions de supervision / autosupervision

Dans cette situation/intervention, de quelle façon ai-je tenu compte de ce que la personne manifestait et exprimait? Est-ce que quelque chose m’empêchait de «l’entendre»? Développez là-dessus si c’est pertinent.

Était-ce le meilleur moment pour avoir cette intervention?

Était-ce le meilleur lieu/espace pour le bon déroulement de cette intervention?

Est-ce que les temps de parole ont été équitablement répartis entre la personne et moi? (ou bien l’un d’entre nous a parlé davantage que l’autre?)

Ai-je dit la vérité à la personne dans cette situation/intervention? Ou bien ai-je omis des informations pour éviter des réactions de sa part? Si tel est le cas, qu’est-ce qui fait que j’ai voulu éviter certaines réactions?

Étais-je la bonne personne pour faire cette intervention? Ou y a-t-il quelque chose qui me plaçait dès le départ dans un malaise? Si c’est le cas, comment le décrirais-je? Quel effet cela a-t-il eu sur mon travail d’intervention? Faut-il passer le dossier à quelqu’un d’autre?

Comment je me sens en ce moment?

Est-ce que quelque chose m’est utile dans tout ce que je viens de voir et de mettre au jour dans cette écriture? De quoi s’agit-il?

Maintenant, détendez-vous, respirez doucement et déployez votre compassion pour vous-même. Pour tout ce que vous êtes. Honorez la personne que vous êtes et qui cherche à apprendre dans cette autosupervision. Et rappelez-vous que vous êtes précieuses pour l’humanité 🙂

 

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