Fête des Mères, toutes les mères

Petit bisou - France Paradis Formations
Prévention des abus sexuel : un petit bisou
11 mai 2017
enfants des autres
Les enfants des autres
21 mai 2017
Fête des Mères

En ce dimanche de la fête des Mères, il nous viendra sans doute des images de robe en coton et de bouquet de pissenlits. Des odeurs de lilas et de gâteau des anges. Peut-être des souvenirs de becs mouillés sur les joues et de souliers neufs.

Et pourtant, au milieu de toutes ces images imposées par une culture de performance, je ne peux pas m’empêcher de songer à Anousha qui va bientôt accoucher d’un neuvième enfant, malgré sa santé fragile et la situation financière précaire de la famille. Parce que dans sa religion, la contraception est interdite et les enfants sont toujours une bénédiction.

Je songe à Jennifer qui ne connaissait pas les signes de la déshydratation néo-natale et dont le bébé vient d’être hospitalisé. Elle passera la fête des mères dans une chambre aseptisée, dans l’angoisse et la culpabilité. Je songe à toutes les mères qui ne savent pas quoi faire et qui finissent par faire au mieux, supportant les condamnations des étrangers, même au jour de la fête des Mères.

Je songe à toutes les fois où j’ai moi-même ployé sous le fardeau du maternage et des décisions à prendre. Comment ma compassion ne pourrait-elle pas jaillir pour celles, nombreuses, qui portent parfois des chaussures trop grandes pour elles et marchent quand même, parce qu’il le faut !

Quand la vie d’un enfant repose entre nos mains, comment ne pas tomber à genoux ?

Au matin de la fête des Mères, je penserai à toutes les mères. Toutes les mères, seules ou en couple. Les mères adolescentes et celles très âgées qui ont tout donné et vivent aujourd’hui dans une chambre de CHSLD. Je pense aux mères intoxiquées par leur dépendance à l’alcool, la drogue, le jeu, le sexe ou le travail. Et je songe à leurs enfants qui n’ont pas de mère à embrasser avant de s’endormir.

Je songerai à toutes ces cartes en papier construction, réalisées par de minuscules mains d’enfant; en ce jour de fête des Mère j’aurai une pensée pour toutes celles qui ne pourront pas lire ces mots d’amour aux lettres inégales, tout simplement parce qu’elles ne savent pas lire.

Ce matin-là je penserai à toutes ces femmes que la maternité a frappées comme un éclair foudroie la promeneuse isolée. Tous ces bébés atterris dans des bras étonnés. Toutes ces femmes qui ont dû abandonner leur bébé, de gré ou de force et qui vivent toujours avec ce vide silencieux dont elles seules connaissent la profondeur.

Fête des mères, toutes mères

Je penserai à toutes celles dont l’enfant est porté disparu et qui vivent dans l’attente cruelle d’un retour qui n’arrive pas. Comment se passe la fête des Mères pour elles?

Dimanche de la fête des Mères, je m’imaginerai toutes les femmes incarcérées, en désintox ou hospitalisées et qui embrassent une photo avant de s’endormir. Je songe à ces mères qui se battent. Pour elles-mêmes, pour leurs enfants. Forcées parfois de se battre juste pour rester en vie. Je songe aux mères dans les camps de réfugiés en Somalie, au Liban, en Jordanie, au Kenya et dans tant d’autres pays du monde. Aux mères de la guerre, soldates qui portent le fusil chaque jour et celles aussi qui n’ont plus de lait dans leurs seins affamés.

Je tournerai mes pensées vers les mères assassinées par leur propre enfant et aussi vers celles qui ont mis fin à la vie de leurs petits. En cet instant je penserai aux mères dont les enfants ont volé, violé, frappé ; aux mères de meurtrier, qui porte un si lourd fardeau. Lourd et injuste.

À celles dont l’enfant est incarcéré, derrière des barreaux, mais également aux mères des hommes et des femmes emprisonnés dans la maladie mentale. À celles dont l’enfant est handicapé ou déficient et qui s’inquiètent de ce qui lui arrivera , une fois qu’elles n’y seront plus.

Dans le grand cercle millénaire de la maternité, bien au-delà de tout ce qui nous sépare, sachez que je vous vois. Toutes je vous reconnais. Je vous porte en moi.

Et en ce jour de fête des Mères, j’espère le meilleur pour chacune de nous.

 

1 Comment

  1. Brisebois Jocelyne dit :

    C’est exactement cela, je me bats avec mes chaussures trop grandes alors que je n’ai plus besoin de marcher autant …..
    Merci France Paradis pour tes textes toujours touchants et parfois, pour moi, percutant comme celui-là

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *